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Sous le Soleil exactement
Sous le Soleil exactement
© Solar Orbiter/EUI Team/ESA & NASA, CSL, IAS, MPS, PMOD/WRC, ROB, UCL/MSSL

| Pierre-François Mouriaux

Sous le Soleil exactement

Chaque fin de semaine, une image qui a fait l’actualité ou retenu notre attention. Le 16 juillet, l’Agence spatiale européenne a dévoilé les premières images de notre étoile réalisées par la sonde Solar Orbiter.

Premiers tests de la suite d’instruments

La sonde européenne Solar Orbiter (SolO), lancée vers le Soleil en février dernier, s’est approchée le 15 juin à 77 millions de kilomètres de sa surface (soit environ la moitié de la distance entre le Soleil et la Terre), devenant ainsi l’engin construit par l’homme s’approchant le plus près de notre étoile.

Ce premier passage inaugure une série de survols d’ajustement, en attendant de pouvoir se rapprocher d’ici fin 2021 à seulement 42 millions de kilomètres du Soleil, à l’intérieur de l’orbite de Mercure.

Il a permis à l’Agence spatiale européenne de terminer la recette en vol de la sonde et de ses dix instruments scientifiques (la phase initiale de vérifications techniques de la mission), malgré la crise du Covid-19.

 

Des feux de camp sur le Soleil

La première campagne d’imagerie de SolO s’avère donc un grand succès, comme en témoignent les premiers clichés dévoilés le 16 juillet par l’ESA.

Ceux-ci ont été obtenus le 30 mai par le télescope imageur dans l’ultraviolet EUI (Extreme Ultraviolet Imager), dont les optiques et les roues à filtres ont été réalisées par l’Institut d’astrophysique spatiale d’Orsay (IAS), en collaboration avec l’Institut d’optique Graduate School de Palaiseau (IOGS).

Les clichés révèlent d’omniprésentes éruptions solaires miniatures, surnommées « feux de camp » (campfires, en anglais), proches de la surface de l’étoile.

Ces phénomènes n’avaient jamais été observés en détail jusqu’à présent.

 

Commentaires

« Ce ne sont que les premières images et nous pouvons déjà voir de nouveaux phénomènes intéressants, s’est réjoui Daniel Müller, scientifique sur le projet SolO à l’ESA. Nous ne nous attendions pas à ces excellents résultats dès le départ. Nous pouvons aussi apprécier la manière dont nos dix instruments scientifiques se complètent mutuellement pour fournir une image holistique du Soleil et de son environnement. »

« Les feux de camp sont petits en comparaison avec les éruptions solaires géantes que nous pouvons observer depuis la Terre, des millions ou des milliards de fois plus petits, explique pour sa part David Berghmans, responsable du centre d'analyse des données sur les influences solaires de l’Observatoire royal de Belgique et investigateur principal de l’instrument EUI. Le Soleil semble peut-être calme à première vue mais, quand nous regardons en détail, nous pouvons voir ces éruptions miniatures partout où nous regardons. »

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