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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #39 : l’archipel Furneaux
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #39 : l’archipel Furneaux
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #39 : l’archipel Furneaux

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, une petite île du bout du monde localisée dans l’archipel F

Le 24 mars 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue d’une île de l’archipel Furneaux dans le détroit de Bass, avec le commentaire suivant : « Rapidement avant notre sortie : bienvenue aux antipodes ! Détroit de Bass, entre la Tasmanie et l'Australie continentale ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 27 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif à 1 150 mm de focale. Le Nord est à 7 heures. Nous sommes dans l’archipel Furneaux, au-dessus de l’île Inner Sister Island (l’île sœur intérieure, en français), entre l’Australie et la Tasmanie. Elle se situe à environ 350 km au sud sud-est de Melbourne (Australie) et à 300 km au Nord de Hobart (la capitale de la Tasmanie). Plus précisément, nous sommes à 1 km au nord de l’île de Flinders et à 3 km au sud sud-ouest de l’île Outer Sister Island (en français l’île sœur extérieure).

L'archipel Furneaux est un ensemble de 52 îles tasmaniennes situées à l'extrémité est du détroit de Bass, entre la Tasmanie au sud et l'État de Victoria au nord, en Australie. A l'époque glaciaire (il y a entre 12 000 et 18 000 ans), ces îles formaient une chaîne de montagne entre la Tasmanie et le continent australien. Elles doivent leur nom à l'explorateur anglais Tobias Furneaux qui visita la région en 1773. Cet archipel bénéficie d'un climat tempéré doux avec des précipitations d’environ 700 mm par an et les vents peuvent y être violents ainsi que les courants marins forts. La plus grande des îles est Flinders Island, puis plus au sud Cape Barren Island et enfin Clarke Island. Ce sont les seules îles habitées en permanence de l'archipel (l'archipel comptant environ 900 habitants).

Quant au détroit de Bass (orienté est-ouest), c’est un bras de mer de 300 km de long par 200 km de large environ et 50 mètres de profondeur. Il porte le nom du médecin George Bass qui accompagnait l'explorateur britannique Matthew Flinders, qui le franchit en 1798 prouvant que la Tasmanie est une île isolée de l'Australie.  Le détroit de Bass relie l'océan Pacifique Sud à l'océan Indien. Ce bras de mer comprend des récifs de coraux et de nombreuses îles, principalement dans sa partie sud.

Mais revenons au cliché de Thomas Pesquet. L’Inner Sister Island, au centre du cliché, présente une côte rocheuse et déchiquetée sur l’ensemble de son pourtour, à l’exception de 4 petites baies où le sable blanc semble chaud ! D’abord, la petite House Bay en haut de l’île sur l’image (au sud de l’île dans la réalité) et son promontoire nommé Deadmans Rock. Ensuite, Elbow Bay dans l’angle haut gauche (à la pointe nord-est dans la réalité). Puis deux grandes baies et leurs plages de sable, sans nom. Enfin, tout en bas à droite Ketch Rock, un promontoire rocheux (pointe nord-ouest dans la réalité).

Cette île fait partie de l'aire de conservation des îles Sister. Inhabitée, elle est composée de granite (une roche plutonique magmatique) et de dolérite (une roche éruptive dense), et sa superficie est d’environ 750 hectares. On y trouve de nombreuses espèces animales sauvages comme des oiseaux marins –et notamment des limicoles (échassiers, huîtriers...) –, des petits pingouins, et des goélands (argenté, austral). On y trouve aussi des reptiles comme les scinques (une famille de lézards), les pythons à lèvres blanches et les serpents-tigre (une espèce endémique à l’Australie et la Tasmanie). Enfin, on y trouve quelques mammifères, dont le célèbre bandicoot rayé de l’est (un marsupial), le nocturne et solitaire pademelon à ventre rouge (endémique à la Tasmanie), et le lièvre européen introduit.

Retrouvez l’image sur Google Maps !

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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