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Défense
Sahel : encore d'importants besoins capacitaires dans la 3eme dimension
Sahel : encore d'importants besoins capacitaires dans la 3eme dimension
© Airbus

| BOQUET Justine

Sahel : encore d'importants besoins capacitaires dans la 3eme dimension

Alors que le Mali a passé commande pour un C295, l'Etat-Major de la force conjointe du G5 Sahel a fait part des besoins capacitaires des forces armées afin de pouvoir monter en puissance dans la lutte contre le terrorisme qui sévit dans la région. Un bilan a été dressé, quelque peu mitigé lorsque l'on donne la parole à la majorité.

Le Mali commande un C295.

Airbus a annoncé le 2 décembre avoir reçu une commande de la part du Mali pour un avion de transport C295. La commande a été passée par le gouvernement de transition, suite au coup d'Etat militaire survenu cet été. L'appareil, dont le montant du contrat n'a pas été dévoilé, sera livré au Mali en 2021 et permettra de renforcer les moyens de transport du pays, qui dispose d'ores et déjà d'un avion cargo tactique militaire C295. Le premier appareil, livré en décembre 2016, a accumulé plus de 1 770 heures de vol au cours desquelles il a pu transporter 38 000 passagers et 900 tonnes de fret, détaille Airbus. Les deux aéronefs seront employés pour la conduite d'opérations militaires et afin de relier des zones isolées, au nord du pays.


G5 Sahel.

En parallèle, que cela soit au Mali ou plus largement dans la région sahélienne, les opérations de lutte contre le terrorisme se poursuivent. Elles associent la force Barkhane à la force conjointe du G5 Sahel. Créée en février 2017, cette force, qui regroupe le Mali, la Mauritanie, le Tchad, le Niger et le Burkina Faso, poursuit sa montée en puissance et sa maturation. Soutenue par les dispositifs de l'ONU et de l'UE et par de nombreuses actions de formation, le G5 Sahel entend « relever les défis sécuritaires en bande sahélo-saharienne », une région transfrontalière, rapporte une source de l'Etat-Major de la force conjointe.

Si des avancées notables ont été constatées ces dernières années, un long chemin reste à parcourir pour les Etats impliqués dans le G5. Tout d'abord, d'un point de vue capacitaire, de nombreux besoins restent à combler. C'est notamment le cas des capacités aériennes, pouvant être engagées dans l'antiterrorisme. Pour le moment, la force conjointe dépend intégralement des moyens des pays partenaires présents dans la région. De même, un enjeu majeur a été identifié sur le volet renseignement, où la « force reste [là aussi] tributaire des acteurs extérieurs », ajoute cette même source, en rappelant que le G5 exploite principalement du renseignement d'origine humaine. Une nécessité « de poursuivre la dynamique actuelle et de développer les capacités » de la force est portée par tous les acteurs en présence. Les récentes avancées obtenues dans le cadre de l'opération Barkhane « nous imposent de tout mettre en œuvre pour conserver l'avantage sur l'ennemi », ajoute cette source de la force conjointe, interrogée par l'AJD les premiers jours de décembre. 


Bilan mitigé selon les politiques français. 

Si les avis convergent pour dire que la force conjointe a réalisé des progrès notables, les points de vue divergent quant à la réelle volonté des pays membres. Thomas Gassilloud, député français du groupe Agir Ensemble, également interrogé par l'AJD, est venu contraster le bilan porté par la force conjointe. Au niveau du G5, il existe une réelle « volonté de respecter l'équilibre entre les pays, et ce plus qu'un objectif de performance. Beaucoup de doublons dans les structures existent. Quelle est la volonté politique des pays à disposer d'un G5 fort ? », se questionnait-il lors de cette rencontre. De retour d'un déplacement en Mauritanie, il a rappelé à quel point le modèle de ce pays était intéressant sur un plan sécuritaire. Aucune attaque terroriste majeure n'a ainsi été enregistrée depuis une dizaine d'années. La Mauritanie repose avant tout chose sur « un modèle politique. Il existe une volonté au niveau des politiques publiques, visant à couvrir le territoire dans la profondeur », ajoute le député français. Un cadre politique auquel s'ajoute une véritable réflexion militaire sur la lutte contre le terrorisme. Pour la Mauritanie, « l'idée est de pouvoir terroriser les terroristes en disposant de compagnies mobiles », ajoute Thomas Gassilloud, en soulignant par là même l'avancée que peut représenter dans ce sens les ULRI (unités légères de reconnaissance et d'investigation) au Mali. 

Si la volonté et les résultats du G5 Sahel sont discutables, le député constate malgré tout que le pilier militaire reste celui ayant produit le plus d'effet, de quoi venir corroborer le discours tenu par l'Etat-major de la force conjointe. Il faudra désormais surveiller l'évolution du G5 Sahel, alors que le Tchad va prendre la présidence de cette coopération. De par les conflits qui sévissent en son sein, le Tchad pourrait être tenté d'accroître la pression sur la zone du lac Tchad où l'on retrouve Boko Haram. 

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BALESME Marcel | 30/01/2021 12:07

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