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Industrie
Filière aéro : vers un fonds de soutien aux PME-ETI
Filière aéro : vers un fonds de soutien aux PME-ETI
© Dassault Aviation

| Yann Cochennec

Filière aéro : vers un fonds de soutien aux PME-ETI

Le ministère de l'Economie et la filière aérospatiale travaillent sur la mise en place d'un fonds de soutien aux PME-ETI. Reste encore à en définir le montant et les modalités de distribution.

L'équivalent de sept années "blanches"

L'annonce faite par Airbus de réduire ses cadences de production de ses avions commerciaux d'au moins 30 % sur l'année 2020, et voire même sur l'année 2021, affecte logiquement les différents acteurs de la "supply chain" du constructeur européen. Certains experts estiment que Airbus livrera moins de 600 avions cette année (590), soit un retour au niveau de l'année 2012 (588). En clair : l'équivalent de sept années "blanches" ou comme si le temps s'était suspendu entre 2012 et 2019 pour Airbus en termes de production. Des estimations qu'il faudra voir se confirmer. Mais, en attendant, c'est toute la supply chain qui est prise à revers, confrontée à des baisses de charge après avoir investi pendant des années pour tenir les hausses de cadences des maîtres d'oeuvre, avionneurs et motoristes.

Un soutien de plusieurs Md€

Pas surprenant donc que le gouvernement soit mobilisé sur l'enjeu et qu'un des outils envisagé soit la mise en place d'un fonds de soutien dédié aux acteurs de la supply chain, PME et ETI. "Nous allons élaborer un plan de soutien à la filière aéronautique, avec éventuellement la mise en place d'un fonds d'investissement destiné à soutenir ses sous-traitants, ses PME et tout ce tissu industriel qui fait vivre Airbus", a indiqué Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances. Reste à en définir le montant. Pour le président du Gifas, Eric Trappier, qui est aussi président de Dassault Aviation, "l'unité de mesure est celle du milliard d'euros. Il pourrait s'élever à deux, voire trois milliards d'euros. Nous en sommes encore à évaluer précisément les besoins". Et le président du Gifas d'évoquer le nombre de plusieurs dizaines de sociétés à être potentiellement bénéficiaires de ce futur fonds de soutien.

Equipe dédiée au Gifas

"Nous avons créé une équipe dédiée à la gestion de cette crise au sein du Gifas. Elle doit notamment établir la cartographie des entreprises les plus fragiles. Les pouvoirs publics ont rapidement réagi dès le début de la crise, notamment avec les mesures liées au chômage partiel. Mais la chaîne d’approvisionnement subit de plein fouet ce frein dans les livraisons d’avions", souligne Eric Trappier qui précise que 30% à 35% des salariés de la filière aérospatiale française sont aujourd'hui en chômage partiel, le restant se répartissant à égalité entre télétravail et travail sur site. Des effectifs qui risquent fort d'être désormais orientés à la baisse après des années de hausse constante. "Nous ne voyons pas comment les effectifs pourraient ne pas baisser", indique le président du Gifas qui poursuit : "Il y aura très certainement des plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) dans beaucoup d’entreprises durant les prochains mois, mais nous essaierons de limiter la casse. On s’attend donc à une décroissance et tout l’enjeu pour le secteur est de la contrôler pour garder l’outil industriel en vie et préserver les compétences".

 

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