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La constellation Kinéis sera lancée sur Electron
La constellation Kinéis sera lancée sur Electron
© Rocket Lab

| Pierre-François Mouriaux 580 mots

La constellation Kinéis sera lancée sur Electron

Le futur fournisseur français de connectivité globale par satellite a retenu l’opérateur de lancement américain d’origine-néo-zélandaise Rocket Lab pour déployer sa constellation sur orbite basse d’ici 18 mois.

Connecter des millions d’objets

Créée à Toulouse en 2018 à l’initiative du Cnes et de sa filiale CLS (Collecte Localisation Satellites), la startup Kinéis développe une constellation du même nom dédiée à l’Internet des objets (IoT - Internet of Things).

L’objectif est de permettre, d’ici à 2030, de relier facilement et pour un prix abordable, plusieurs millions d’objets, où qu’ils se situent sur la surface du globe, en temps réel ou quasi-réel, pour les professionnels et le grand public, principalement dans les domaines de l'agriculture, la logistique les transports et l'énergie – cf. Air & Cosmos n°2610.

Une levée de fonds de 100 M€ avait été réalisée dans cette perspective l’an dernier, tandis que l’industriel franco-italien Thales Alenia Space était retenu pour la fabrication des charges utiles, aux côtés de deux PME françaises, Hemeria (à Toulouse) et Syrlinks (près de Rennes).

La première PME fournit la plateforme Nanosat, et la seconde apporte son support au développement de l’instrument.

 

Déploiement à partir de l’été 2023

Le 8 septembre, Kinéis a officialisé la signature avec l’opérateur de lancements d’origine néo-zélandais Rocket Lab d’un contrat multi-lancements pour le déploiement de sa constellation.

L’accord, dont le montant reste confidentiel, concerne la mise à poste sur orbite basse (à 650 km d’altitude) de 25 nanosatellites 16 U de 30 kg chacun, à l’occasion de cinq missions dédiées, visant chacune un plan orbital différent.

Les lancements devraient être effectués à l’aide du microlanceur Electron (équipé de son étage Kick stage), depuis la Nouvelle-Zélande, entre avril et décembre 2023.

La durée de vie annoncée de chaque satellite est de huit ans.

 

Un choix d’abord opérationnel

Kinéis a donné sa préférence à Rocket Lab avant tout pour des raisons opérationnelles, le lanceur Electron (qui affiche la mise à poste réussie de 105 charges utiles entre mai 2017 et le 29 juillet dernier) étant capable de placer chaque satellite de la constellation sur le plan orbital choisi, lors de missions exclusives.

Un certain nombre de manœuvres orbitales, coûteuses en ergols et en temps, seront ainsi évitées. Elles permettront au futur opérateur français d’ouvrir un service opérationnel complet à ses clients, quelques mois seulement après le lancement initial.

D’aucuns regretteront qu’un lanceur européen n’ait pas été privilégié, d’autant que le projet Kinéis est français et financé sensiblement à moitié par des institutions publiques : le Cnes (à 26 %), la BPI (à 20 %) et l’Ifremer (à 4 %).

La startup nous répond d’une part qu’elle n’est pas légalement soumise à la préférence européenne, étant majoritairement privée, et que d’autre part le choix d’embarquer sur un lanceur européen dans le cadre d’une mission partagée était incompatible avec ses besoins calendaires.

 

Pas encore de solution adaptée en Europe

« Ce sont avant tout des considérations techniques qui ont guidé notre choix, nous explique Kinéis. En effet, notre constellation doit être déployée sur cinq orbites différentes dans un temps contraint (neuf mois). Compte-tenu du faible poids de nos satellites (30 kg), nous ne pouvons embarquer qu’en passager secondaire sur un lanceur européen comme Vega. Cela aurait nécessité soit d’avoir cinq tirs en passager secondaire qui coïncident parfaitement avec nos orbites cibles dans le délai souhaité, soit d’ajouter une propulsion imposante sur nos 25 satellites pour leur permettre d’être tirés tous en une seule fois et rejoindre ensuite leur orbite cible. Or ces cinq tirs nécessaires n’existent pas, et par ailleurs nous souhaitions privilégier un design léger et moins gourmand en énergie pour nos satellites. Nous avons donc naturellement choisi un microlanceur avec des vols dédiés et, à ce jour, il n’en existe pas encore de [solution] mâture venant d’une société européenne ».

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Petrau | 09/09/2021 18:10

Il est affligeant de constater que la France qui avait, en son temps, été pionnière en matière d'astronautique ne soit même pas capable de faire émerger (par le secteur privé ?) une filière de micro-lanceurs dédiés au lancement de micro-satellites. Et de grâce, ne confions pas cette mission à Arianespace qui est une structure beaucoup trop lourde gage de coût élevé et de retard. Sans même parler de cette imbecilite qu'est le retour géographique. Les allemands ont bien compris le problème et financent d'ores et déjà une filière de micro-lanceurs issue de son industrie privée.

patrico | 10/09/2021 13:29

Je suis sidéré que notre pays France n est pas ses propres lanceurs ! Ce reposant sur une machine énormement lourde qu est Ariane espace, sur laquelle ont s appuis et ou on perd un énorme temps sur les autres pays du monde ! Qui avancent developpent lancent aux pas de charges ! Alors que la France a été la pionnière du Monde ! C est incroyable cette distanciation technologique que l on accepte dans les salons dorés ! Je rajouterais une couche avec les Drones figthers effecteurs et TLE H Altitude ! Que je dénonce depuis de nombreuses années ! Cela m est désolant de voir que tout cela soit d un naturel ou d un constat vachement cool ! !

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