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Un nouveau trio de satellites chinois pour la reconnaissance maritime
Un nouveau trio de satellites chinois pour la reconnaissance maritime
© CASC

| Pierre-François Mouriaux

Un nouveau trio de satellites chinois pour la reconnaissance maritime

Pour son deuxième lancement de l’année, le 29 janvier, la Chine a placé sur orbite basse un nouveau trio de satellites militaires Yaogan, certainement pour la surveillance des océans.

Trentième vol de la Longue Marche 4C

Le deuxième lancement chinois de l’année 2021, est intervenu le 29 janvier depuis le centre spatial de Jiunquan, dans le désert de Gobi, au nord-ouest du pays. Soit dix jours après l’envoi vers une orbite de transfert géostationnaire du dernier satellite du réseau de téléphonie mobile Tiantong.

La mission a été confiée à un lanceur de moyenne puissance Longue Marche 4C à trois étages, utilisé pour la trentième fois depuis avril 2006.

Ont ainsi été placés sur orbite basse (1 091 km x 1 098 km, inclinée de 63,4°) trois nouveaux satellites Yaogan, baptisés 31-2A, 31-2B et 31-2C.

Sept satellites Yaogan (dont deux trios) avaient été lancés l’an passé.

 

Satellites d’observation… militaire

Les satellites Yaogan, dont le premier exemplaire remonte à avril 2006 (à bord de la première Longue Marche 4C), semblent être construits par le Centre des petits satellites de l’Académie des sciences chinoise, mais aussi par la Sast (l’Académie de Shanghai pour la technologie des vols spatiaux) et la société DFH Satellite (filiale de la Cast).

Ils sont exploités par la Casc (Société des sciences et technologies aérospatiales de Chine).

Derrière l’appellation Yaogan (ou Yaogan Weixing, qui signifie Satellite de télédétection en chinois), il est peu évident de savoir quelles charges utiles sont réellement embarquées : télescopes optiques, radars à synthèse d'ouverture (SAR), voire matériel pour le renseignement électromagnétique (Elint)…

Officiellement, leur mission est l'observation de la Terre, pour l’aide à l'évaluation des récoltes, la prévention des désastres, la planification urbaine ainsi que les expérimentations scientifiques.

Mais leur nature militaire ne fait aucun doute.

 

Septième trio pour l’observation maritime

Les Yaogan 31 (dont un premier lot avait été lancé en avril 2018) ne font pas exception, présentés par l'agence de presse d’Etat Xinhua (Chine nouvelle) comme étant destinés à la surveillance de l'environnement électromagnétique et à d'autres aspects technologiques.

Or le trio semble en réalité appartenir à une sous-catégorie de satellites de surveillance des océans pour le suivi des mouvements navals étrangers, déployés sur des orbites inclinées de 63° depuis mars 2010 à l’occasion de sept missions distinctes (Yaogan 9, 16, 17, 20, 25, 31-1 et 31-2).

Les Yaogan 31 pourraient même constituer leur nouvelle génération.

Une inclinaison à 63° permet en tous cas aux satellites de suivre une trajectoire qui va du sud de l'Alaska aux îles Shetland du Sud (au nord de la péninsule Antarctique.

Ces sentinelles seraient comparables aux satellites américains Noss (Naval Ocean Surveillance Satellites) utilisés depuis 1976 pour la surveillance maritime et l’alerte avancée, également par trios et sur des orbites similaires.

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