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Défense
Rafale : le standard F5 doit être opérationnel avant 2035
Rafale : le standard F5 doit être opérationnel avant 2035
© Dassault Aviation

| Xavier Tytelman 611 mots

Rafale : le standard F5 doit être opérationnel avant 2035

Le Rafale a été conçu pour pouvoir évoluer et intégrer progressivement toutes les nouvelles technologies. C'est désormais un Standard F5 qui se dessine, pour maintenir une capacité nucléaire à l'avion jusqu'à son remplacement par le NGF.

Le Rafale, un avion conçu pour évoluer

Dès sa conception, le Rafale a été imaginé comme un appareil capable d'être porté à des standards supérieurs de manière incrémentale, en livrant des appareils toujours plus performants mais aussi en permettant des modifications sur les avions déjà livrés. Le standard F3R, opérationnel depuis janvier 2019, comportait un certain nombres de mises à jour logicielle ainsi qu'une amélioration des capteurs : radar RBE2-AESA à balayage électronique, pod de désignation laser TALIOS (Targeting Long-­range Identification Optronic System) en remplacement du pod Damocles, limité sur les tirs à courte portée. La panoplie d'armements s'étend elle-aussi, avec l'intégration du missile air-air longue portée Meteor, les bombes GBU‑16 et AASM Block III permettant un guidage laser sur cible mobile.

Le Standard F4 en cours de validation

Avec le standard F4, c'est la connectivité et le combat en réseau qui bénéficient de profonds changements logiciels et matériels : nouvelles liaisons satellite et intra-patrouille, serveur de communication, radio logicielle... Le radar est amélioré et une nouvelle optronique secteur frontal à capacité infrarouge installée, tandis que le viseur de casque SCORPION est implémenté. Le système d'intelligence artificielle doit également permettre au pod RECO NG de distinguer les éléments d'intérêt survolés afin de présenter des résultats à l'équipage en temps réel, permettant de multiplier par 30 la capacité d'analyse du champ d'opérations par rapport aux travaux réalisées par des opérateurs au sol. Côté armements, un troisième point d'emport sous voilure est rendu disponible, les missile air-air Mica NG équipé d'un propulseur à double impulsion et la bombe AASM de 1000 kg sont intégrés. Le moteur dispose pour sa part d'une nouvelle unité de contrôle, et un système de maintenance prédictive doit permettre d'améliorer le taux de disponibilité de l'avion. Ce standard, dont les premiers exemplaires ont été livrés aux armées pour réaliser la campagne d'essai, doit être admis au service actif en 2024.

Il y aura alors deux standards de Rafale F4 : ceux directement livrés à ce niveau, appelés Standard 4.2 et intégrant également quelques évolutions structurelles permettant d'améliorer la furtivité de l'avion, et ceux portés à ce niveau seront qualifiés de Rafale Standard 4.1.

Le Rafale F5, bénéficiaire des développements du NGF

C'est désormais un standard F5 qui a été demandé par un document parlementaire de la commission de la défense nationale et des forces armées consacré à la dissuasion nucléaire, pour une entrée en opérations avant 2035. L'objectif est de maintenir une capacité nucléaire pour le Rafale jusqu'à ce que son successeur, le NGF du programme SCAF, acquiert cette capacité autour de 2050. Le Rafale devra être capable faire face à des systèmes de défense sol-air comme les S-400 et S-500 d'origine russe et aura à évoluer dans des environnements brouillés, nécessitant de doter l'avion d'équipements résistants à la guerre de navigation ou de moyens de guerre électronique offensive. Il devra en outre acquérir des vecteurs de suppressions des défenses aériennes adverses performants et intégrer le nouveau missile nucléaire ASN 4G aujourd'hui en cours de conception. La prise en compte de drones de combat pouvant accompagner l'avion ou le déploiement d'armes à énergie dirigée, deux projets souhaités pour le NGF, devraient permettre l'intégration de capacités encore floues mais offrant une plus-value importante au Rafale à cette échéance. 

Il apparaît donc que le Rafale MLU, pour mid-life update, grande modification devant survenir à mi-vie pour l'avion, se fera de manière incrémentale. Un atout pour l'avion qui a ainsi pu garantir en permanence une capacité opérationnelle optimale, offrant aux armées le plus haut niveau de performance tout en restant pertinent sur les compétitions internationales à l'export. Ces évolutions devront permettre au Rafale de gagner de nouveaux contrats et de rester opérationnel jusqu'en 2080.

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Hannosset Étienne | 04/11/2021 09:38

Petit à petit, le Rafale progresse et il faut s’en réjouir. Le Standard F3R est déjà largement dépassé et il faudra attendre le Standard F4 pour que le Rafale puisse concurrencer les avions américains et russes de la même génération. Mieux vaut tard que jamais. Par contre, 2035 c’est encore très loin, d’autant qu’en 2035, les systèmes de défense actuels (S400 et S500, pour ne citer qu’eux) seront obsolètes et auront été remplacés.

Grange | 04/11/2021 16:22

Bonjour, je vous trouve particulièrement sévère en ce qui concerne le Rafale standard F3R ! Celui-ci est opérationnel depuis début 2019 et comporte de nombreuses améliorations ( logiciels et armements ) le standard F4 sera admis au service actif en 2024 quand au standard F5 il est prévu une mise en service en 2035 !

Hannosset Étienne | 05/11/2021 23:53

@ Grange. Sévère ? Pourquoi ? Je trouve, au contraire, être élogieux. Dassault, une entreprise franco française qui parvient à concevoir un avion à peine un peu inférieur à ceux réalisés par des entreprises US dix fois plus riches, ce n’est pas mal !

Petrau | 04/11/2021 13:11

Le Rafale voit ses capacités augmenter à un rythme sensiblement équivalent à celui des appareils américains (F18 Block 3 et F16C /F21) et pour des performances qui n'ont rien à envier aux avions US. Ce qui doit suivre est le Scaf dont une justification essentielle est la furtivite (les fonctions de gestion et de pilotage d'effecteurs ou encore d'intégration de réseaux peuvent être implémentées sur des appareils existants, a fortiori sur le Rafale). Deux constatations s'imposent. D'une part, les russes, les chinois, les américains,... disposent déjà de radars permettant de détecter et de localiser les appareils dits "furtif et à l'horizon de la mise en service REELE du Scaf (2045 ?) si toutefois il voit le jour, la furtivite sera passée de mode., même si la discrétion restera de mise. D'autre part, il est intéressant de noter que les premières esquisses du F/A-XX (le successeur du F18 pour lequel les américains n'ont même pas envisage le F35) ne semblent pas mettre l'accent sur la furtivite. Alors, pourquoi s'obstiner avec le Scaf dont il semble par ailleurs que les espagnols sont en voie de s'éloigner (les démarches en vue d'une commande de F35 sont annoncées)? Un Rafale F6 implémenté des derniers développements informatiques (cloud, IA, ...), doté d'une version "sur vitaminée" du M88 et de réservoirs conformes ne serait il pas plus pertinent et.... beaucoup moins chers ? Il conviendrait toutefois de lui adjoindre des Ucav pour la fonction d'"entrée en premier". Sur ce dernier point, l'expérience de Dassault avec le Neuron pourrait s'avérer précieuse , ainsi que le mode de coopération qui avait été mis en place pour sa réalisation. Reste un point qui n'est quasiment jamais abordé. Tous les appareils en service actuellement et dits "combat proven" n'ont été engagés que dans des combats de basse intensité. Ces avions (Rafale, F16, SU27, . ) sont sur dimensionnés pour ce type d'opération. Une réflexion est à mener sur ce sujet visant à l'emploi d'appareils plus rustiques et/où de drones armés.

Math | 05/11/2021 10:50

Le Scaf a 2 atouts: il doit aller vite et loin. C’est un chasseur lourd, parfaitement adapté à la frappe à longue distance. C’est un bénéfice pour la Marine, l’interception et la frappe nucléaire. Le Rafale restera un poids moyen. Vous pouvez ajouter des réservoirs conformes, ça ne changera pas complètement la donne. Sur le Scaf, ce qui est recherché est un Mirage 4, un F15 et un F14, en un seul avion. Ce n’est pas si simple de tout faire bien avec un Rafale. Pour la furtivité, il semble en effet que l’approche par forme des avions soit obsolète, mais pas celle portant sur la nature des matériaux. Je vous rejoins sur les chasseurs légers, mais il reste difficile de prévoir l’évolution au sud de la Méditerranée. On doit s’attendre à voir venir des appareils chinois à court ou moyen terme en Afrique. Si dans un premier temps on aura peut-être du lourd cost, ça devrait changer très vite. Ce ne sera que la suite logique de l’implication grandissante de la Chine en Afrique. Certains pays d’Afrique ont aussi le potentiel pour devenir ce que furent en leur temps les dragons asiatiques, avec une très probable course à la performance y compris militaire. La nature de nos relations avec l’Afrique change très rapidement.

Hannosset Étienne | 05/11/2021 23:56

Vous semblez oublier que la grandeur de la France a des exigences !

Zebulon | 04/11/2021 13:38

Le NGF ne se fera jamais. Entre les Allemands qui n'en veulent qu'à condition qu'on leur donne 40 ans d'expérience dans le domaine, leur système politique qui doit revalider le financement du programme tous les 6 mois et les espagnoles pourtant partenaires du dit programme qui envisagent d'acheter des F35, il est clair que ce programme ne se fera pas. Il est urgent que Daussault étudied évolutions substantielles du Rafale (Radar, moteurs, autonomie etc) au lieu de timides mises au standards. Sinon, a la fois la France qui joueait dans le peloton de tête, n'aura pas de NGF, et faute de remplaçant au Rafale sera déclassée dans le domaine !

Hannosset Étienne | 05/11/2021 23:58

Vous avez raison. Il ne vous reste plus qu'à trouver un sponsor...

Brevivon | 04/11/2021 15:38

Les évolutions successives du Rafale ne sont pas des broutilles et pour certaines représentent des quasi sauts technologiques. C'est ce que serait, ou sera, l'évolution de ses réacteurs. Il ne suffit pas de le vouloir mais de le pouvoir car la mise en oeuvre de nouveaux alliages plus résistants à la chaleur est de la recherche fondamentale. Toutefois sa capacité d'emport et son allonge, si elles peuvent progresser legerement, resteront limitées par son gabarit actuel. Comme évoqué dans un précedent commentaire, un avion "Low cost", moins onéreux mais réutilisant quelques technos nouvelles pour les combats basse intensité serait intéressant. Genre vieille cellules upradées comme le M2000D.

Petrau | 04/11/2021 16:06

Le Rafale pourrait évoluer à la manière de ce que les américains ont fait en son temps pour passer de la première génération de F18 à la seconde nettement plus conséquente en volume et en poids. L'élaboration d'un moteur M88 plus puissant, même difficile, ne semble pas hors de portée, d'autant que des crédits ont déjà été débloqué afin d'upgrader" ce moteur. Pour ce qui est d'une utilisation de vieux Mirage 2000 pour assurer des missions de basse intensité, je n' y crois pas. Leur cellules sont vieilles et les coûts de MCO prohibitifs. Mais, rêvons un peu, pourquoi ne pas s'entendre avec les italiens pour proposer un MB346 armé et remotorise avec un M88 débarrassé de sa post-combustion. Ce moteur itar-free permettrait à l'avion rustique ainsi créé de ne pas dépendre du bon vouloir américain. On peut tenir le même raisonnement pour l'avionique en venant puiser dans les étagères européennes.

Richard | 04/11/2021 17:49

Je suis de plus en plus surpris par cette course à" l'échalote" avec des avions polyvalent comme l'on dit, et dont les équipages ne pourront pas répondre à 100% dans les toutes différentes options. Par contre, je suis pour la recherche, mais je pense que ces choix, nous les paieront un jour. Je précise pour visualiser le propos, que dans les années 70, un Mirage IV était capable de faire une pénétration très basse altitude sur plus de 500 km, sans GPS, sans radar de suivi de terrain et donc le radar de recalage était allumé par le navigateur une à deux fois sur le trajet et au maximum une trentaine de secondes. Donc il n'était pas furtif, mais il était très discret. Maintenant, nous avons des avions qui sont des "lampadaires" qu'il faut rendre plus au moins furtifs.

Petrau | 05/11/2021 09:13

Tous les nouveaux systèmes d'armes sont d'une extrême fragilité. Un seul exemple : les munitions guidées par GPS alors que ce système est régulièrement brouillé, on l'a vu en Syrie et en Ukraine. Et n'oublions pas que les USA ont été vaincus en Afghanistan par des vas nus pieds armés essentiellement de Kalachnikov.

PeeF | 05/11/2021 10:09

Je ne voudrais pas insister lourdement mais pour combattre des pickups et des motos, un avion a hélice armé de qq roquettes non guidées et de mitrailleuses suffit largement. De plus son faible coût relatif le met à portée des armées locales, ce qui est autant de moins sur les budgets européens. Les drones à hélice, monomoteurs, font le job, pourquoi pas la même chose mais pilotée ?. En d'autres termes, les conflits "asymétriques " n'arrivent qu'à montrer que des appareils gavés d'électroniques peuvent voler et être vendus.

Petrau | 05/11/2021 14:16

Je partage votre point de vue. Les fameux avions dits "combat proven" n'ont fait leur preuve que dans des conflits de basse intensité. Par ailleurs, il convient de faire un peu de prospective avant de se lancer dans la construction d'un avion de 6ème génération. La principale raison aujourd'hui est de faire ce que les autres (américains, russes, chinois, . ). font. La furtivite est un leurre. Les russes, les chinois,.. disposent déjà de radar capable de détecter les appareils "furtifs". A l'horizon de la mise en service des appareils de 6ème génération, ces radars rendront ces machines parfaitement obsolètes quant à leur discrétion. Alors, pourquoi ne pas développer à moindre coût un Rafale de 2ème génération (à l'image de ce que les américains ont fait en leur temps avec le F18) sur lequel pourrait être implémenté les fonctions et équipements (cloud, IA,...) prévus pour le Scaf, sans oublier des redondances robustes pour suppléer la fragilité de l'environnement informatique. Il serait par ailleurs nécessaire de développer en parallèle un UCAV pour la fonction "entrée en premièr".

Hannosset Étienne | 05/11/2021 11:56

Finalement, est ce grave si le SCAF ne se fait pas ? Ce qui serait dommage, c’est que l’Europe ne dispose pas d’un avion de 6ème génération. N’oublions pas que l’Italie est un des principaux partenaires du programme Tempest qui, lui, se fera ne serait ce que parce que BAE Systems est devenu un partenaire obligé des USA dans le secteur militaire. Dassault a toujours construit d’excellents avions mais est malheureusement restée une entreprise franco française aux moyens financiers limités. Serge Dassault a toujours reconnu que la France n’a pas les moyens financiers pour concevoir un avion de 5ème génération et à fortiori de 6ème génération. Cette réalité explique à elle seule pourquoi la France a besoin de l’Allemagne (qui finira, comme l’Espagne et la plupart des pays européens, par acheter du F35 et par rejoindre le projet Européen Tempest.) Dassault doit continuer à faire ce qu’il fait parfaitement bien, c'est à dire un avion fiable, polyvalent et largement qualifié pour la police du ciel et des conflits de basse intensité.

Petrau | 05/11/2021 14:35

@Math. Si je peux me permettre deux remarques. Le ravitaillement en vol permet d'augmenter très fortement le rayon d'action des appareils. Le "raid" de cet été des Rafale vers la Polynésie en est la preuve éclatante. Par ailleurs, d'éventuels matériaux nouveaux concourrants à la discrétion pourraient tout aussi bien être utilisés pour un Rafale 2G Par ailleurs, s'il est une leçon qu'il faut retenir de l'Afghanistan, c'est que l'hyper puissance américaine avec ses armements hyper sophistiqués a été vaincue par des fantassins équipés essentiellement de Kalachnikov et de lance roquettes.

Cris | 05/11/2021 21:12

Le Rafale amélioré très sérieusement et la date d'operabilite portée à 2080....cela pourrait laisser penser qu'on ne croit pas vraiment au Scaf pour lequel la plupart des pays européens (chacun pour sa gueule) ont littéralement saboté le projet...

Hannosset Étienne | 06/11/2021 00:06

Le véritable projet européen c’est le Tempest surtout quand l’Espagne et ensuite l’Allemagne rejoindront l’Italie et les autres pays européens.

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