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Industrie
Filière aéro : "il faut sauver le soldat PME"
Filière aéro : "il faut sauver le soldat PME"
© Secamic

| Jean Marc Tanguy

Filière aéro : "il faut sauver le soldat PME"

Président de Secamic, Bertrand Lucereau est aussi président d'honneur du Comité Aéro-PME du Gifas dont il a aussi été trésorier. Il plaide pour des mesures choc en faveur d'une filière aérospatiale touchée de plein fouet par les conséquences de la pandémie de coronavirus.

"Les banques ne prêtent qu'aux riches"

«Nous ne sommes pas bien et les banques ne prêtent qu’aux riches dans le cadre des PGE (prêts garantis par l’État, NDLR). On nous parle de 5 jours de traitement des dossiers, dans les faits, c’est 5 semaines. Il faut sauver le soldat PME. J’ai peur que les grandes décotes intervenues sur les grands groupes se retrouvent sur les PME, même si elle ne sont pas cotées en Bourse. Les étrangers et les fonds vont pouvoir faire leur shopping, leurs cibles ne seront pas chères. Or, il faut que les pépites qu’incarnent les PME restent bien françaises, sinon il y aura encore un deuxième effet à cette crise", souligne Bertrand Lucereau, président de Secamic et président d'honneur du Comité Aéro-PME du Gifas, tout en rappelant que l'activité des PME-ETI est essentiellement tournée à "85 %" vers l'aéronautique civile.
 

Des PME sonnées

Bertrand Lucereau relate que les PME et ETI ont été « sonnées cette semaine par les déclarations de Safran et d’Airbus. Nous pensions que cela serait dur mais pas à ce point. Il sera compliqué de revenir et sans doute pas avant 2022. Il va falloir adapter l’outil de production à nos cadences. Nous allons déstocker mais sans nouvelles commandes, dès mai et juin, cela sera douloureux". Selon le président de Secamic, le recours au chômage partiel est resté relativement faible, du fait d’effectifs plus réduits, et des « livraisons à faire d’urgence ». Sur les activités militaires, le président d'honneur du Comité Aéro-PME du Gifas voit des raisons d’espérer, et applaudit des deux mains les premières réactions du ministère des Armées et de la ministre en charge, Florence Parly. 

Le ministère des Armées est à la hauteur

« Oui, des choses bougent dans le militaire grâce à de grands groupements professionnels et pour nous, le GIFAS. Les adhérents ont reçu un tableau à remplir dans lequel le ministère des Armées nous demandait comment il peut nous aider concrètement et comment il peut accélérer certains dossiers. Le ministère des Armées a payé sans même regarder certaines factures. Mais cela concerne, en fait, des montants très bas qui ne nous concernent pas. Nous avons eu cette demande des armées et désormais nous attendons leur réponse. Mais pas en trois ou quatre mois, mais nous espérons en trois ou quatre semaines", explique Bertrand Lucereau qui poursuit :"si nous prenons l’exemple de Secamic, nous avons évoqué trois dossiers. Ils généreront cinq ans de travail. Si un ou deux des trois sortaient dans les six semaines, nous pourrions même embaucher ! Ces dossiers correspondent à de vrais besoins des forces françaises en opérations".
 

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