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© A. Baritou
05/07/2018 11:53 | Par Agnès Baritou

Série Métiers : fraiseur chez Estève

S'il y a bien un métier qui ne souffre pas d'une baisse de la demande, c'est bien celui de fraiseur. Julien Reina peut en témoigner. A 28 ans, il a eu le luxe d'avoir le choix de travailler pour plusieurs entreprises.

Originaire de Carcassonne, après un bac STIGM, Julien Reina effectue un BTS Industrialisation des produits mécaniques avec qualification tourneur-fraiseur à Béziers. Il arrive en 2009 à Toulouse, travaille comme formateur chez McDonald’s pendant 18 mois  puis est recruté en 2011 par la PME Sud Aero à Merville, comme fraiseur-régleur. Après 18 mois de travail sur des pièces de vol aéronautiques, il quitte l’entreprise en quête de nouvelles aventures et d’un salaire plus élevé.

C’est la société toulousaine spécialisée dans l’outillage aéronautique, Dedienne Aerospace, qui l’embauche comme fraiseur. « Je travaillais sur de grosses pièces, beaucoup de prototypes, se souvient Julien Reina. J’étais plus indépendant et plus autonome. » Il quitte l’entreprise au bout de deux ans pour les mêmes raisons, passe trois mois chez Mecahers où la monotonie des tâches le pousse à refuser un CDI.

La PME toulousaine Estève lui ouvre alors ses portes en juin 2015, en tant que fraiseur. Installé au pôle prototypage, son rôle est de réaliser les différentes opérations d’usinage de pièces sur une machine à commande numérique. « Je choisis tous les processus d’usinage, la programmation de la pièce sur la machine, le choix des outillages, j’effectue souvent le contrôle moi-même après l’usinage », explique Julien Reina.

Usiner des pièces parfois complexes

Il travaille dans l’atelier 37,5 heures par semaine, en deux-huit : une semaine de 13h à 21h, la semaine suivante de 5h à 13h. Une journée type ? « A mon arrivée, mon binôme me transmet les consignes. Je pars sur de nouvelles pièces qui sont déjà passées par la phase du tournage : je dois donc les usiner. Je regarde le plan d’usinage sur papier : je vais choisir les bons outillages, je règle la machine, j’y place la pièce, je l’usine puis je la contrôle. Si elle est conforme, je continue la série de pièces. Sinon, il faut corriger le réglage. »

Chez Estève, les séries vont de 5 à 100 pièces en moyenne. Impossible de donner le nombre de pièces traitées : tout dépend de la pièce, de sa taille, de sa matière, de sa complexité. De temps en temps, Estève doit usiner des pièces en provenance de la société sœur Fusia, qui les fabrique à l’aide d’imprimantes 3D.

« Ces pièces sont plus compliquées à usiner, commente le fraiseur. Il y a beaucoup de support à enlever, la programmation est plus complexe et nous n’avons pas droit à l’erreur. » Parfois, il faut passer deux semaines sur la même pièce. Sur écran, il peut s’aider d’images en 3D qui lui permettent de visualiser les cotes qui ne sont pas sur le plan, et ainsi choisir le bon outillage par exemple.

Ce que Julien Reina a appris à travers ses diverses expériences professionnelles, c’est que la production en série, « appuyer sur un bouton bêtement en continu », ce n’est pas pour lui. Etre fraiseur chez Estève, ce n’est pas un travail de robot. C’est une activité qui demande de la réflexion et de la rigueur. Et c’est d’ailleurs ce qu’apprécie notre fraiseur. « J’aime la complexité des pièces, comme les pièces issues de la fabrication additive ou bien celles que je dois programmer en cinq axes. Même si parfois, on galère sur une pièce ! Cela prend du temps, c’est un challenge personnel. »

Être manuel et aimer les machines

Pour exercer ce métier, un critère essentiel : être manuel. « Sur la machine dédiée aux prototypes, nous avons beaucoup de bricoles à faire, régler tous les outillages, chercher la matière pour fabriquer ces derniers, argumente-t-il. Il faut aimer le contact avec la matière. » Il faut aussi apprécier travailler sur une machine, dans une sorte de duo inséparable et complémentaire.

Un aspect négatif de ce métier ? Julien Reina en reconnaît un. « C’est parfois fatigant. Quand je me retrouve tout seul à 16h, sur mon pôle fraisage, à devoir lancer plusieurs machines… Mais c’est une bonne fatigue. J’aime quand ça pulse » ! Le fait également de ne pas toujours savoir dans quel endroit de l’avion la pièce qu’il usine sera à terme intégrée… cela peut être frustrant. Le futur, Julien Reina le voit dans une perspective de management et de logistique.

Pourquoi pas, à terme, gérer une équipe dans l’atelier. « On peut être fraiseur toute sa vie, confie-t-il. Moi je ne suis pas fait pour faire la même chose toute ma vie. Je voudrais évoluer dans ce cœur de métier. » Dans le secteur aéronautique, il a aussi apprécié le segment des outillages, à l’époque où il travaillait chez Dedienne Aerospace. A l’inverse des pièces qui se retrouveront un jour à voler, il peut y avoir moins de contraintes dans l’usinage.

Quant à la taille de l’entreprise, c’est la PME qui remporte son adhésion. Pour son ambiance familiale, et l’impact que chaque salarié peut avoir sur la structure qui l’emploie. « On est davantage écoutés pour faire évoluer des choses même si on est jeune », reconnaît-il. « C’est un métier qui me passionne, conclut Julien Reina. Je suis conscient d’être sur un bon créneau. J’aurai tout le temps du travail. Je ne suis pas inquiet sur mon futur professionnel ! ».

BIO EXPRESS :

Age : 28 ans
Formation : bac STI Génie Mécanique puis BTS Industrialisation des produits mécaniques avec qualification tourneur-fraiseur, au lycée Jean Moulin à Béziers
Entrée chez Estève : juin 2015

 

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