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Défense
Etats-Unis : Moratoire sur les frappes de drones
Etats-Unis : Moratoire sur les frappes de drones

| Yannick Genty-Boudry 362 mots

Etats-Unis : Moratoire sur les frappes de drones

La Maison Blanche cherche à faire passer les opérations extérieures au second plan pour se concentrer sur les menaces stratégiques incarnées par la Russie, la Chine, et l'Iran.

Changement de cap 

Joe Biden et sa nouvelle administration ont annoncé un moratoire sur les frappes de drones avant d'adopter une décision plus définitive sur le sujet. Jake Sullivan, le conseiller national à la sécurité et l'un des piliers de la nouvelle équipe de la Maison Blanche, devra rendre ses conclusions dans les prochaines semaines. L’engagement et la neutralisation des groupes terroristes par l’emploi des drones armés serait fort probablement restreinte à l'avenir.

Manque de résultat 

Cette nouvelle orientation intervient après le mandat de Donald Trump, au cours duquel les drones ont été utilisés intensivement, et ce plus que n’importe quel autre président avant lui. Cette stratégie, inaugurée en 2008 par Barack Obama qui avait fait de la lutte contre le terrorisme une priorité, n’aurait pas permis d’obtenir les effets escomptés. En effet, les groupes terroristes ont poursuivi leur progression, et certains « dommages collatéraux » subis par les populations civiles ont souvent entrainés des mouvements d'opinion contre productifs. L'administration américaine découvre donc un peu tardivement que la lutte contre le terrorisme ne peut se résumer à des frappes de drones, mais que le travail d'aide aux populations civiles est au coeur de tous les enjeux.

Vers une nouvelle stratégie 

Parmi les critiques énoncées par Jake Sullivan, on retiendra le manque de clairvoyance et l’appropriation par les autorités militaires de la décision finale d'engagement des cibles. Cette politique de délégation décidée par l’ancien président serait selon lui à revoir totalement pour remettre le politique au coeur de la décision. Pour autant, ce diplomate de carrière, ancien conseiller d'Hillary Clinton, n'est pas un grand connaisseur des questions militaires. La polémique créée autour de ces frappes serait en fait un levier pour redorer l'image de la politique étrangère américaine, mais aussi pour faire passer les opérations extérieures au second plan, afin de réorienter les forces armées sur les menaces stratégiques que sont les nouvelles puissances militaires russes, chinoises, et iraniennes. Pour autant, ceci ne signifierait pas la fin des opérations des forces spéciales ou de la CIA qui se concentrent elles sur des individus critiques au sein des réseaux terroristes (chefs artificiers, responsables des finances ou du renseignement ...) dans le but de les affaiblir.

 

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