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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #26 : une plage au Brésil
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #26 : une plage au Brésil
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #26 : une plage au Brésil

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le littoral atlantique, à l’extrême sud-est du Brésil.

Le 19 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du littoral brésilien, avec le commentaire suivant : « Le vent sculpte les dunes de sable sur une plage au sud du Brésil… probablement un super spot de kitesurf ! »

L’image a été prise depuis l’ISS le 4 février dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Le Nord est à 11 heures. Nous sommes au-dessus du Brésil, à environ 300 km au nord de l’Uruguay, dans l’Etat du Rio Grande do Sul. Plus précisément, nous sommes entre les villes de Pelotas et Rio Grande (au sud-ouest) et la capitale de l’état Porto Alegre (au nord-ouest), sur le cordon littoral bordant la partie ouest du lac ouvert Lagoa dos Patos (la lagune des canards). Cette vaste étendue d’eau (au moins 300 km de long), qui finalement est un fleuve, se trouve alimentée par les fleuves Sinos, Cai, Gravatai mais surtout par le Rio Jacui qui devient peu après son magnifique delta, à Porto Alegre, le fleuve Rio Guaíba. Ici le climat est subtropical humide.

Mais revenons au cliché et à son triptyque. Ce petit bras de terre (une presqu’île en somme) se trouve dans la partie nord du Parque Nacional da Lagoa do Peixe (la lagune aux poissons), un petit parc naturel d’une centaine de kilomètres de long.

On observe tout d’abord dans le tiers droit de l’image, la houle de l’océan Atlantique Sud. Ce n’est pas visible sur le cliché, mais l’océan n’est pas très profond sur une bande d’environ 1 km de large depuis la côte. Ensuite, le fond sous-marin plonge sur une bande d’environ 100 km de large : c’est le plateau continental. Puis, après un talus abrupt, il plonge à nouveau vers les grandes profondeurs et les plaines abyssales, en direction de la lointaine et très profonde dorsale médio-atlantique.

On observe ensuite, au centre du cliché et en diagonal, un vaste cordon dunaire (jaunâtre sur le cliché de Thomas Pesquet, mais blanchâtre dans la réalité), parfois large de plusieurs kilomètres, l’estran (qui est appelé couramment la plage) large d’environ 20 mètres, ainsi que le rivage et les vagues qui viennent y mourir. Pour la plupart, ces dunes sont actives et une végétation rase colonise seulement quelques espaces entre ces accumulations sableuses. Ces dunes longitudinales (elles étaient individuelles à leur formation puis sont devenues coalescentes sous un vent secondaire) sont clairement des formations mises en place sous un vent dominant venant du large (du haut vers le bas de l’image, provenant du nord-nord-est dans la réalité). Notez les deux beaux croissants individuels (des barkhanes), en bas à droite du cliché.

Trois petites étendues d’eau sont visibles sur la gauche du cordon dunaire. Le petit lac du bas de la photographie se nomme Lagoa de Sao Simao. Celui tout en haut (en forme de coeur inversé) se nomme Lagoa do Papagaio.

On observe enfin sur le tier gauche de l’image, une zone végétalisée, combinant des parcelles de forêts et des parcelles agricoles, cultivées ou pâturées. Le tout est traversé par des routes et des chemins, et parsemé de quelques fermes et hangars agricoles. Avec un peu d’attention, on retrouve même des parcelles récemment défrichées, où la surface du sol n’a pas encore pris sa patine… Ce parc est un site Ramsar depuis 1993.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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spitfire | 03/03/2017 15:09

chers amis, merci encore pour cette sublime photo envoyée de Thomas Pesquet!!!!!

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