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Défense
La Russie et la Corée du Sud se rapprochent
La Russie et la Corée du Sud se rapprochent

| Marek Kaminsky 622 mots

La Russie et la Corée du Sud se rapprochent

Moscou et Séoul s'offrent mutuellement une alliance de revers

Accord de coopération

Le gouvernement russe a rendu public le 14 juillet dernier l’accord de coopération dans le domaine de la défense entre la Russie et la Corée du Sud. Le document avait été signé le 29 mars dernier, ce qui n’est pas une coïncidence. Quelques jours avant, le 25 mars, Séoul et Moscou fêtaient le 30ème anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. L’accord prévoit des échanges dans les domaines de la sécurité globale et régionale, la topographie et la formation militaires. Les signataires du document sont le vice-ministre de la défense Park Jae-Min et son homologue russe Alexandre Fomine, qui « couvre » les questions de coopération militaire, militaro-technique, et la direction de la coopération internationale au ministère. Cet officier de carrière depuis 1977- avec le grade de général-colonel – était à Séoul le 29 mars dernier pour rencontrer ses homologues.

Marché d'armement

Si le traité ne le nomme pas expressément, c’est la Corée du Nord qui est dans le collimateur de cet axe Séoul-Moscou. La Russie a toujours été partagée sur le programme nucléaire militaire nord-coréen, et a même aidé le renseignement américain dans les années 90. Cet accord formalise et consolide des relations qui existaient déjà auparavant, comme le montrent les nombreux arrêts que la Marine sud-coréenne a effectué ces dernières années dans les ports de l’Extrême-Orient russe (par exemple arrêt dans le port de Vladivostok d’un destroyer de la classe Yi Sun-Sin en septembre 2016) ou la signature en septembre 2017 d’un accord pour la création d’une ligne sécurisée (et cryptée) entre les dirigeants des deux pays. Cet accord est également une manière pour la Russie d’influencer potentiellement Séoul, au détriment des américains. Séoul ne tient pas à dépendre exclusivement des Etats-Unis, tandis que Moscou veut pouvoir jouer un rôle plus important dans la péninsule coréenne, qui lui est frontalière, sans passer par Pékin et au détriment de Washington. Sans tout miser sur Pyongyang.  Et par conséquent se positionner en "Missi Dominici" dans le cas de nouvelles tensions entre les deux Corées, d'autant que Pyongyang dépend énormément de l'aide économique et technologique russe. Mais il s'agit potentiellement de « pousser » le matériel militaire russe en Corée du Sud. Depuis les années 90, Séoul a acheté une soixantaine d’hélicoptères Ka-32 – pour la protection de sa frontière maritime- ; des Ka-52 « Alligator » ; des tanks T-80Ou ; des véhicules de combats d’infanterie BMP-3 ; des systèmes de missile sol-air portatif 9K38 Igla ; des missiles antichar 9K115-2 Metis-M. Sans oublier l’envoi, depuis le cosmodrome de Plesetsk, de plusieurs satellites, dont le Kompsat-2 utilisé par le service coréen de renseignement sud-coréen (Gukga Jeongbowon) pour observer la Corée du Nord. Ou encore l’aide apportée par Amlaz-Antey et MKB « Fakel » pour le développement du système de missiles surface-air KM-SAM, également appelé Cheolmae-2. Enfin n'oublions pas que Séoul était également l'un des prospects du Su-57 

Double jeu

L’URSS puis la Russie avaient, jusqu’au milieu des années 90, privilégié la Corée du Nord (Accord de coopération et d’amitié de 1961, dont un des articles prévoyait une assistance militaire mutuelle en cas d’attaque contre l’un des signataires) puis du Sud au détriment de Pyongyang. Si la Russie, à partir de 2000, a cherché à entretenir de bonnes relations avec les deux Corées (Signature avec Pyongyang le 20 juillet 2000 de l’accord d’amitié, de bon voisinage et de coopération en remplacement de l’accord de 1961 ; signature d’un mémorandum relatif à la coopération matérialo- technique en février 2001 avec Séoul), Moscou reprivilégie désormais la Corée du Sud, avec qui les relations commerciales et économiques sont beaucoup plus développées (le montant des échanges commerciaux a atteint 22,34 milliards de dollars en 2019 entre Moscou et Séoul). Et ce même si la Corée du Nord constitue une zone tampon précieuse en cas de conflit avec les Etats-Unis.

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aero | 18/07/2021 00:04

la russie n'est pas union sovietique la russie une république par les autre dans l'union sovietique Le communisme est mort c'est terminé en russie depuis plus de 30 ans L’URSS puis la Russie avaient, jusqu’au milieu des années 90 ????

Passager | 19/07/2021 13:29

Euh, la corée du sud n'a dans les faits jamais acheté de char et équipement russes. C'est l'URSS et la jeune fédération de Russie qui pour rembourser ses dettes envers le pays ont payé en nature.

Aldo | 19/07/2021 14:28

Attention au matériel américain qui pourrait être "disséqué"

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