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De la phosphine sur la planète Vénus ?
De la phosphine sur la planète Vénus ?
© M. Tev / Akatsuki / ISAS-JAXA

| Pierre-François Mouriaux

De la phosphine sur la planète Vénus ?

Une découverte inattendue dévoilée le 14 septembre suscite un regain d’intérêt pour l’étoile du Berger.

Bienvenue en enfer

Distante au minimum de 41 millions de km la Terre (contre pour 56 millions de km pour Mars), notre planète « jumelle », la deuxième en partant du Soleil, abrite un véritable enfer sous son épaisse couche de nuages, qui la rend si brillante au crépuscule : une température moyenne de 737 K (ou 464 °C), une pression à la surface de 93 bars, des pluies d’acide sulfurique et des volcans probablement encore actifs…

Qui aurait imaginé des formes de vie dans un tel environnement ?

 

Une planète observée sous toutes les coutures

Sa proximité avec la Terre a permis à Vénus d’être la deuxième planète du Système solaire la plus visitée à l’aide de sondes automatiques, après Mars.

Un premier survol a été réalisé le 14 décembre 1962 par la sonde américaine Mariner 2.

Le premier atterrissage à sa surface s’est déroulé le 15 décembre 1970 avec la sonde soviétique Venera 7 – voir les articles de Philippe Varnoteaux sur les Venera 4, Venera 13 et 14, et Pioneer.

Depuis février 1961, ce sont 42 missions qui ont été tentées à destination de Vénus, par l’Union soviétique et la Russie, les Etats-Unis, l’Europe et le Japon.

Les données recueillies ont permis de collecter tellement d’informations qu’il est fréquent de dire que l’étoile du Berger est aujourd’hui bien plus documentée que le fonds des océans terrestres.

Ainsi, malgré l’existence de plusieurs projets, le dernier lancement d’une sonde vers Vénus remonte à mai 2010, avec la mission japonaise Akatskuki.

 

Anomalie chimique

Un article, publié le 14 septembre dans la revue britannique Nature Astronomy, sous le titre Phosphine gas in the cloud decks of Venus (Phosphine dans la couverture nuageuse de Vénus), révèle que des traces de phosphine (ou hydrure de phosphore) ont été décelées dans l'atmosphère vénusienne.

Le PH3 est un gaz rare sur Terre à l’état naturel, hautement toxique (utilisé comme insecticide), qui constitue cependant un indice de la présence de formes de vie.

Ou, en l’occurrence, d’anomalies chimiques.

Car, si les spéculations sur la présence de vie sur Vénus vont bon train sur la blogosphère depuis deux jours, les auteurs de l’étude le précisent bien : « Même si elle est confirmée, nous soulignons que la détection de PH3 n'est pas une preuve solide pour la vie, seulement pour une chimie anormale et inexpliquée. »

Et de conclure : « A terme, une solution pourrait venir de revisiter Vénus pour des mesures in situ ou un retour d'aérosol. »

Avec la découverte de cette anomalie chimique, un regain d’intérêt pour notre voisine est peut-être à attendre…

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