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Défense

<strong>UNE IMPORTANCE QUI S'AFFIRME</strong>

<strong>AÉROPOLE DE GAP-TALLARD</strong>

L'AÉROPOLE DE GAP-TALLARD POURSUIT SA STRUCTURATION AVEC LA PROCHAINE OUVERTURE DU CENTRE D'EXCELLENCE DE FORMATION EN ALTERNANCE POLYAÉRO HAUTES-ALPES ET L'ARRIVÉE DE NOUVELLES ENTREPRISES. REGROUPANT DÉJÀ 350 EMPLOIS, CET ENSEMBLE POURRAIT À TERME DOUBLER DE TAILLE.La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca) abrite assurément quelques pépites aéronautiques. Toutes ne se nichent pas forcément autour du seul bassin méditerranéen. Preuve en est apportée avec l'Aéropole de Gap-Tallard, dont l'importance s'affirme au fil des années.

Sans effet d'annonce spectaculaire, ce parc d'activités économiques à vocation aéronautique est devenu aujourd'hui le premier pôle industriel du département des Hautes-Alpes avec 350 emplois environ. Sur 60 hectares de surface, il accueille tout à la fois un aérodrome d'aviation générale - présenté comme le premier centre européen de l'activité aérienne de loisirs - avec environ 70000 mouvements par an, un aérocampus avec Polyaéro et un aéropole à vocation industrielle.

UN ACCOMPAGNEMENT DYNAMIQUE. Avec la récente arrivée de G1 Aviation, ce sont désormais une vingtaine de sociétés qui sont présentes sur le site. Elles génèrent un chiffre d'affaires annuel de l'ordre de 32 M€. « Une nouvelle société spécialisée dans la maintenance pourrait décider de s'implanter sur la plateforme cette année. Cela se traduirait par l'ajout d'une dizaine d'emplois supplémentaires », indique Patrick Ricou, vice-président du conseil départemental des Hautes-Alpes. Avant d'ajouter que « nous sommes en discussion avec le pôle SAFE pour être partie prenante de sa stratégie à l'avenir. Nous pourrions, ainsi, devenir un site expérimental intéressant pour les drones ».

Si la filière aéronautique se développe à Gap-Tallard, elle le doit en grande partie à la politique d'accompagnement menée par les acteurs locaux, dont le Sivu de l'Aéropole de Gap-Tallard. Jean-Michel Arnaud, son dirigeant, explique que « les aides à l'implantation sont matérialisées via des autorisations d'occupation temporaire d'une dizaine d'années en moyenne en ce qui concerne l'aérodrome uniquement. Nous nous mobilisons également pour l'obtention de financements contractualisés Etat-région-Europe. Nous réalisons par ailleurs un gros travail autour de l'emploi du conjoint et de l'habitat. En outre, et cette liste n'est pas exhaustive, nous bénéficierons de l'arrivée du très haut débit par fibre d'ici la fin de l'année. Tant et si bien que nous pouvons raisonnablement anticiper un doublement de la taille de l'Aéropole dans les vingt ans qui viennent. Nous avons, à cette fin, anticipé les besoins à venir en procédant à des acquisitions foncières au nord de la piste ». Les années à venir devraient certainement être mises à profit pour compléter l'écosystème qui se met en place. Dans les spécialités recherchées par les industriels, il manque en effet du décolletage et du traitement de surface. La logistique est également perfectible.

STRUCTURATION. Septembre 2016 scellera une avancée très importante dans la structuration de l'Aéropole. C'est à cette date en effet qu'interviendra l'ouverture du centre d'excellence de formation en alternance Polyaéro Hautes-Alpes. Il regroupera alors des moyens actuellement implantés sur le pôle universitaire de Gap et sur l'aérodrome d'Aspres-sur-Büech.

Réalisée dans le cadre d'un plan d'investissement d'avenir, Favoriser la Formation en alternance, cette plateforme d'un coût de 5,5 M€ s'étendra sur une surface de 4200 m². Elle comprendra notamment un hangar aéronautique de 700 m² et son taxiway ainsi que plusieurs laboratoires dotés de moyens d'essai.

Avec un effectif d'une cinquantaine de professeurs, elle permettra de former un large panel d'étudiants allant du bac -3 au bac + 5 (+ 8 à terme). Seul centre européen de ce type doté de l'agrément Part 66C, Polyaéro Hautes-Alpes accueillera 150 étudiants dès la prochaine rentrée. Les formations dispensées conduisant à l'accueil de 400 élèves par an d'ici quatre ans s'adresseront également à des étudiants étrangers. Le Qatar fournira à lui seul un contingent d'une cinquantaine d'étudiants. D'autres diplômes seront développés à l'avenir comme un bac aéro pour l'armée de Terre.

ATTRACTIF. Toute la dynamique ainsi mise en place constitue un terreau favorable à l'accueil de nouvelles entreprises. La dernière en date était pourtant solidement implantée sur le technopôle Avignon-Provence. Mais G1 Aviation a finalement décidé de poursuivre ses activités sur Gap-Tallard à partir du 1er février 2016 pour de multiples raisons. Ainsi que le relate son président, Serge Présent, « les redevances d'hébergement étaient trop élevées à Avignon, de l'ordre de 50 %. Nous avions par ailleurs conclu un accord avec Polyaéro pour le montage par les étudiants de sous-ensembles (ailerons, volets, dérives). Cela représente l'équivalent de deux avions par année scolaire depuis mai 2016. Il y avait également la proximité de la société Beringer Aéro, qui nous fournit les roues et freins pour nos appareils en option, et celle de Nico Aéro Peinture pour la peinture. La météo et l'ambiance aéronautique du site ont été aussi des facteurs déterminants de notre nouvelle implantation ». Après avoir déjà produit 130 ULM avec un effectif de sept salariés, G1 Aviation prépare les prochains essais d'un G1 équipé d'une caméra infrarouge gyrostabilisée. Dotée d'une autonomie pouvant aller jusqu'à neuf heures, cette nouvelle version pourrait répondre aux besoins du marché africain, notamment pour des missions de lutte contre le braconnage.

Preuve de la vitalité de leurs activités, les sociétés déjà présentes sur l'Aéropole connaissent toutes, pour leur part, des projets de développement. Tel est le cas d'Icarius Aerotechnics, qui aime à rappeler qu'elle a été la première à s'implanter à Gap-Tallard en 1993. Se présentant comme le « leader mondial sur le segment des avions largueurs de type turbopropulseurs » (Pilatus Porter), cette société de 26 personnes pour un chiffre d'affaires de 5,9 M€ prévoit d'étendre ses installations de 600 m² dans le courant de l'année 2017. Mais cet investissement de 0,6 à 0,7 M€ ne pourra être mis en oeuvre que si elle remporte l'appel d'offres en cours pour la réalisation des visites de type C des Twin Otter de l'armée de l'Air. Déjà, en 2014, la société avait été sous-traitant pour la remise en état de DHC-6 de l'armée de l'Air. L'année suivante, elle avait bénéficié d'un renouvellement de contrat pour assurer la maintenance complète des cinq PC-6 de l'Alat.

Beringer Aéro est dans une même optique d'agrandissement de ses installations. Elle décidera en fin d'année 2016 si elle procède à une extension de 400 m² de ses surfaces et à l'embauche de quatre à cinq personnes supplémentaires. Les perspectives ne semblent jamais avoir été aussi bonnes pour cette société, qui prépare actuellement la certification d'Alaskan Landing Gear, un train d'atterrissage à absorption d'énergie. Ces amortisseurs oléopneumatiques antirebond et la roulette de queue GLR anti-cheval de bois sont d'autant plus attendus en Alaska qu'il y a deux accidents d'avions par jour à l'atterrissage durant la saison estivale. Le marché est de 10 000 avions environ, l'appareil de référence étant le Piper Super Cub. Ce nouvel équipement pourrait générer un chiffre d'affaires additionnel de 0,5 M€ par an, les revenus de la société devant déjà progresser de 25 % cette année à 3,5 M€.

HÉLICOPTÈRES EN POINTE. Les deux principales sociétés d'hélicoptères implantées sur la plateforme ont également le vent en poupe. C'est en particulier le cas d'Hélicoptères de France et de sa filiale HDF Maintenance. Les 32 hélicoptères mis en ligne dont neuf pour assurer la couverture du prochain Tour de France font travailler soixante personnes sur le site. Mais audelà de la Grande Boucle, l'autre actualité du moment est constituée par la prochaine attribution par la Simmad d'un contrat pour la réalisation des grandes visites des Fennec de l'armée de Terre et de l'armée de l'Air. Il pourrait générer, en effet, un chiffre d'affaires de 8 à 10 M€ sur une période de quatre à cinq ans. Surtout, il conduirait au doublement des surfaces, la surface atelier passant alors à plus de 1500 m². Les effectifs seraient, parallèlement, augmentés d'une vingtaine de techniciens hélicoptères.

Les bonnes nouvelles, Heliconia France les a déjà obtenues en partie sous la forme d'un contrat d'héliportage attribué par EDF et ERDF au cours de la seconde quinzaine de juin 2016. Trois Ecureuil B3 dont un acquis de seconde main en Suède assureront dès cet été l'entretien des infrastructures du quart Sud-Est des deux sociétés précitées. Cela générera un chiffre d'affaires additionnel pour la société compris entre 0,5 et 1 M€ par an sur la durée du contrat de trois ans fermes et deux en option. Positionné également sur la maintenance, « Heliconia France entend bien également obtenir en septembre 2016 un contrat pour la réalisation de 35 grandes visites de Fennec, toutes armées, à conduire sur une période de quatre à cinq ans », comme le confirme Valéry Nabholtz, son directeur d'exploitation.

¦ A Gap, Olivier Constant

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