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Industrie

<strong>Le 4e RHFS continue de grandir</strong>

<strong>PILIER FORCES SPÉCIALES</strong> <strong>LE RÉGIMENT D'HÉLICOPTÈRES DES FORCES SPÉCIALES EST AU COEUR DE LA CRÉATION DU PILIER FORCES SPÉCIALES. SES EFFECTIFS COMME SES MOYENS SONT APPELÉS À MONTER EN PUISSANCE. POUR TOUJOURS PLUS D'EFFICACI

Créé en 1993 comme simple détachement Alat (Aviation légère de l'armée de Terre) des opérations spéciales (Daos), l'unité est devenu le 4e Régiment d'hélicoptères des forces spéciales (RHFS) en 2009. Depuis, elle a vu ses moyens et son autonomie croître progressivement. Les récentes réformes de l'armée de Terre doivent conforter le rôle clé de ce régiment au sein des forces spéciales Terre et du Commandement des opérations spéciales (COS).

Dès sa création, la France a décidé de doter le COS de moyens aériens dédiés. Une logique qui a conduit, au début des années 1990, à la création de l'Escadrille des opérations spéciales (EOS) dédiée aux forces spéciales. Au départ, l'unité ne comprenait que quatre hélicoptères Puma. Aujourd'hui, il s'agit d'un régiment complet, quasi autonome, mettant en oeuvre une quarantaine de machines et disposant d'un effectif d'environ 500 hommes. Le 4e RHFS reste le plus jeune et le plus petit des régiments de l'armée de Terre, mais il ne cesse de monter en puissance.

FAIRE AUTREMENT.La nécessité de disposer d'hélicoptères et d'équipages dédiés aux forces spéciales est apparue dans les années 1980. Aux Etats-Unis, les spécialistes des missions spéciales sont marqués par l'échec de l'opération Eagle Claw qui visait à libérer les otages de l'ambassade américaine en Iran et qui s'est soldé par la perte d'un hélicoptère CH-53 et d'un avion de transport EC-130. Ils décidèrent donc de constituer des unités aériennes spécialisées dans les opérations spéciales. C'est ce même raisonnement qui a prévalu lors de la création du COS en France.

Les opérations spéciales requièrent un savoir-faire particulier et des matériels adaptés qui justifient la création d'une unité d'hélicoptères spécialisée. Une structure équipée de matériels très spécifiques et ayant développé des procédés adaptés aux modes d'action des commandos.

Mais le facteur clé, nous explique le chef de corps du 4e RHFS, c'est la connaissance réciproque du personnel. « L'homme est au coeur de l'esprit commando. » C'est donc bien le fait d'entraîner les équipages d'hélicoptères et les commandos ensemble, tout au long de l'année, et de se déployer au sein de structures mixtes réunissant des moyens humains, terrestres, maritimes et aériens qui permet aux forces spéciales d'exceller dans leur rôle.

Pour comprendre la place du 4e RHFS au sein des armées françaises, il faut se rappeler que le régiment est à la fois la composante forces spéciales de l'Alat (Aviation légère de l'armée de Terre) et la composante aérocombat du COS. L'objectif du 4e RHFS n'est pas de faire mieux que les autres régiments d'hélicoptères de l'Alat, mais de faire différemment. C'est-à-dire d'être prêt à agir dans un cadre espacetemps qui n'est pas le même que celui des forces conventionnelles. Le 4e RHFS travaille donc quotidiennement avec les autres unités du COS, au développement de ces procédures.

Tout le personnel du 4e RHFS est issu des autres régiments de l'Alat. Les pilotes et les équipages ont en général déjà six ou sept ans d'expérience au sein des forces conventionnelles. Le régiment emploie donc un personnel déjà expérimenté, mais auquel il faut enseigner de nouveaux modes d'action. Il faut un an pour qu'un équipage soit opérationnel. Après trois mois de formation intense au sein du 4e RHFS, un membre d'équipage peut recevoir l'insigne Orhas (opérateur régiment hélicoptères actions spéciales). Mais il faudra ensuite le faire mûrir. Pour cela, il doit participer à de nombreux exercices, notamment à l'étranger, afin de monter progressivement en puissance, avant d'être déployé en opération.

Le régiment est composé d'escadrilles spécialisées dans l'utilisation d'une machine ou dans le soutien. En opération, le savoir-faire de chacune de ces escadrilles et la spécificité de leurs appareils sont combinés pour atteindre l'effet recherché. On parle ici de modules pour désigner ces patrouilles formées de plusieurs hélicoptères de types différents. L'objectif est clair : chaque mission doit se conclure par un taux de réussite de 100 %.

COMBINAISON DE MOYENS.Les hélicoptères de manoeuvre et d'assaut (Puma, Cougar, Caracal) sont employés pour déposer et récupérer les commandos sur des objectifs à haute valeur. Les équipages s'entraînent particulièrement à effectuer des missions de pénétration de nuit ou par mauvais temps afin de bénéficier de l'effet de surprise. « La nuit est notre domaine », nous explique un opérateur de la première escadrille volant sur Cougar. Les hélicoptères de manoeuvre peuvent aussi être employés pour l'appui des troupes grâce à leurs armements embarqués. Une mission qui est au coeur du savoir-faire des deux escadrilles équipées d'hélicoptères d'attaque et de reconnaissance Tigre et Gazelle. Les missions des deux types d'appareils se recouvrent partiellement, mais les capacités du Tigre décuplent les possibilités d'intervention du 4e RHFS. Les équipages de la sixième escadrille insistent sur le large spectre de missions du Tigre en dehors de l'appui. L'appareil est largement utilisé pour l'observation et le renseignement en raison des senseurs performants. Sa puissance de feu reste toutefois un atout. Dans ce domaine, le canon de 30 mm est l'arme de prédilection.

Les équipages doivent parfaitement maîtriser les deux types de missions, car en opérations ils passent rapidement d'une posture à l'autre. L'autre caractéristique des opérations spéciales est que l'appui feu doit être plus rapide et plus précis que dans les opérations conventionnelles. De ce point de vue, Gazelle et Tigre se complètent puisque le plus ancien de ces deux appareils embarque un armement plus léger. Il devrait notamment être prochainement équipé d'un canon Gatling en sabord. Un bras articulé permettant d'utiliser des fusils de précision d'un calibre pouvant atteindre 12,7 mm a aussi été développé.

La 8e escadrille est dédiée au soutien des hélicoptères de manoeuvre du régiment conventionnel voisin et du 4e RHFS. Son personnel est formé pour travailler en autonomie et pour intervenir le plus rapidement possible afin que les forces spéciales puissent disposer du bon appareil au bon moment. 145 personnes dont treize aviateurs sont dédiés en permanence au soutien des hélicoptères de manoeuvre et cherchent à développer des modes d'actions eux aussi spécifiques aux opérations spéciales. Enfin, la 7e escadrille est chargée de l'appui à l'engagement, elle est par exemple derrière l'invention de véhicules permettant de ravitailler les hélicoptères en environnements difficiles. Aujourd'hui, le 4e RHFS a presque atteint son format en nombre d'hélicoptères, mais ses structures pourraient encore évoluer afin de lui donner une plus grande autonomie. Le nouveau format de l'armée de Terre mettant en avant l'aérocombat et renforçant l'autorité du domaine forces spéciales va bénéficier au 4e RHFS en lui offrant notamment plus de visibilité. Du point de vue des équipements, le nombre de Tigre pourrait être accru et, à un horizon incertain, les Caracal pourraient être remplacés par une version forces spéciales du NH90. Mais le 4e RHFS continuera de travailler au développement de ses modes d'action spécifiques qui en font une unité unique en France et en Europe.

LES HÉLICOPTÈRES

DES FORCES SPÉCIALES

• 10 Cougar (majoritairement rénovés).

• 10 Caracal (dont deux de l'armée de l'Air).

• 7 Puma (détachés au Groupement d'hélicoptères Interarmées).

• 12 Gazelle Viviane et lisses.

• 6 Tigre HAP.

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