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Sept exoplanètes autour de Trappist 1, dont trois potentiellement viables
Sept exoplanètes autour de Trappist 1, dont trois potentiellement viables
© NASA

| Pierre-François Mouriaux

Sept exoplanètes autour de Trappist 1, dont trois potentiellement viables

La Nasa a fait dans le sensationnalisme mercredi soir pour annoncer la détection, certes majeure, d'un nouveau système planétaire extrasolaire susceptible d'abriter la vie. Le CNRS est associé à cette découverte.

S'appuyant sur des observations effectuées depuis début 2016 par le télescope terrestre belge Trappist de l'ESO (European Organisation for Astronomical Research in the Southern Hemisphere), au Chili, et le télescope infrarouge Spitzer de la Nasa (sur orbite héliocentrique depuis août 2003), une équipe internationale impliquant des chercheurs du CNRS a découvert pas moins de sept planètes, toutes de taille similaire à celle de la Terre et de température modérée, autour de l'étoile Trappist 1. Officiellement nommée 2MASS J23062928-0502285, cette étoile est une naine ultra-froide située à environ 40 années-lumière, dans la constellation du Verseau.

Au moins trois de ces exoplanètes présentent des conditions compatibles avec la présence d'eau liquide en surface. La détection d'éventuelles atmosphères devrait donc constituer la prochaine étape, et promettre d'affoler à nouveau les réseaux sociaux.

Un suivi systématique d'un an.

Dans son communiqué de presse, le CNRS explique l'origine de cette découverte : « Début 2016, des observations photométriques (mesure de la luminosité à haute précision), réalisées par le télescope de l'ESO et le télescope spatial Spitzer de la Nasa, avaient révélé autour de l'étoile Trappist-1 la présence de trois planètes de taille terrestre (Trappist-1 b, c et d). Ce système planétaire est orienté de telle sorte que ces planètes passent devant le disque de l'étoile à chaque orbite, provoquant une baisse de luminosité appelée transit. L'amplitude de ces transits permet de déterminer le rayon des planètes tandis que leur périodicité indique leur distance orbitale et donc leur insolation.

Depuis ces premières détections, ce système a fait l'objet d'un suivi systématique pour y chercher d'éventuelles autres planètes. Le résultat de ce suivi dépasse toutes les attentes : Trappist-1 possède au moins sept planètes, toutes de taille similaire à celle de la Terre (à plus ou moins 15 %). Les six planètes les plus proches (b à g) tournent autour de leur étoile en 1,5 à 12 jours (la période de la septième reste à déterminer), ce qui les place 20 à 90 fois plus près de leur étoile que la Terre ne l'est du Soleil. À ces distances, les forces de marée exercées par l'étoile sont considérables et imposent aux planètes une rotation dite synchrone, c'est-à-dire que les planètes font exactement un tour sur elles-mêmes en une orbite, montrant ainsi toujours la même face à leur étoile (comme la Lune par rapport à la Terre). »

La France à l'honneur.

Parmi les découvreurs de ce nouveau système planétaire figurent des chercheurs du CNRS, du CEA et de l'UPMC au Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux (CNRS/Université de Bordeaux), au Laboratoire de météorologie dynamique (CNRS/UPMC/École polytechnique/ENS) et au laboratoire Astrophysique, instrumentation et modélisation (CNRS/CEA/Université Paris Diderot). Leur étude est publiée dans la revue Nature du 23 février 2017.

 

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