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Défense
SCAF : Dassault et Airbus commencent à s'impatienter © Dassault Aviation

| La rédaction

SCAF : Dassault et Airbus commencent à s'impatienter

A quelques jours du prochain Conseil des ministres franco-allemand qui se déroulera à Toulouse le 16 octobre prochain, Airbus et Dassault se rappellent au bon souvenir des deux gouvernements pour le lancement de la phase de développement d'un démonstrateur du SCAF.

Dassault Aviation et Airbus commencent gentiment à perdre patience devant l'enlisement, au niveau politique, du programme de Système de Combat Aérien Futur ou SCAF. D'où cet appel conjoint du président de Dassault Aviation, Eric Trappier; et du président d'Airbus Defence & Space, Dirk Hoke, à "garder une dynamique collective pour bâtir l'Europe de la Défense". Un appel lancé à quelques jours du prochain Conseil des ministres franco-allemand qui doit se dérouler à Toulouse le 16 octobre prochain. "C’était il y a deux ans déjà que le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont convenu de développer conjointement le Système de Combat Aérien Futur (SCAF). Cette annonce, majeure pour l’Europe de la Défense, doit maintenant continuer à avancer par le lancement sans plus attendre de la phase de démonstrateurs du programme", soulignent les présidents de Dassault Aviation et d'Airbus Defence and Space.

Et d'enchaîner : "Lancer cette première phase de développement du SCAF, c’est lancer la première phase de développement du projet européen de défense du XXIe siècle. Dans le contexte géopolitique actuel c’est aussi permettre à l’Europe de sauvegarder sa souveraineté industrielle et opérationnelle, c’est lui permettre de faire face aux menaces de demain. Si dans ce domaine l'Europe n’avance pas, si elle n’avance pas rapidement, il sera impossible de maintenir les capacités de développement et de production nécessaires à la souveraineté industrielle de défense. Le SCAF est une entreprise hautement complexe et ambitieuse, tant sur le plan technologique que stratégique et politique. C’est l’ensemble de nos moyens aériens et de leur capacité à agir de concert de façon optimale qui sera impacté. Il s’agit en réalité rien de moins que de notre capacité à assurer notre défense et notre autonomie dans les airs dans la deuxième partie du XXIe siècle qui est ici en jeu".

"L’objectif est de mettre en service opérationnel le SCAF au plus tard en 2040. Cette échéance, qui peut sembler lointaine, doit être planifiée bien à l’avance. Certes les premières grandes mesures ont déjà été prises avec succès. Les nations partenaires ont conjointement exprimé ce qu’elles attendent d’un tel système. Une organisation industrielle franco-allemande a été définie sous la direction nationale respective de Dassault Aviation et d’Airbus Defence and Space. Une étude de concept commune franco-allemande (JCS) a été lancée en janvier 2019 pour définir les contours de ce système. Nous voulons attester à quel point DASSAULT AVIATION et AIRBUS ont su rapidement trouver des accords et se mettre en ordre de marche. L’Espagne a officiellement rejoint le programme comme troisième nation partenaire", rappellent Eric Trappier et Dirk Hoke.

Ces derniers ajoutent : "Mais les technologies futures doivent être développées dès maintenant pour être ensuite testées et qualifiées en vol. Cette phase de maturation est essentielle pour dérisquer et anticiper des développements aussi complexes. C’est la raison pour laquelle gouvernement et industrie ont convenu de lancer dès que possible une phase de développement d’un démonstrateur, pour laquelle l’industrie française et allemande, sous la coordination de DASSAULT AVIATION et d’AIRBUS, a remis des offres au Salon du Bourget en juin dernier. Il importe à présent de faire avancer concrètement le SCAF. Le prochain conseil des ministres franco-allemand doit servir de catalyseur à cette volonté commune d’aller de l’avant par le lancement rapide de cette phase de démonstrateurs et par l’engagement des nations partenaires sur un plan de financement fiable pour confirmer le caractère pérenne et cohérent de ce programme de développement européen".

"Dassault Aviation et Airbus Defence and Space sont prêts à relever le défi et ont désormais hâte de lancer sans attendre les travaux indispensables pour assurer la viabilité de ce programme sur le long terme. Il appartient désormais aux leaders politiques d’utiliser courageusement cette dynamique et de prendre les décisions qui s’imposent pour ouvrir le prochain chapitre. Ne perdons plus de temps. L’industrie est prête, motivée et unie pour faire de ce programme un succès. Nos équipes sont mobilisées pour relever le défi ensemble ! Nous appelons les responsables politiques à tout mettre en œuvre pour lancer le plus rapidement possible ces démonstrateurs, étape clef pour mettre cet ambitieux projet en marche", concluent Eric Trappier et Dirk Hoke.

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FORABOSCO | 07/10/2019 19:01

Les difficultés à travailler avec les allemands étaient prévisibles. Leurs besoins ne sont pas les mêmes que les nôtres (types de missions différentes, version navale) et il semblerait qu'ils n'apprécient pas de ne pas être leader sur ce programme (il faut voir les manœuvres allemandes pour créer une seule entité industrielle afin de réduire le poids de Nexter dans le programme du futur char de combat). Il est quasiment certain que nous rencontrerons des problèmes à répétition (vote fragmenté par le Bundestag du programme SCAF, blocages des exportations vers des pays qui n'auront pas l'heur de plaire aux allemands, ....) A se demander pourquoi n'avons nous pas choisi de développer ce programme seuls. Certes, il aura un coût très élevé (on parle de 2 fois celui du Rafale donc à peu près 60 milliards) mais nous avons les compétences et nous aurions eu un système répondant exactement à nos besoins. Que le Tempest (UK-Italie-Suède voire d'autres pays ) supplante le SCAF pourrait devenir un risque réel avec des partenaires aussi intransigeants que les allemands

Ing | 07/10/2019 20:24

Tout à fait d'accord: D'autant plus si on considère que tout euro investi dans un tel projet créé des emplois et fait monter en compétences nos entreprises. A l'inverse les projets internationaux coutent très chers du fait d'une organisation complexe et ne s'exportent pas ou peu (cf eurofighter ou A400M...) . Lorsqu'ils s'exportent les retombées économiques s'éparpillent entre les différents participants et permettent rarement aux états de retrouver la mise initiale (les coûts fixes du programme).

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