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L’OPA de Blue Origin sur le programme lunaire Artemis
L’OPA de Blue Origin sur le programme lunaire Artemis
© P.-F. Mouriaux / Air & Cosmos

L’OPA de Blue Origin sur le programme lunaire Artemis

Jeff Bezos a probablement fait l’annonce la plus importante du 70e Congrès international d’astronautique, alors qu’il recevait le prix d’Excellence dans l’industrie de la Fédération internationale d’astronautique.

C’est la société américaine Blue Origin, fondée en 2000 par le milliardaire Jeff Bezos, qui a été désignée pour recevoir le premier prix de l’Excellence dans l’industrie de la Fédération internationale d’astronautique, créé par le Comité en charge des relations avec l'industrie.

Ce prix récompense un industriel ayant fait preuve « d’avancées exceptionnelles et durables dans le domaine spatial », illustrant « les mérites du leadership dans le développement et l'exécution de missions spatiales commerciales et civiles historiques », et constituant « un modèle pour la coopération au sein de l'industrie spatiale globale ».

Le premier lauréat a notamment été retenu pour le développement de son système de lancement réutilisable New Shepard et son moteur à hydrogène liquide BE-3.

 

Causerie au coin du feu.

A l’occasion de cette remise de prix, le 22 octobre lors de la journée de l’industrie du 70e Congrès international d’astronautique, Jeff Bezos s’est prêté à une « causerie au coin du feu » d’une demi-heure avec Pascale Ehrenfreund, la nouvelle présidente de l'IAF.

L’occasion pour le magnat du commerce en ligne de rappeler sa vision de l’exploration spatiale, convaincu qu’à terme des centaines de sociétés pourront exploiter les ressources extraterrestres, mais aussi de donner quelques informations fraîches sur ses projets à plus court terme.

Ainsi Jeff Bezos a-t-il confirmé que le premier vol du lanceur lourd New Glenn était fixé pour 2021, dévoilant des images spectaculaires de la manipulation d’une coiffe de 7 m de diamètre dans un gigantesque bâtiment en Floride.

Il a également précisé que le moteur BE-7 développé pour l'atterrisseur lunaire Blue Moon (dévoilé en mai dernier lors du congrès Satellite de Washington) comptait désormais 13 minutes de tests cumulés sur banc d’essai.

 

Bouquet final.

La « causerie » s’est surtout terminée par l’annonce, aussi inattendue que fracassante, de la mise en place d’un conglomérat pour répondre à l’appel à projets lancé par la Nasa le 30 septembre dernier pour développer un atterrisseur lunaire habité HLS (Human Landing System), dans le cadre du programme lunaire Artemis.

Sous l’appellation National Team for a national priority (Une équipe nationale pour une priorité nationale), Blue Origin s’est associée à deux poids lourds de l’industrie spatiale américaine, Lockheed Martin et Northrop Grumman, ainsi qu’au spécialiste des systèmes autonomes Draper.

L’organisation industrielle prévoit que Blue Origin (maître d’œuvre) fournisse l’atterrisseur Blue Moon, que Northrop Grumman produise « l’élément de transfert » (permettant à l’atterrisseur d’effectuer le trajet entre la station Gateway et une orbite lunaire basse), que Lockheed Martin se charge de l’étage de remontée (réutilisable), et que Draper développe les systèmes de guidage et de pilotage : a priori imparable.

L’annonce a valu à Jeff Bezos une standing ovation, incroyablement plus enthousiaste que les applaudissements qui ont suivi le discours du vice-président Mike Pence la veille, lors de la cérémonie d’ouverture de l’IAC 2019, qui comptait pourtant un public quatre fois plus nombreux.

Et le sujet est devenu l’objet de la plupart des discussions de couloirs pour les participants du Congrès.

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