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Quatre recommandations du Sénat au sujet des lanceurs européens © ArianeWorks

| Pierre-François Mouriaux

Quatre recommandations du Sénat au sujet des lanceurs européens

Le groupe de travail Espace du Sénat (commun aux commissions des affaires économiques et des affaires étrangères, de la défense et des forces armées), a rendu ses conclusions le 19 novembre.

A l’issue d’une audition le 22 mai dernier du président du Cnes, Jean-Yves Le Gall, et du président exécutif d’ArianeGroup, André-Hubert Roussel, sur la politique des lanceurs spatiaux, les commissions des affaires économiques et des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat avaient constitué un groupe de travail commun, co-présidé par Sophie Primas, sénateur des Yvelines (Les Républicains), et Jean-Marie Bockel, sénateur du Haut-Rhin (Union Centriste).

 

Une autonomie d’accès à l’espace « cruciale ».

Après avoir rencontré des représentants de l’Agence spatiale européenne, d’Arianespace, d’Avio, de l’Onera, et de la direction générale de l’armement, le groupe a rendu son rapport d’information le 19 novembre, à une semaine du Conseil ministériel de l’ESA, qui se réunira à Séville, en Espagne. Y seront décidées, selon les commissions sénatoriales, « des mesures essentielles au maintien de notre autonomie d’accès à l’espace, elle-même cruciale pour notre économie et notre indépendance stratégique. »

 

Principales recommandations.

Intitulé « Lanceurs spatiaux : restaurer l’ambition spatiale européenne », le rapport sénatorial recommande de miser dès aujourd’hui sur les lanceurs réutilisables, d’établir une préférence européenne, d’assouplir la politique du juste retour géographique qui régit l’ESA depuis sa création, et de ne pas développer le lanceur Vega E destiné aux petits satellites s'il s'agit d'une hausse de performance de Vega.

 

Déclarations.

Selon Sophie Primas, « si l’Europe a été pionnière du spatial commercial avec Ariane, cette réussite est aujourd’hui largement challengée face à une concurrence féroce et des conditions de marché incertaines : la responsabilité des ministres participant au Conseil de l’Agence spatiale européenne des 27 et 28 novembre est donc de prendre les décisions qui garantissent notre indépendance d’accès à l’espace à court, moyen et long terme ».

Jean-Marie Bockel ajoute : « L’Europe doit développer son lanceur réutilisable ! Évitons la concurrence fratricide en Europe : notre marché institutionnel, d’une profondeur limitée, ne le permet pas ! »

Enfin, Christian Cambon, président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, souligne : « L’indépendance d’accès à l’espace est la condition de notre souveraineté et un enjeu stratégique pour nos armées, dans le contexte de militarisation de l’espace. C’est pourquoi nous devons être particulièrement vigilants et exigeants sur les programmes de développement de nouveaux lanceurs ».

 

Consulter la synthèse du rapport : www.senat.fr/notice-rapport/2019/r19-131-notice.html (le rapport sera prochainement disponible sur la même page).

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