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L’activité spatiale chinoise, base par base
L’activité spatiale chinoise, base par base
© Air & Cosmos / Google Earth d'après un document Bryce

| Pierre-François Mouriaux

L’activité spatiale chinoise, base par base

Cet été, retrouvez notre sélection d’articles marquants parus dans nos colonnes au premier semestre 2020. Le 26 juin, nous vous présentions un rapport assez rare sur les bases spatiales chinoises, réalisé par le cabinet américain Bryce.

Quatre bases spatiales et une plateforme mobile en mer

La Chine, cinquième puissance historique à disposer d’un accès autonome à l’espace après l’Urss (1957), les Etats-Unis (1958), la France (1965) et le Japon (1970), est rapidement devenue une puissance de premier rang. En 2011, elle a dépassé pour la première fois les Etats-Unis en nombre de lancements orbitaux annuels et, selon le cabinet Bryce, affichait au 31 décembre 2019 un total de 347 missions, dont 334 réalisées à l’aide de lanceurs Longue Marche. Ces lancements ont été effectués depuis quatre bases différentes et une plateforme mobile en mer, dont voici la présentation synthétique.

 

Le centre de Jiuquan (JSLC)

Le plus ancien et le plus important centre spatial chinois (également appelé Base 20) se trouve dans la région de Mongolie Intérieure (nord-ouest du pays), dans le désert de Gobi, à 150 km au sud de la frontière entre la Chine et la Mongolie. Il s’étend sur 2 800 km2, à une altitude moyenne de 1 000 m, et dispose actuellement de deux pas de tir fixes (un tracteur-érecteur-lanceur TEL ayant été utilisé la mise en œuvre du microlanceur Smart Dragon). Il est utilisé pour les lancements de satellites de reconnaissance et d'observation de la Terre, ainsi que pour l’envoi de taïkonautes à bord des vaisseaux Shenzhou.

 

Le centre de Xichang (XSLC)

Dédié aux lancements de satellites de télécommunications géostationnaires et de navigation chinois, le centre de Xichang (également appelé Base 27) est implanté dans la province de Sichuan, au sud-ouest du pays, dans un site enclavé et particulièrement peuplé. Les retombées de morceaux de lanceurs sont aujourd’hui systématiquement relayées sur les réseaux sociaux et, en attendant de développer le moyen de contrôler la chute des premiers étages dans une zone de 100 m de côté (à l’aide d’ailettes grillagées), les incidents restent nombreux – l’échec en vol d’une Longue Marche 3B en février 1996 aurait provoqué la mort de plusieurs centaines d’habitants d’un village voisin…

 

Le centre de Taiyuan (TSLC)

Situé à 1 500 m d’altitude dans les vallées des montagnes de Lullang, dans la province du Shanxi, au nord-est du pays, le centre de Taiyuan est destiné aux lancements de satellites vers l’orbite polaire. Il tire son nom de la capitale de la province, bien que celle-ci soit distante de quelques 285 km, et dispose de deux pas de tir actifs (le Kuaizhou 1A pouvant être mis en œuvre à l’aide d’un TEL).

 

Le centre de Wenchang (WSLC)

Le plus récent centre spatial chinois a été aménagé sur la côte nord-est de l'île de Hainan, une île tropicale touristique située au sud de la Chine, non loin des côtes vietnamiennes. Il remplace un ancien centre de fusées sondes et dispose actuellement de deux pas de tir, dédiés aux lanceurs Longue Marche 5 et 7. Sa latitude méridionale (19,38° N) accroit la performance des lanceurs pour des missions vers l’orbite de transfert géostationnaire par rapport à Xichang, et sa situation en bord de mer limite les risques pour les populations avoisinantes.

 

La plateforme mobile en Mer Jaune

En juin 2019, la Chine a effectué son premier lancement orbital depuis une base de lancement flottante, déployée en mer Jaune afin de se rapprocher de l’équateur et mettre en œuvre un Longue Marche 11, à l’image des anciennes plateformes pétrolières San Marco, Santa Rita et Sea Launch.

 

Article à (re)découvrir en téléchargeant le fichier ci-dessous.

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