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Une femme à la tête de la Nasa ?
Une femme à la tête de la Nasa ?
© Joel Kowsky / NASA

| Pierre-François Mouriaux

Une femme à la tête de la Nasa ?

Qui va remplacer Jim Brindestine, l’actuel administrateur de la Nasa ? Les spéculations vont bon train.

Un départ attendu

Au lendemain d’une campagne électorale fratricide outre-Atlantique, une chose paraît inéluctable : Jim Brindestine, l’actuel administrateur de la Nasa, péniblement nommé alors que le mandat de Donald Trump était largement entamé (en avril 2018), devra céder sa place en 2021, avec le déploiement d’une nouvelle administration.

L’ancien député républicain de l'Oklahoma de 45 ans n’aura pas démérité durant ses deux années et demi de service, portant en particulier haut le projet de retour sur la Lune cher à la présidence, et y associant la plupart des puissances spatiales – autour de la future station cis-lunaire Gateway (avec principalement l’Europe, le Japon et le Canada) et dans le cadre des Accords Artemis (avec l’Australie, le Canada, les Emirats Arabes Unis, l’Italie, le Japon, le Luxembourg et le Royaume-Uni), qui définissent les principes de coopération dans l'exploration et l'utilisation de la Lune, de Mars, des comètes et des astéroïdes à des fins pacifiques.

S’il peut ainsi se targuer d’un soutien bipartisan durant son passage aux « HQ » de Washinton, Jim Bridenstine reconnait cependant devant nos confrères d’

Aviation Week and Space Tehnology

 qu’espérer être reconduit est aujourd’hui illusoire : « Vous avez besoin de quelqu'un qui a une relation étroite avec le président des États-Unis... quelqu'un de confiance de l'administration... y compris l'OMB [Bureau de la gestion et du budget], le National Space Council, le National Security Council. Je pense que je ne serai pas la bonne personne pour cela dans une nouvelle administration. »Et d’ajouter : « Cela a été de loin la plus belle expérience de ma vie, et j'en suis très reconnaissant. »

 

Cinq candidates sérieuses

A l’occasion du remplacement de Jim Bridenstine, l’administration Biden pourrait, pour la première fois dans l’histoire de la Nasa, nommer une femme à sa tête.

Le premier nom à avoir circulé, cité dans des documents de campagne, est celui de la sénatrice démocrate Kendra Horn, représentante de l’Oklahoma depuis novembre 2018, membre des comités Sciences, Espace et Technologie et Services Armés de la Chambre, et ancienne directrice des affaires gouvernementales et directrice de la communication et des relations avec les médias à la Space Foundation.

Une équipe de transition en charge de l’agence spatiale américaine, s’est depuis constituée. Cinq de ses huit membres sont des femmes, représentatives de la diversité : Jedidah Isler, astrophysicienne à l’université de Dartmouth College ; Bhavya Lal, chercheuse à l'Institut de politique scientifique et technologique de l'Institut d'analyse de la défense ; Pamela Melroy, ancienne pilote et commandant de la navette spatiale (trois missions), qui a ensuite occupé divers postes à la FAA et à la Darpa ; Ellen Stofan, directrice du musée de l’Air et de l’Espace de Washington et ancienne chef de la science à la Nasa du temps de Charlie Bolden ; et Shannon Valley, chercheuse en postdoc à Institut de technologie de Georgie.

Pamela Melroy et Ellen Stofan (qui dirige l’équipe de transition) apparaissent comme prétendantes sérieuses à la fonction d’administratrice, tandis que deux autres noms circulent par ailleurs : celui de Wanda Austin, ancienne présidente et directrice générale de l’Aerospace Corporation, et celui de Wanda Sigur, ancienne vice-présidente et directrice générale du département du spatial civil chez Lockheed Martin.

Depuis août 1958, treize hommes se sont officiellement succédé à la tête de la Nasa (sans compter les intérims).

Daniel Goldin est celui qui a officié le plus longtemps (entre avril 1992 et novembre 2001), sous trois présidences différentes (George Bush père, Bill Clinton et George Bush fils).

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