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Défense
Le DoD publie sa stratégie dédiée à lutte anti-drones
Le DoD publie sa stratégie dédiée à lutte anti-drones
© US Army

| BOQUET Justine

Le DoD publie sa stratégie dédiée à lutte anti-drones

Le département à la défense américain a rendu public sa stratégie de lutte anti-drones. Au-delà de l'identification des menaces, l'ambition est de doter le département d'un cadre d'emploi et les forces de moyens d'action complémentaires, en faisant émerger des synergies.

Mini-drones.

Le département à la défense a publié le 7 janvier sa stratégie de lutte anti-drones. Celle-ci se concentre sur la menace représentée par les mini et micro-drones, un sujet dont se sont déjà saisies les forces américaines mais pour lequel il convient désormais de disposer d'une approche globale. Le DoD a ainsi fait le choix de concentrer cette stratégie sur le segment mini et micro-drones en tentant de faire émerger une réponse permettant de renforcer les synergies des forces mais également l'interopérabilité des systèmes employés avec ceux des alliés des Etats-Unis.

Le DoD part d'un constat simple pour justifier la nécessité de développer efficacement une stratégie LAD (lutte anti-drones). La vitesse de développement des technologies vient révolutionner l'environnement dans lequel opèrent les forces et fait peser de nouvelles menaces. Des systèmes à faible coût mais capables d'imposer de lourds dégâts sont désormais accessibles à tous et les drones en sont un exemple parfait. « Le Département doit protéger et défendre son personnel, ses installations et ses biens dans un environnement où les drones, dont le nombre est en constante augmentation, vont partager le ciel avec les aéronefs du DoD, vont opérer dans l'espace aérien des installations du DoD et seront employés par les adversaires de la Nation », met ainsi en avant la stratégie américaine. « Les essaims de drones opérant indépendamment ou de façon augmentée avec l'appui de systèmes habités, les algorithmes de reconnaissance faciale, la vitesse des réseaux de communication, tels que la 5G, vont créer un nouveau niveau de complexité. L'intégration de l'intelligence artificielle au sein de systèmes de drones va également introduire un changement crucial dans la façon de faire la guerre », complète le DoD.


Compétition internationale.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont bien pris conscience de la prolifération, à l'échelle internationale, des systèmes de drones et de la position de la Chine sur ce marché. Au-delà d'un simple concurrent pour son industrie, la Chine représente également un danger en permettant une commercialisation étendue de systèmes de drones, pouvant facilement être modifiés et ainsi représenter une menace, soit dans le cadre d'actions malveillantes soit par un emploi hasardeux de la technologie. Le DoD estime ainsi que la Chine détient 70% du marché mondial des drones. De même, la position russe sur le segment des drones semble préoccuper les Etats-Unis. « La Russie fait des drones une partie intégrante de ses futures capacités de défense », aussi bien pour des actions de reconnaissance ou d'attaque. Les Etats-Unis rappellent enfin les dommages causés par une attaque de drones, provenant d'Iran, sur des installations pétrolières saoudiennes, pour souligner la réalité de la menace drones.

« Aussi bien sur le territoire national qu'en dehors de nos frontières, les drones affectent les opérations des forces terrestres, navales, aériennes et spatiales. Avec des capacités de surveillance accrues, les acteurs malveillants peuvent collecter des renseignements critiques sur la position, la composition et l'activité d'une unité. […] Quand ces systèmes sont armés, les drones peuvent alors disposer d'une capacité de tirs de précision, peuvent conduire des attaques à partir de petites munitions, fournir une désignation laser pour la conduite de tir ou encore déployer des agents chimiques, biologiques ou radiologiques », met en avant la stratégie du DoD. On notera ainsi que le département de la défense connaît parfaitement le spectre de menaces auquel il doit faire face. Si la captation de renseignement fait partie des risques, les forces souhaitent également se prémunir contre les frappes. Une menace de plus en plus réelle, alors que les munitions téléopérées [NDLR : loitering munitions] semblent se répandre.

 

Réponse technologique.

Si le DoD a attendu janvier 2021 pour publier sa stratégie de lutte anti-drones, ce n'est pas pour autant que la menace n'avait pas d'ores et déjà été étudiée. De nombreux systèmes ont été acquis par les forces américaines, parfois sur étagère parfois dans le cadre de programmes de R&D. Or, désormais, alors que des solutions hétérogènes viennent équiper les forces, il existe pour le DoD un véritable enjeu quant à l'intégration de ces systèmes, couplé à celui de la rationalisation, puisque des doublons existent. Disposer de technologies interopérables, dotées d'une architecture ouverte, apparaît cruciale afin de pouvoir apporter une réponse globale à la menace. Les matériels doivent par exemple pouvoir être connectés à un C2 (command&control), grâce à un développement sous un format plug&play, afin de pouvoir faire communiquer les différents systèmes et compiler les informations collectées.

Outre la nécessité de pouvoir faire communiquer les différentes solutions de LAD, elles devront également pouvoir être interopérables avec l'ensemble des systèmes de défense, dans une approche de bulle de combat.


Force conjointe.

Le DoD souhaite désormais passer en revue l'ensemble de ses capacités et évaluer les besoins futurs dans le domaine de la LAD, en intégrant les évolutions technologiques des systèmes de drone. Par la suite, l'objectif est de pouvoir doter la force conjointe, soit l'ensemble des armées, de solutions interopérables, pouvant être employées dans le cadre d'une doctrine commune, aussi bien au niveau des forces américaines que des forces alliées. Le département à la défense estime ainsi que leur approche doit être compatible avec celle des pays partenaires des opérations. « La coopération avec nos alliés et partenaires pourra inclure des opportunités d'échanges technologiques, des investissements conjoints et des systèmes aux standards communs », ajoute la stratégie du DoD.

Comme l'a fait la France, le DoD adoptera une approche par type de menace afin d'identifier les solutions les plus adéquates, selon les étapes classiques de la LAD : détection, identification, neutralisation.


 

Retrouvez dans le numéro du 15 janvier d'Air&Cosmos, un article consacré aux loitering munitions et aux doctrines visant à lutter contre ces systèmes. 

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