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Les Dossiers d'Air&Cosmos
Retour sur les 50 ans d'Airbus (III)
Retour sur les 50 ans d'Airbus (III)
© Airbus

| Yann Cochennec

Retour sur les 50 ans d'Airbus (III)

Avec les A340-200/300, Airbus s'installe aussi sur le marché du long-courrier que se partageaient jusqu'alors Boeing et McDonnell Douglas. A ce moment-là, l'heure est encore aux triréacteurs et aux quadrimoteurs. Mais plus pour longtemps. Néanmoins, le constructeur européen persiste et signe avec les A340-500/600, le Boeing 747 en ligne de mire.

Avant l'Airbus A320 ?

La conquête du marché long-courrier est dans la tête des équipes de ce qui sera le futur GIE Airbus dès le lancement de l’A300. Une compagnie aérienne, Lufthansa, y pense tellement fort qu’elle poussera même à lancer l’A340 avant l’A320, et ce dès la fin des années 1970. Une constante qui ne changera pas. A l’instar de ses prédécesseurs, Heinz Ruhnau, alors président de Deutsche Lufthansa, déclare en février 1983 : « Nous avons témoigné à Airbus Industrie notre intérêt pour le TA-11 [le futur A340. NdlR] et nous restons persuadés qu’il offre de meilleures possibilités de marché que l’A320. Nous croyons qu’il y a une demande pour ce type d’appareil. La structure du réseau long-courrier actuel découle de l’usage de très gros avions, type Boeing 747". Mais un seul client, dont certains propos se révéleront finalement visionnaires, ne fait pas un marché et l’A320 sera heureusement lancé avant les A330/A340. Les résistances allemandes, et pas seulement celles de la Lufthansa, s’inclineront finalement devant le bon sens.

Le Boeing 747 en ligne de mire

Pour autant, le jour du lancement du moyen-courrier, le 2 mars 1984, Bernard Lathière, alors administrateur-gérant d’Airbus Industrie, souligne que le constructeur européen a « le souci de développer une famille complète d’avions de ligne » et que « dans les discussions actuelles avec les motoristes CFM et IAE, la plus grande importance est donnée à l’adaptabilité des CFM56 et V2500 à la fois à l’A320 et au quadriréacteur très long-courrier TA-11 qu’Airbus Industrie a l’intention de lancer dans les meilleurs délais ». Il faut ménager le partenaire allemand. Avec ses capacités et sa distance franchissable, le futur quadriréacteur est annoncé comme le complément du Boeing 747, permettant aux compagnies aériennes d’exploiter de façon rentable de nouvelles routes longue distance à trafic réduit, ou d’augmenter les fréquences sur des trajets pour lesquels le « jumbo » est trop grand.

Problèmes de jeunesse

Devant l’accumulation des « problèmes de jeunesse » qui viennent perturber l’exploitation des A340-300,Airbus met en place en 1999 un important plan d’améliorations et de corrections, mais dont la définition ne se fera pas sans difficultés. « D’abord, il nous a fallu identifier les problèmes. Or ceux-ci variaient selon les compagnies aériennes concernées. De même, les avions étaient équipés de standards différents. Enfin, il fallait s’assurer de la disponibilité des avions », raconte Daniel Thérial. Après une analyse approfondie des différentes causes de retards subis par les exploitants des quadriréacteurs, les équipes d’Airbus se sont ensuite attachées à proposer des formules adaptées à chaque exploitant. « Nous avons recensé au total pas moins de 250 amé- liorations à apporter. Cela allait du système de prélèvement d’air au calculateur de gestion de jaugeage du carburant en passant par les pompes d’alimentation moteurs et les calculateurs de gestion de vol », précise-t-il.

 

 

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