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Industrie
Boeing 777X : les syndicats gâchent la fête
Boeing 777X : les syndicats gâchent la fête
© Boeing

| Duncan Macrae

Boeing 777X : les syndicats gâchent la fête

De l’avis de tous, cela doit constituer un des point forts du salon de Dubai qui ouvre ses portes ce dimanche 17 novembre : le lancement officiel du nouveau long-courrier de Boeing, le 777X, avec une commande géante d’au moins 30 Md$ de la part d’Emirates.

 

Le lancement aura lieu peut-être, mais le 777X restera provisoirement un avion « sans usine » suite au vote d’hier mercredi du syndicat des machinistes IAM du district 751 (Etat de Washington). On disait que le syndicat était divisé et affaibli, mais les résultats du vote, annoncés dans la nuit, traduisent un rejet massif (67%) des propositions de Boeing pour prolonger les contrats existants et garantir que la production du 777X reste dans les usines autour de Seattle.

 

Les concessions demandées aux salariés par Boeing, au niveau des pensions notamment, pour assurer la « compétitivité » du nouvel appareil – concurrent direct de l’A350-1000 d’Airbus – se sont avérées excessives aux yeux des salariés.

 

Et maintenant ? Dans les jours qui ont précédé le vote d’hier, Boeing, par la voix du directeur général de la division Avions commerciaux, Ray Conner, n’avait pas hésité à brandir la menace de construire le 777X « ailleurs » en cas de vote négatif. Les candidats ne manquent pas, surtout parmi les états non syndiqués, comme le Caroline du Sud (site de la deuxième chaîne d’assemblage du 787), l’Alabama ou l’Utah. On a également évoqué Long Beach (Californie), site d’assemblage du cargo militaire C-17 dont la production va bientôt s’arrêter. Le japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) — qui assure la production de la voilure du 787 — est également sur les rangs avec une proposition pour réaliser la nouvelle voilure en composites du 777X.

 

Dès l’annonce des résultats du vote, Ray Conner a déclaré « Nous n’avons pas d’autre choix que de poursuivre d’autres options ». Chez Boeing, certains salariés parlent néanmoins d’un « coup de bluff » de la part de l’avionneur, vu l’immense défi logistique que représente le transfert de la production dans une autre usine, étant donné que la chaîne d’assemblage actuelle du 777 se trouve sur le site d’Everett. Les programmes comme le nouveau 747-8 voient leurs cadences baisser, ce qui pourrait libérer la place pour le nouveau bimoteur. Et le fiasco de la production « décentralisée » du Dreamliner reste encore présent dans tous les esprits.

 

Une chose est sûre : si le programme 777X quitte Washington, Boeing ne touchera pas les « aides fiscales » de 9 Md$ promis par le gouverneur Jay Inslee.

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