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Aviation Civile
Coronavirus : l'Europe isolée des Etats-Unis pendant un mois
Coronavirus : l'Europe isolée des Etats-Unis pendant un mois
© UE

| HEGUY Jean-Baptiste

Coronavirus : l'Europe isolée des Etats-Unis pendant un mois

A partir de vendredi 13 mars, minuit, le président des Etats-Unis Donald Trump a interdit pendant un moi l'accès du territoire américain à tous les voyageurs provenant d'Europe (zone Schengen), compliquant encore la situation des compagnies aériennes.

Les pays Schengen à l'index

On pensait que les conséquences de la crise du coronavirus sur le transport aérien mondial avait déjà un niveau très élevé. Mais la nouvelle d'aujourd'hui va encore compliquer la situation. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a annoncé qu'à compter de vendredi soir minuit, l'accès au marché américain serait fermé aux ressortissants des 26 pays européens membres de l'Espace Schengen (la France, mais aussi l'Autriche, la Belgique, la République Tchèque, Danemark, Estonie, Finlande, Allemagne, Grèce, Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Slovaquie, Slovenie, Espagne, Suède et Suisse). Sont donc exclus de ce "bannissement" mensuel : le Royaume-Uni, la République d'Irlande, la Croatie, Chypre, la Roumanie et la Bulgarie. 

Au-delà de toute interrogation sur le bien-fondé sanitaire de cette décision brutale (alors que le coronavirus est devenue une pandémie, quelle justification y 'a-t-il a interdire certains voyageurs et pas d'autres ? Quid des gens qui vont passer par le Canada ? Le coronavirus est déjà présent sur le sol américain, mais est qualifié de "virus étranger" par Donald Trump...), elle va rendre très épineuse la gestion de crise pour la plupart des grandes compagnies européennes déjà très fortement touchées par des baisses de réservations depuis le début de la crise. 

Nouveau front pour Lufthansa

Pour Lufhansa, qui opère les vols transatlantiques en co-entreprise (Atlantic Joint Venture) avec Austrian Airlines, Brussels Airlines, SWISS, Air Canada et United Airlines, cette interdiction transatlantique créée un troisième front très inopportun dans la guerre du coronavirus, après la forte exposition de la compagnie allemande au réseau Asie-Pacifique (20% des revenus financiers) et celle liée au réseau vers l'Italie, qui est maintenant totalement coupée du monde. Pour Air France-KLM, relativement moins exposé que le groupe Lufthansa, la décision de Donald Trump est une très très mauvaise nouvelle alors que le groupe aérien envisageait de se redéployer sur le transatlantique pour compenser ses baisses de réservations. Rappelons que, grâce à leur co-enteprise à quatre, Air France, KLM, Delta et Virgin Atlantic proposent en temps normal une desserte de plus de 100 liaisons transatlantiques directes, avec environ 23% des capacités totales des liaisons de l'Atlantique Nord. 

Londres-New York, la plus rentable du monde

Il est logique que les Etats-Unis gardent un lien avec le Royaume-Uni et l'Irlande, deux pays historiquement très liés aux Etats-Unis, avec la desserte Londres-New York, qui reste la plus rentable du monde. Le non-bannissement pour les autres pays non-Schengen s'explique beaucoup moins. En tout cas, cette décision a suscité des vives réactions de la part des dirigeants des institution communautaires. "Le coronavirus est une crise globale, non limitée à un seul continent et requiert de la coopération, plutôt qu'une action unilatérale", ont déclaré dans un communiqué commun Charles Michel, le président du Conseil de l'Europe et Ursula von der Leven, présidente de la Commission européenne. 

 

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