Logo Air & Cosmos

1er site francophone d'actualité aéronautique et spatiale

Actualité Défense Actualité Histoire

Décès de Roland Glavany, premier français et européen à Mach 2

Roland Glavany fut également pilote d'essais du Mirage IV, après avoir franchi Mach 2 sur le Mirage IIIA-01. © Dassault Aviation

Roland Glavany est mort. Le dernier grand pilote d'essais français témoin des débuts de l'ère supersonique et pilote du Mirage IIIA-01 -entre autres- s'est en allé quelques jours après le décès de son épouse.


Roland Glavany était sans doute le dernier survivant d'une époque faite d'exploits et de drames. D'exploits comme ce jour d'octobre 1958 ou il fut le premier pilote en Europe à franchir Mach 2. De drames, car le développement et la mise en service des chasseurs supersoniques fut jalonnée de décès, comme celui de Constantin «  Kostia  » Rozannoff intervenu le 3 avril 1954.


Tout commence en septembre 1940, lorsqu'il est reçu à l'Ecole de l'air. Située en zone libre, cette dernière est alors envahie par les Allemands en novembre 1942, en réaction au débarquement allié en Afrique du Nord. Roland Glavany a obtenu son brevet de pilote sur Morane-Saulnier MS.230.

Le sous-lieutenant Glavany s'évade et rejoint les forces françaises libres à Alger, après avoir traversé les Pyrénées et séjourné dans une des affreuses prisons espagnoles. Le jeune homme veut devenir pilote de chasse et poursuivre la lutte pour libérer son pays. Mais il doit d'abord parfaire son entraînement. Reçu par un commandant à Alger, ce dernier lui annonce qu'il doit partir aux Etats-Unis et qu'il reviendra au mieux que dix-huit mois plus tard. Dépité, voulant avant tout se battre immédiatement, c'est au 1er Bataillon Parachutiste de Choc qu'il s'engage.

«  Donne-moi la tourmente  »... Moins d'un mois plus tard, il participe à la libération de la Corse avant de se préparer à celle de la France métropolitaine. Le BPC se voit confier la neutralisation des batteries d'artillerie de l'île d'Elbe, ce qui lui occasionne une méchante blessure. A peine remis sur pieds, il participe au débarquement de Provence et notamment à la libération de Toulon, ou il est à nouveau blessé.

Mais l'ex-occupant est désormais poursuivi par Glavany et ses compagnons d'armes. Septembre 1944. Aux environs de Dijon, en éclaireur, il est touché par le tir d'une mitrailleuse. Fin du conflit et début d'une longue convalescence, au bout de laquelle il reprend les commandes d'un avion. A Meknès, au Maroc, à l'école de chasse Christian Martel plus précisément. Puis il intègre l'escadron de reconnaissance 2/33 Savoie, équipé de North American P-51 Mustang, stationné en Allemagne.


En 1948, il est admis à SupAéro dont il sort pour devenir pilote d'essais au CEV (Centre d'essais en vol) avant d'entrer chez Dassault ou il est détaché de 1955 à 1959 en qualité de chef-pilote. Il est chargé des premiers essais du Mystère Delta 550 (Mirage I), puis du Mirage III.

C'est aux commandes de ce dernier, plus précisément du Mirage IIIA-01 qu'il est le premier pilote français et européen à franchir Mach II. Son appareil est aujourd'hui exposé dans le hall des prototypes, au Musée de l'Air et de l'Espace, au Bourget... A côté du Griffon II d'André Turcat, autre très grand pilote d'essais.

Roland Glavany est également pilote d'essais du Mirage IV, le vecteur de la bombe atomique française. En 1959, il réintègre l’armée qu’il quittera comme général de corps d’armée aérienne, en 1978.

Roland Glavany a rédigé ses mémoires avec l'aide de notre confrère Bernard Bombeau, qui fut chef de rubrique défense chez Air & Cosmos avant de prendre une retraite méritée.

Mots Clés :

A lire également

Commentaires

Réagir

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.