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L'Agence spatiale européenne engage une mission de défense planétaire
L'Agence spatiale européenne engage une mission de défense planétaire
© ESA

| Pierre-François Mouriaux

L'Agence spatiale européenne engage une mission de défense planétaire

L’Europe se prépare aux côtés des Américains à se protéger d'astéroïdes géocroiseurs qui menaceraient la Terre.

OHB décroche le pompon

L’ESA a attribué le 15 septembre au constructeur allemand OHB la construction d’Hera, la première mission européenne de défense planétaire.

Le montant du contrat s’élève à 129,4 M€, pour un total de 300 M€ représentant l’ensemble de la mission.

Il comprend la conception détaillée, la fabrication et les tests de la sonde, qui seront réalisés conjointement avec 17 États membres de l’Union européenne.

L’étude préliminaire avait également été confiée à OHB, en août 2018, pour un montant de 4,5 M€.

 

Une assurance-vie pour la Terre

Baptisée comme la déesse grecque du mariage, la mission Hera constitue la contribution européenne au programme Aida (Asteroid Impact & Deflection Assessment), une initiative internationale initiée par la Nasa.

Objectif : la déflexion d’astéroïdes géocroiseurs qui constitueraient une menace pour la Terre.

Prévue pour 2024, elle sera la première sonde au monde à effectuer une exploration prolongée d’un système de deux astéroïdes : Didymos.

Les astéroïdes binaires constituent une catégorie peu connue des astronomes, bien qu’ils représentent environ 15 % des astéroïdes identifiés.

La mission Hera essaiera de déterminer s'il est possible de dévier de sa trajectoire un astéroïde qui pourrait entre en collision avec notre planète, afin de valider stratégie prête à être déployée pour prévenir une menace réelle.

L’initiative fait partie, démonstration à grande échelle de la déviation d’un astéroïde pour la défense planétaire.

« C’est une mission digne d'une aventure d'Indiana Jones, qui va offrir plein de belle science, donc du rêve, et nous permettre de nous préparer bien avant d'en avoir besoin, s’enthousiasme sur LinkedIn l’astrophysicien français Patrick Michel, responsable scientifique (Principal Investigator) de la mission à l’Observatoire de la Côté d’Azur. D'autres risques à faible probabilité que nous vivons actuellement nous démontrent que, quand les conséquences sont potentiellement grandes, ça vaut la peine, surtout quand les budgets sont raisonnables et qu'on a toutes les compétences pour cela. »

 

TAS à bord

Le centre de contrôle de mission sera basé à Darmstadt, en Allemagne, au Centre européen des opérations spatiales Esoc.

Thales Alenia Space fournira le système de communication et d'autres équipements clés de la sonde, qui permettront son suivi, son contrôle et la réception de ses données de radioscience à une distance allant jusqu’à 500 millions de kilomètres.

Thales Alenia Space en Espagne sera responsable du système de communication en bande X et dirigera un consortium industriel.

Celui-ci comprend notamment Thales Alenia Space en Italie, responsable du transpondeur dans l’espace lointain, et Thales Alenia Space en Belgique, responsable des équipements TWTW destinés à amplifier les fréquences et fournisseur du PCDU, le noyau électrique de la sonde.

Après son arrivée autour de l’astéroïde binaire, Hera lancera deux cubesats, dont le CubeSat Milani développé par le département des sciences et technologies aérospatiales de l’École polytechnique de Milan (Politecnico di Milano).

 

Un précédent projet de mission à destination d’un astéroïde, baptisé Asteroid Impact Mission, avait été mené par le passé par l’Agence, puis abandonné en 2016 faute de financement.

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