4
Espace
Un baiser avec un astéroïde
Un baiser avec un astéroïde
© Lockheed Martin

| Pierre-François Mouriaux

Un baiser avec un astéroïde

La sonde Osiris-Rex de la Nasa, lancée il y a quatre ans, a visiblement réussi dans la nuit du 20 au 21 octobre la première collecte d’échantillons américaine sur un astéroïde.

Mission inédite pour la Nasa

Lancée en septembre 2016 (cf. A&C n°2512) et arrivée en octobre-novembre 2018 à proximité de l'astéroïde géocroiseur (101955) Bennu (525 m de diamètre), la sonde américaine Osiris-Rex (Origins-Spectral Interpretation-Resource Identification-Security-Regolith Explorer) a effectué une première américaine le 20 octobre à 21 h 53 UTC : toucher la surface de l’astéroïde, à 321 millions de kilomètres de distance de la Terre, et y prélever du régolite à l’aide d’un mécanisme de 3,2 m de long, appelé Tagsam (Touch-And-Go Sample Acquisition Mechanism).

Une première pour l’agence spatiale américaine, qui avait jusqu’à présent collecté 382 kg de roches lunaires à l’occasion des missions Apollo, entre 1969 et 1972, et prélevé quelques ions du vent solaire et quelques particules de la comète 81P/Wild lors des missions Genesis et Stardust du programme Discovery, entre 2001 et 2004.

 

Optimisme affiché

L’opération du 20 octobre semble être couronnée de succès et les données préliminaires (notamment les images de l’imageur SamCam) indiquent un contact d’environ 6 secondes, à moins d’un mètre de la zone visée.

« Les particules volent partout, a commenté Dante Lauretta, chercheur principal de la mission Osiris-Rex au Laboratoire lunaire et planétaire de l'Université de l'Arizona à Tucson, devant les images du Touch And Go. Nous avons vraiment fait du désordre à la surface de cet astéroïde, mais c'est un bon désordre : c'est le genre de désordre que nous espérions ».

Et d’ajouter « La séquence d'échantillonnage s'est très bien passée, et je pense que les chances qu'il y ait du matériel collecté par le Tagsam ont considérablement augmenté ».

 

Retour dans trois ans

L’objectif était de récolter jusqu’à 60 g de régolite à la surface de l’astéroïdes, qui doivent être rapatriés sur Terre en septembre 2023, dans le désert de l'Utah.

Jusqu’à présent, seuls les Japonais étaient parvenus à recueillir quelques grammes de poussière ou de régolite sur un astéroïde, à l’occasion des missions Hayabusa 1 et 2, en novembre 2005 (astéroïde Itokawa), février et juillet 2019 (astéroïde Ryugu).

Les échantillons d’Hayabusa 2 doivent être récupérés en décembre prochain.

Répondre à () :


Captcha

| | Connexion | Inscription