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Défense
La Turquie abandonne le système de défense antimissile chinois
La Turquie abandonne le système de défense antimissile chinois
© DGA

| Antony Angrand

La Turquie abandonne le système de défense antimissile chinois

Le ministre de la défense turc a finalement annoncé que le système de défense antimissile chinois ne serait pas retenu pour assurer la défense de l'espace aérien turc, face à l'Eurosam et au Patriot. Le système chinois présentait l'avantage d'être nettement moins coûteux que ceux proposés par la conccurence européenne et américaine. La Chine avait promis des transferts technologiques qui auraient permis au turcs d'opérer leur système indépendamment et même peut-être de le répliquer. 

Manifestement, les transferts technologiques n'ont visiblement pas été à la hauteur des attentes turques. "Ils ont tout simplement refusé de nous donner ce que nous demandions", a commenté un haut fonctionnaire turc travaillant au cabinet du premier ministre, avant d'ajouter "c'est pourquoi nous allons développer notre propre système". 

En 2013, lorsque le gouvernement turc avait décidé de retenir CPMIEC (China Precision Machinery Import and Export Corporation), entreprise d'état chinoise, une véritable levée de boucliers s'était dressée. Pour plusieurs raisons. La première réside autour de l'incompatibilité du système chinois Fang Dun 2000 (version export du HQ-9) avec ceux de l'Otan (lesquels assurent la moitié de la défense de l'espace aérien turc), sans parler de la crainte de l'Otan de voir les chinois pirater les systèmes occidentaux. CPMIEC fait également l'objet de sanctions américaines en raison de la livraison d'armes à l'Iran, la Corée du Nord et vraisemblablement la Syrie, pays sous embargo. 

Si la vente du système chinois à la Turquie avait abouti, les sociétés turques officiant dans le domaine de l'aéronautique, qui collaborent notamment à des programmes internationaux tels que le F-35, auraient été inévitablement impactées. Parmi ces sociétés figurent Roketsan, qui produit notamment des roquettes, munitions mais également certains éléments du Stinger et du Rapier, Aselsan laquelle est spécialisée dans les communications, systèmes de guidage et autres radars. Sans mentionner le reste de l'industrie aéronautique turque.

Sous pression, Ankara a donc été forcé de reconsidérer son choix. Restent donc en lice Raytheon et Lockheed Martin côté américain ainsi que le consortium franco-italien Eurosam avec le missile sol-air à longue portée SAMP/T qui équipe d'ailleurs l'armée de l'air française (Mamba)... Et qui se positionne en numéro deux. Le principal problème posé par le Patriot repose sur son absence relative de mobilité, considérant son électronique de puissance remontant aux années 1970, qui en font un système surdimensionné, lourd et plutôt volumineux par rapport aux générations plus récentes. 

La Turquie justifie l'abandon du système chinois par sa volonté de développer son propre système de défense. Raison pour laquelle Ankara est à la recherche d'une collaboration avec une nation et négocie actuellement avec la France. Le SAMP/T, pensé pour s'intégrer dans la structure Otan, pourrait ainsi connaître une version spécifiquement turque. Quoi qu'il en soit, le développement d'un tel système prendrait au bas mot une vingtaine d'années.

 

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