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Le satellite émirien Falcon Eye : un grand contrat d'exportation militaire
Le satellite émirien Falcon Eye : un grand contrat d'exportation militaire
© Thales Alenia Space

| Pierre-François Mouriaux

Le satellite émirien Falcon Eye : un grand contrat d'exportation militaire

Retour sur le premier satellite de reconnaissance émirien, lancé le dernier lors de la mission VS24 d’Arianespace.

Trio gagnant français

Le contrat pour la vente aux Emirats Arabes Unis de deux satellites de reconnaissance optique avait été signé en juillet 2013, à l’occasion de la visite à Abou Dabi du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Estimé à 800 M€, il avait été remporté grâce à l’alliance d’Airbus Defence and Space (Astrium à l’époque), chargé de la maîtrise d’œuvre, et Thales Alenia Space (ex-Alcatel), fournisseur de la charge utile.

L’offre commune avait été préférée à celle de l'industriel américain Lockheed Martin.

Elle prévoyait également l’installation d’une station de contrôle au sol et la formation d'une vingtaine d'ingénieurs aux Emirats pour le compte des forces armées des Emirats Arabes Unis (UAEAF).

Le contrat de lancement (sur Vega ou Soyouz, en 2018 et 2019) avait pour sa part été signé en mars 2015 entre Airbus et Arianespace.

 

Caractéristiques techniques des satellites

Les deux satellites Falcon Eye (Œil de faucon) ont été assemblés sur des plateformes AstroBus.

Celles-ci avaient été utilisées pour les deux satellites français d'observation de la Terre Pleiades 1A et 1B, construits par Astrium pour le Cnes et lancés sur Soyouz depuis la Guyane en décembre 2011 et décembre 2012.

Chaque satellite a été équipé du système d'imagerie HiRI (High-Resolution Imager) de Thales Alenia Space, qui offre une résolution au sol de 70 cm sur une fauchée de 20 km.

 

Commande d’un troisième Falcon Eye ?

Le premier Falcon Eye, d’une masse de 1 197 kg au décollage, avait été perdu le 11 juillet 2019, lors de l’échec en vol du lanceur Vega lors de la mission VV15 d’Arianespace.

A la demande du client, le lancement du second exemplaire, a alors été transféré sur un lanceur Soyouz STA Fregat M mis en œuvre en Guyane.

Il est finalement intervenu à l’occasion de la mission VS24 d’Arianespace, le 2 décembre dernier, jour de la commémoration de la création de la fédération des Émirats Arabes Unis, en 1971.

Le vol s’est terminé par une mise sur orbite héliosynchrone réussie, avec une apogée de 611 km et une inclinaison de 97,9°.

On attend maintenant de savoir si les Emirats Arabes Unis passeront commande d’un troisième satellite pour remplacer celui qui a été perdu l’an dernier.

Sa police d’assurance combinée (contractée notamment auprès du réassureur allemand Munich Re) atteignait en tous cas un montant visiblement inédit pour le lancement d’un satellite optique : probablement 369 M€, pour le lanceur et son passager.

 

Nouveau contrat militaire à l’export imminent ?

Par ailleurs, les démarches se poursuivent pour la vente à l’étranger de nouveaux satellites d’observation duaux ou de relais de télécommunications sécurisées.

Pour le premier, Airbus met actuellement en avant les plateformes dérivées des satellites Pleiades Neo et des satellites plus compacts, similaires et complémentaires à ceux qui vont équiper la constellation de satellites d’observation de la Terre CO3D (Constellation Optique en 3D) du Cnes, dont le déploiement est prévu en 2023.

En attendant, il se murmure que la prochaine commande à la France d’un satellite espion pourrait venir de l’Egypte, après cinq années de négociations.

Allié des Emirats Arabes Unis, Le Caire cible le même théâtre d'opérations, la Libye, où les adversaires sont le Qatar et la Turquie.

La Mer Rouge est également une zone d'intérêt commune.

Thales Alenia Space (cette fois maître d’œuvre) et Airbus Defence and Space avaient déjà fourni à l’Egypte son premier satellite de télécommunications géostationnaire, Tiba 1.

Celui-ci avait lancé à l’aide d’une Ariane 5 à l’occasion de la mission VA250, le 27 novembre 2019.

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JoeBar | 10/12/2020 20:46

CO3D n'est pas une constellation de satellites du CNES, mais financé sur fonds propres par Airbus Defence and Space, le CNES apportant un financement complémentaire d'1/3 en échange de l'usage de la constellation en proportion. Le reste de services sera commercialisé directement par Airbus Defence and Space pour son propre bénéfice.

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