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OneWeb en cessation de paiement
OneWeb en cessation de paiement
© AIRBUS

| Pierre-François Mouriaux

OneWeb en cessation de paiement

La première société à avoir démarré le déploiement d’une mégaconstellation dédiée à la connectivité globale demande être placée sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

Décision sans surprise

La rumeur courait depuis plus d’une semaine (cf. Air & Cosmos n°2681 du 27 mars courant).

Vendredi 27 mars, l’entité américaine de la société OneWeb, créée en 2012 par le milliardaire américain Greg Wyler pour offrir l’Internet à haut débit pour tous grâce à une mégaconstellation de satellites placés sur orbite basse, a demandé à être placée sous la protection du Chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites.

On saura le 31 mars si cette procédure de sauvegarde des entreprises en situation de faillite financière est acceptée.

OneWeb espère ainsi geler ses créances, le temps de restructurer ses actifs et de trouver un acquéreur. La dette de l’entreprise s’élèverait à 1,73 Md$, et concernerait plus d’un millier de fournisseurs.

 

Soft Bank n’a pas remis la main au portefeuille

OneWeb était à la recherche de nouveaux investissements depuis plusieurs mois. Mais, selon les termes du communiqué de presse diffusé le 27 mars, les discussions pourtant « avancées » n’auraient pas abouti, en raison « des turbulences que le Covid-19 a provoqué sur les marchés ».

En particulier, la banque japonaise Soft Bank, le principal actionnaire de OneWeb (qui a apporté 2 Md$ sur les 3,4 Md$ du capital), n’a pas souhaité augmenter sa participation ; au contraire, elle a engagé le 23 mars un vaste plan de désendettement sur 12 mois, qui va notamment se traduire par la revente de 38 Md€ d’actifs divers et variés.

 

Conséquences

Il est encore trop tôt pour connaître l’impact de la démarche de OneWeb sur la production des satellites (assurée en Floride par la filiale OneWeb Satellites, créée conjointement avec Airbus en 2015), et sur leur déploiement (confié à Arianespace, dans le cadre d’un contrat de 21 lancements signé la même année).

Pour l’heure, l’entreprise américano-britannique se séparerait d’environ 500 salariés, mais continuerait à assurer la gestion des 74 satellites d’ores et déjà en service, l’envoi du troisième lot remontant au 21 mars courant.

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