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Le New Shepard, pas à pas
Le New Shepard, pas à pas
© Blue Origin

| Pierre-François Mouriaux

Le New Shepard, pas à pas

Cet été, retrouvez notre sélection d’articles marquants parus dans nos colonnes au premier semestre 2020. Le 10 janvier, nous vous présentions douzième vol d’essai du futur lanceur touristique de Blue Origin.

Onzième succès d’affilée

Un brouillard persistant et des rafales de vent sur le site de Corn Ranch (Texas) entraînant report sur report, le douzième lancement depuis avril 2015 d’un lanceur suborbital New Shepard de Blue Origin, au départ prévu pour le 10 décembre à 14 h 30 UTC, n’a pu intervenir que le lendemain, à 17 h 53 UTC. Mais, au final, le onzième succès total d’affilée était de nouveau au rendez-vous, avec un décollage et un vol parfaits de l’étage et de sa cabine, puis leur récupération en douceur, à l’aide du freinage du moteur BE 3 pour l’étage, et sous parachutes pour la cabine. Le vol de cette dernière aura duré 10 minutes et 16 secondes, et culminé à 104,6 km d’altitude. C’est la neuvième fois que le New Shepard franchissait la ligne de Karman, fixée à 100 km pour désigner l’espace extra-atmosphérique, et qui doit être atteinte pour pouvoir prétendre au titre d’astronaute selon la Fédération Astronautique Internationale, comme n’ont pas manqué de le préciser les commentatrices du lancement en direct sur Internet – référence subliminale au fait que le SpaceShipTwo de Virgin Galactic ne devrait pas embarquer de passagers au-delà de 80 km d’altitude…

Accueillant à son bord 23 expériences pour le compte de dix clients, dont la Nasa et des universités, la mission NS 12 transportait sa centième charge utile commerciale depuis avril 2016 (c’est-à-dire en 9 missions). Ont également été embarquées des milliers de cartes postales contenant des dessins et des messages d’enfants, rassemblés dans le cadre du Club for the Future, lancé en mai dernier par Jeff Bezos, le fondateur de Blue Origin. Son objectif est d’inspirer les futures générations, de leur proposer d’imaginer l’expansion future de l’humanité dans l’espace, et de les encourager à embrasser des carrières scientifiques. La création de ce club avait été annoncée en clôture du congrès Satellite de Washington, à la même occasion que la présentation de l’atterrisseur lunaire Blue Moon (cf. A&C n°2641).

 

Sur plusieurs fronts

Lancer, atterrir, répéter. Le vol du 11 décembre, effectué avec le troisième exemplaire du New Shepard et la troisième capsule d’équipage, baptisée H. G. Wells, marque un nouveau record : la sixième utilisation consécutive d’un lanceur suborbital (la première remonte au 12 décembre 2017), « avec un minimum travaux de remise en état entre deux vols », ont précisé les commentatrices. Le deuxième exemplaire du New Shepard, lui, avait été utilisé à cinq reprises, entre novembre 2015 et octobre 2016. En juillet 2018, après le neuvième essai du New Shepard, la rumeur évoquait une première mission avec des « test passengers » en fin d’année (cf. A&C n°2605). Trois autres vols ont eu lieu avec succès depuis, le 23 janvier, le 2 mai et ce 11 décembre 2019 (soit un intervalle moyen de six mois entre les trois derniers essais), mais la perspective d’un vol habité reste toujours incertaine : « Nous avons encore quelques vols avant d'y arriver », a rapidement glissé Ariane Cornell, responsable des ventes et de la stratégie des vols d'astronautes chez Blue Origin, qui commentait à nouveau la retransmission du lancement. Cette approche progressive et mesurée, qui semble parfois contraster avec celle de SpaceX, n’empêche pas pour autant Blue Origin de mener plusieurs projets ambitieux en parallèle, dont quelques nouvelles images vidéos ont été diffusées durant le compte à rebours du vol NS 12 : les essais au banc à Corn Ranch du moteur BE-4 destiné aux futurs lanceurs New Glenn de Blue Origin et Vulcan de United Launch Alliance (cf. A&C n°2668), la construction de l’usine de production dudit moteur à Huntsville (Alabama), l’aménagement de l’usine du New Glenn sur Merritt Island (Floride), mais aussi le déménagement du siège de la société dans de nouveaux locaux à Seattle (Washington). Sans oublier le projet d’atterrisseur lunaire Blue Moon, désormais développé en partenariat avec Lockheed Martin, Northrop Grumman et Draper, comme annoncé lors du dernier Congrès international d’astronautique (cf. A&C 2662).

Article à (re)découvrir en téléchargeant le fichier ci-dessous.

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Domerc | 13/08/2020 00:45

Et surtout de faire du fric.... Quant aux générations futures elles vont devoir galérer car sans biodiversité = 0 tech et 0 d'humanité ?

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