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Défense
Motorisation militaire: Un casse-tête chinois
Motorisation militaire: Un casse-tête chinois

| Baptiste Guillou 373 mots

Motorisation militaire: Un casse-tête chinois

Désormais en service actif, le WS-10B va profondément améliorer les capacités du "Dragon Vigoureux". Néanmoins, l'industrie chinoise devra résoudre le casse-tête concernant la motorisation du J-20. 

WS-10B 

Postée récemment sur le site d' une radio d'État chinoise, un cliché montre un J-10C opérationnel et motorisé pour la première fois par le WS-10B « Taihang » de conception locale mais dérivé du CFM-56. Si l’identification de l’appareil n’est pas permise du fait d’un floutage, il semblerait que ce J-10C appartienne à la 25th Air Brigade basé à Shantou/Waisha, qui dispose également du biplace d’entrainement J-10S. Le WS-10B se présente comme une version améliorée du WS-10 avec une poussée et une maniabilité accrues. Cette confirmation est donc une étape cruciale pour les motoristes chinois qui, depuis 2011 teste cette version sur le J-10 alors que le WS-10A équipe déjà les Shenyang J-11B et J-16.

Priorité militaire 

Malgré des investissements conséquents, l’APL ne parvient pas encore à se doter d’une gamme moteur complète de conception nationale. Pour cela, elle a fait appel à la Russie avec son turboréacteur Saturn AL-31F FN/FN3/M2 qui équipe en grande partie ses J-10A/B/C/S, J-11A et J-20 mais le "turbofan" WS-15 se fait toujours attendre. Dans le transport stratégique, la PLAAF doit compter sur le Soloviev D-30KP-2 pour ses premiers Y-20 avant l’arrivée en service du WS-20. Dans l’optique d’une autonomie complète sur ce secteur stratégique, Pékin avait entrepris de racheter discrètement l’ukrainien Motor Sich pour bénéficier de sa technologie, mais cette tentative s'était heurtée aux pressions de Washington.

Le casse-tête J-20

En essai sur les plateaux Himalayens au moins depuis 2016, le J-20 éprouverait de sérieuses difficultés à évoluer dans la haute altitude, pourtant possible terrain de conflit en cas d’affrontement avec l’Inde sur la LAC (Line of Actual Control). En effet, le chasseur de la Chengdu Aircraft Corporation (CAC) motorisé par le WS-15 afficherait des indicateurs de consommation excessifs par rapport aux AL-31F M2 Russes, réduisant fortement sa portée. Ce problème pouvant être résolu en augmentant les réserves de carburant, aux prix d’une diminution de la charge utile et de la maniabilité. De son côté, L’AL-31F M2 qui équipe les premiers lots de J-20 s’avère sous motorisé pour le combat en haute altitude, réduisant encore le champ des possibilités opérationnelles. Aussi Pékin expérimente le WS-10b3 à poussée vectorielle, présenté au salon de Zhuhai 2019 pour franchir le mur du son sans post-combustion.

 

 

 

 

 


 

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CHARLES FALCON | 17/05/2021 23:25

La lecture de l'article ne laisse pas de doutes sur le retard chinois en matière de motorisation. En arriver à développer un moteur militaire sur la base du cfm 56, un moteur civil qui a 20 ans d'âge au moins, laisse songeur. En fait la Chine, dans beaucoup de domaines technologiques, affiche encore, semble t'il, un net retard par rapport à l'Europe et aux USA.

Colombey-les-Deux-Mosquées الله عظيم | 19/05/2021 19:28

Avoir 200 milliard et s'être reposé sur les moteurs des autres fabriqués sous licence c'est ballot !

Elyo | 29/05/2021 09:43

On peut aussi penser que le reste des soi-disant réussites technologiques chinoises comme le J20 etc ... n’est que de l’enfumage du PCC destiné aux admirateurs crédules de l’Empire du Milieu. Il est vrai aussi que passer de producteur de quincaillerie en tous genres à la haute technologie est pas facile

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