6
Industrie
Boeing 737 MAX : encore quatre étapes avant la remise en vol
Boeing 737 MAX : encore quatre étapes avant la remise en vol
© Boeing

| Antony Angrand

Boeing 737 MAX : encore quatre étapes avant la remise en vol

L'avionneur de Seattle a annoncé qu'il visait la reprise des livraisons du 737 MAX en décembre 2019. La remise en vol de l'appareil, qui interviendra au mieux au premier trimestre 2020, sera contingentée par le franchissement de quatre étapes.

Boeing vise une reprise des livraisons du 737 MAX en décembre 2019, si toutefois l'avionneur de Seattle obtient l'accord de la FAA, laquelle persiste à ne préciser aucun calendrier. La remise en vol de l'appareil sera plus compliquée, car la FAA ainsi que les autres organismes de certification vont certainement adopter une approche progressive. 

Le 737 MAX sera certifié au mieux en Europe au premier trimestre 2020, la remise en vol au sein des compagnies aériennes risque de son côté d'être beaucoup plus longue. "A l'échelle mondiale, elle pourra s'étendre sur douze mois", a commenté David Calhoun, président de Boeing. 

Avant que le 737 MAX ne retourne en vol au sein des compagnies aériennes, Boeing doit franchir cinq étapes clés avec la FAA. La première, soit la séance de certification sur simulateur eCab avec la FAA, a été réalisée. Elle avait pour but de vérifier que l’ensemble du système logiciel fonctionne comme prévu, à la fois en conditions opérationnelles normales et en cas de défaillance du système. Cette évaluation sur simulateur s'est déroulée sur plusieurs jours. 

Quatre autres points clés restent à franchir : pour commencer, l'évaluation par la FAA de la charge de travail des pilotes, qui reposera sur une session sur simulateur de plusieurs jours avec des pilotes de compagnies aériennes, afin d’évaluer les facteurs humains et la charge de travail des équipages dans diverses conditions d’essais. 

Viendront ensuite les essais de certification en vol par la FAA, les pilotes de l'administration de l'aviation civile américaine effectueront un (ou plusieurs) vol(s) de certification avec la version finale du logiciel mis à jour. Par la suite, Boeing remettra à la FAA les éléments finalisés, c'est-à-dire qu'une fois la campagne de vol(s) de certification effectuée par la FAA, Boeing soumettra à l’Agence fédérale les documents et éléments de certification finaux nécessaires à la certification du logiciel, soit du MCAS. 

Restera alors à réaliser l'évaluation de la formation sur simulateur par le Comité conjoint d’évaluation opérationnelle (JOEB). Cet organisme composé de membres de différentes autorités de réglementation organisera une session sur simulateur de plusieurs jours avec des pilotes issus de plusieurs autorités de réglementation internationales afin de valider les exigences de formation. 

Restera alors le plus difficile  : convaincre les PNC et surtout les passagers que l'appareil est sûr... Ce qui risque de prendre un certain temps. 


 

Répondre à () :


Captcha
Pierre ROUX | 14/11/2019 16:20

Quid de l'implantation de la 3eme sonde AOA? Pour moi la première étape importante ne serait elle pas la validation par la FAA du design des modifications logiciel et matériel du MCAS ?

moonmartre | 17/11/2019 10:22

@Pierre: Parce qu'il faudrait modifier l'architecture électronique, implanter une troisième sonde dans le nez de l'appareil (changer le capot), tirer le câblage de la sonde vers le MCAS. Un travail de titan après coup, qui aurait du être fait dès le départ, et qui, s'il était imposé sur tous les appareils, rendrait extrêmement difficile l'opération, sauf pour ceux qui sortent de F.A.L.

Pierre ROUX | 14/11/2019 16:23

Quid de l'implantation de la 3eme sonde AOA? Pour moi la première étape importante ne serait elle pas la validation par la FAA du design des modifications logiciel et matériel du MCAS ?

Burgy | 14/11/2019 23:43

Le MCAS ne se déclenchera plus sans qu'on puisse le contrer ou le désactiver, c'est super. Mais s'il est désactivé, le risque de décrochage (pour lequel il a été installé) n'est il pas possible a nouveau, étant donné le déséquilibre connu depuis la remotorisation ?

Patrick | 19/11/2019 11:48

cet avion est mal né et mal conçu. Les moteurs sont mal positionnés, trop près de la carlingue et trop en avant des ailes. La seule raison du retour en vol est économique. Perso, je ne veux pas mettre mes fesses dans ce cercueil volant. Et manifestement, je ne suis pas le seul....Boeing va le payer très très cher. Pendant qu'Airbus croule sous les commandes, Boeing va devoir faire des rabais très importants pour espérer attirer de nouveaux acheteurs, ce qui va menacer la viabilité économique de ce bricolage lamentable. Boeing va le payer très cher et pendant de nombreuses années. Il y a une justice quelque part...

atc.gp | 20/11/2019 03:00

Le problème du Max est que la presse généraliste a déjà condamné cet appareil et par conséquent le grand public n'en veut pas. Le moindre incident à venir, aussi minime soit-il, dès qu'il sera repris par la presse ne fera que jeter l'opprobe sur ce vilain petit canard de Max. En cas d'accident plus grave, ce que nous ne souhaitons surtout pas, et même si le MCAS n'est pas en cause alors l'avenir du MAX serait très fortement compromis.

| | Connexion | Inscription