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Retour sur la mission Cassini

Plongeon final de la sonde, le 15 septembre 2017. © M. Cherfi/NASA

Le prochain numéro d'Air & Cosmos, à paraître vendredi 22 septembre, reviendra sur l'extraordinaire épopée de la sonde Cassini, qui a exploré l'environnement de la planète Saturne durant 13 ans.

Il y a une semaine, le 15 septembre, la sonde Cassini bientôt à court de carburant était volontairement plongée dans l'atmosphère de la planète Saturne. L'événement a notamment été suivi « en direct » (les signaux de la sonde mettant 83 minutes à atteindre la Terre) depuis la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris, où étaient rassemblés plusieurs scientifiques. Gilles Dawidowicz, président de la commission Planétologie de la Société Astronomique de France (mais également auteur de la série « La Terre dans l'oeil de Thomas Pesquet »), était l'initiateur et l'animateur de cette table ronde. Nous l'avons interrogé sur le premier bilan de la mission Cassini-Huygens.
 

Outre de formidables découvertes scientifiques, que représente pour vous cette mission qui s'achève, du moins pour la collecte de données ?

GD : La mission Cassini-Huygens marque la fin des grosses missions d'exploration interplanétaire, longues et lourdes. La sonde Cassini est de la classe des Viking qui ont été envoyées vers Mars au milieu des années 70, par exemple. Assurément, avec l'atterrisseur européen Huygens qui s'est posé sur Titan en janvier 2005, Cassini-Huygens démontre la faisabilité d'un duo orbiteur/atterrisseur... comme les Viking. Nous devrions –c'est ma conviction depuis vingt ans– fabriquer à la chaîne le même modèle de sonde spatiale pour explorer tout ce qui nous intéresse...

 

Du côté des chercheurs, que dire d'une mission qui se termine 35 ans après sa conception ?

GD : Cassini-Huygens marque également le passage d'une génération de chercheurs (scientifiques et ingénieurs) à l'autre. Celle qui part à la retraite a terminé l'arpentage en « grand » du système solaire. Elle laisse une vision moderne de notre environnement planétaire et de notre place dedans. En ce qui concerne la jeune génération, qui a devant elle plusieurs années de traitement des données, je m'interroge sur le fait qu'elle puisse s'exprimer de la même façon. Ses découvertes, forcément très intéressantes et possiblement fondamentales (présence d'océans, possibilité de traces de vie...), auront certainement un impact différent. Mais aura-t-elle les moyens suffisants pour poursuivre l'exploration, en allant visiter toutes les lunes de Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune ? Je crains que nous ayons vécu une sorte de Renaissance qui soit suivie par une forme de déclin, du moins dans les deux décennies à venir (le temps de définir de nouveaux programmes, de les financer, de les mettre en route... et de faire le voyage). Les prochaines expéditions vers les corps planétaires vont hélas se faire au compte goutte.

 

Les amateurs, notamment représentés à la Villette vendredi dernier par la SAF (dont vous faites partie), ont également été associés à l'aventure Cassini-Huygens ?

GD : Assurément et c'est aussi quelque chose à retenir de cette mission : comme pour l'étude des comètes, des astéroïdes ou de Mars, il y a eu une véritable coopération entre les astronomes professionnels et les observateurs amateurs. Ce sont par exemple des amateurs qui ont alerté la Nasa de l'énorme tempête qui a changé une partie de l'atmosphère de Saturne, que la sonde a pu observer de près, à partir de septembre 2010 !

 

Un article de six pages sera consacré à la mission Cassini-Huygens dans le n°2562 d'Air & Cosmos, à paraître ce vendredi 22 septembre. L'occasion de rendre hommage à l'astrophysicien André Brahic, disparu en 2016, qui faisait partie de l'équipe d'imagerie de la sonde.

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