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Défense
Le tir d'un missile nord-coréen en cause dans la fermeture de l'espace aérien ouest américain ?
Le tir d'un missile nord-coréen en cause dans la fermeture de l'espace aérien ouest américain ?

| Xavier Tytelman 596 mots

Le tir d'un missile nord-coréen en cause dans la fermeture de l'espace aérien ouest américain ?

L'espace aérien ouest américain a été brièvement fermé le 10 janvier, sans qu'aucune explication ne soit fournie. Il s'agirait a priori d'une réponse au test de planeur hypersonique réalisé par le régime nord-coréen.

Un épisode peu médiatisé

Le 10 janvier vers 14h30 heure locale, la FAA a émis un ordre d'interdiction de toute opération aérienne dans l'ouest des Etats-Unis. Cette pause, d'une durée de moins de 20 minutes avant un retour à la normale, n'a connu aucune explication et est apparemment inédite depuis les attentats du 11 septembre 2001. Des dizaines d'avions ont néanmoins eu le temps de recevoir l'ordre d'atterrir ou ont été interdit de décollage par les contrôleurs aériens d'une zone couvrant toute la côte Pacifique et Hawaï. De nombreuses publications reprenant ces échanges ont été partagés sur les médias sociaux (extraits à écouter en fin d'article), mais la courte durée d'interdiction n'ayant que peu impacté le trafic, l'événement n'a pas été largement médiatisé et aucune explication n'a été fournie de la part des autorités. 

Un communiqué qui apporte plus de questions que de réponses

Le lendemain, à 9h36 locale, la FAA a partagé un communiqué plus que succinct sur son compte Twitter, confirmant qu'une interdiction de vol avait bien été émise pour un quart d'heure, précisant qu'il s'agissait d'une mesure de précaution mais sans en préciser la cause. Mais le timing de l'interdiction correspond à des spéculations autour d'un nouveau test de missile balistique nord-coréen.

La Corée du Sud a en effet confirmé que le régime communiste hermite avait pour la deuxième fois procédé à un test en moins de 10 jours, un tir ayant été détecté à 7h27, heure de Séoul. 

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La communication de la FAA, confirmant l'événement sans apporter de réponse... ©
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Image partagée par la Corée du Nord pour illustrer son test balistique ©
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Un tir nord-coréen, option la plus crédible

Il existerait de nombreuses causes possibles pour une telle interdiction : dysfonctionnement majeur du contrôle aérien, menace sur la sûreté d'un avion finalement jugée peu crédible (comme le message entendu le 3 janvier par les contrôleurs aériens de New York et indiquant qu'un avion fonçait sur le Capitole en rétorsion à la mort du commandant iranien Soleimani deux ans plus tôt, tweet ci-contre), mais la concordance de l'épisode avec le tir d'un missile sol-sol depuis la Corée du Nord semble la piste la plus crédible. Le régime vient en effet d'annoncer le succès d'un test pour un planeur hypersonique le 5 janvier dernier, après que l'appareil ait été présenté au public en octobre.

Le test, d'une protée de seulement 500km, a été conduit pour rester dans les limites des espaces aériens et maritimes du pays, empêchant les autres pays de récupérer les éventuels débris des fusées lancées et devant démontrer la portée opérationnelle croissante des systèmes nord-coréens, au point de pouvoir prétendre toucher le territoire américain et Hawaï. Un communiqué nord-coréen et la photo ci-dessous doivent accréditer l'hypothèse d'un missile hypersonique dont la stabilité et les capacités manœuvrantes ont pu être confirmées par ces deux essais. L'agence sud-coréenne Yonhap a pour sa part précisé que le vecteur avait atteint la vitesse de Mach10.

Il est donc fort probable qu'une nouvelle procédure soit entrée en vigueur aux Etats-Unis, avec une fermeture de l'espace aérien à chaque tir du régime de Kim Jung Un, jusqu'à ce que la trajectoire réelle du missile puisse être déterminée et que tout risque puisse être levé pour l'aviation civile.

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Petrau | 16/01/2022 18:11

Les vecteurs hypersoniques qui paraissent quasiment invulnérables dans l'état de l'Art actuel, font peser une réelle menace sur les infrastructures lourdes et tout particulièrement sur les porte-avions. Les américains envisagent déjà de réduire de 8 à 4 leur programme de nouveaux PA. L'Inde envisage de construire de nouveaux sous-marins (nucléaires ?) au détriment d'un nouveau PA. La Russie n'a en chantier aucun nouveau PA. La Chine ? Je me répète à dire que construire un successeur au Charles de Gaulle est une hérésie. Parmi les priorités qui pourraient s'y substituer : le développement de vecteurs hypersoniques (missiles et planeurs) et peut-être plus encore les moyens offensifs et défensifs qui relèvent du cyberspace. Les russes testent régulièrement leur dispositif d'agression dans le cyberspace. Cela ne nous alerte pas suffisamment. Et pourtant, une attaque de ce type est à même d'anihiler complètement un pays et, à fortiori ses moyens militaires. Les leçons de l'histoire ne sont que rarement retenues et pourtant le désastre militaire de la seconde guerre mondiale résulte, pour ce qui est de la France, de son aveuglement à intégrer les nouvelles stratégies. Il existe une pensée qui dit que celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre.

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