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Dart : une mission en prévision d'une protection planétaire
Dart : une mission en prévision d'une protection planétaire
© NASA

| Pierre-François Mouriaux 405 mots

Dart : une mission en prévision d'une protection planétaire

La sonde de la Nasa lancée hier vers un astéroïde constitue une première étape dans la constitution de systèmes qui permettront de dévier la trajectoire d’objets célestes menaçant notre planète.

Une mission kamikaze

Le 24 novembre à 6 h 21 UTC a démarré la première mission au monde destinée à dévier un astéroïde de sa trajectoire, nommée Dart (Double Asteroid Redirection Test).

La sonde a été construite pour la Nasa par le laboratoire APL (Applied Physics Laboratory) de l'université Johns-Hopkins, à Baltimore (Maryland).

Elle a été confiée à un lanceur Falcon 9 de SpaceX, qui a décollé comme prévu depuis la base militaire de Vandenberg, en Californie – onze jours après le lancement depuis la Floride du 32e lot de satellites Starlink pour l’internet global.

La sonde Dart doit aller s’écraser sur un petit objet céleste de 160 m de diamètre appelé Dimorphos, satellite de l'astéroïde binaire Didymos, et distant d’environ 11 millions de km de notre planète.

La collision doit intervenir entre septembre et novembre 2022, et valider les effets de l’impact d’une petite sonde sur un petit astéroïde dans sa trajectoire autour du Soleil, un événement difficile à reproduire en laboratoire.

 

Mission Hera à suivre

En 2024, une sonde européenne et deux cubesats d’exploration seront à son tour expédiés vers Dimorphos (à l’aide d’une Ariane 6), afin d’observer les effets de la collision entre la sonde Dart et l’astéroïde – une mission qui était au départ assignée à la sonde Aim (Asteroid Impact Mission) de l’ESA, abandonnée fin 2016.

En septembre 2020, le contrat de construction de la sonde a été attribué à un consortium d’industriels mené par l’entreprise allemande OHB, dans le cadre d'un contrat de 129,4 M€.

Le volet scientifique de la mission est pris en charge par plusieurs laboratoires européens, à commencer par le laboratoire Lagrange (UMR 7293 CNRS) de l’Observatoire de la Côte d’Azur.

 

L’Isae-Supaéro dans la boucle

Participeront notamment les chercheurs du groupe Systèmes Spatiaux pour la Planétologie et ses Applications (SSPA) et ceux du Département Electronique Optronique et Signal (DEOS) de l’école d’ingénieurs Isae-Supaéro.

Les premiers étudieront, en collaboration avec d’autres départements, les interactions entre les cubesats et les astéroïdes, pour mieux comprendre le comportement de leur surface et préparer les futures opérations sur les petits corps célestes.

Les seconds seront impliqués dans les opérations et les analyses de données venant de Hera, et plus particulièrement sur les données qui seront acquises lors de l’atterrissage d’un des deux cubesats, appelé Juventas, et ses interactions avec l’autre cubesat, Milani.

« Notre objectif est de comprendre les propriétés physiques de l’astéroïde Dimorphos pour mieux interpréter les résultats de l’impact Dart », explique Naomi Murdoch, co-investigatrice de la mission Isae-Supaéro.

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