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Défense
UK Space Command : "It's a long way to go ..."
UK Space Command : "It's a long way to go ..."

| Baptiste Guillou

UK Space Command : "It's a long way to go ..."

Mythe et réalité du commandement spatial britannique

Protection des intérêts vitaux 

Officiellement lancé le 1er avril 2021, le UK Space Command est un commandement interarmées composé de la Royal Navy, de la British Army, de la Royal Air Force et des personnels civils du MoD (Ministry of Defence). Commandé par l’Air-Vice-Marshal Paul Godfrey, il opère à Hight Wycombe et ce, à quelques encablures du commandement aérien de la RAF. Il fournira aux décideurs politiques la gestion des opérations spatiales, les experts et la formation ainsi que les futures capacités spatiales (développement et mise en œuvre de programmes spatiaux).

Nouvelle menaces, nouvelle doctrine, nouvelle réponse 

Devant faire face à une évolution rapide des menaces spatiales, la création de l’UK Space Command répond à l’élaboration et à la mise en place d’une stratégie opérationnelle destinée à protéger les intérêts vitaux du Royaume-Uni (Multi-Domain Integration – JCN 1/20 en date du 2 décembre 2020). Conscient que la perte ou la perturbation du contrôle du domaine spatial aura une incidence majeure sur ses actions et ses capacités civilo-militaires, ce commandement permettra donc une coopération avec ses partenaires du premier cercle (US Space Command, AAE) pour permettre à Londres de conserver un avantage stratégique. Non cités mais clairement visées, la Chine et la Russie qui multiplient en effet les actions offensives dans l'espace (brouillages, désorbitages, captations des signaux...) ont motivé cette création.

Effets d'annonces 

Dans cette mission, le UK Space Command pourra s’appuyer sur le centre d’opérations spatiales (SpOC) qui surveille les mouvements spatiaux (équivalent du centre COSMOS en France) et ce, grâce  au radar AN/FPS-126  BMEWS (Ballistic Missile Early Warning System) géré conjointement par le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Il pourra également utiliser la constellation des 4 satellites Skynet 5 SATCOM gérés par Airbus DS. Enfin au travers de l’initiative spatiale combinée, il bénéficiera du soutien et des informations de 6 autres nations (Allemagne, France, Nouvelle-Zélande, Australie, Canada, Etats-Unis). Mais derrière les effets d'annonces, les capacités militaires spatiales britanniques sont pour l'instant quasi inexistantes: aucun armement ASAT, aucun moyen de surveillance orbitale en dehors du BMEWS dont la mission principale consiste avant tout à détecter les tirs d'ICBM russes ... Sans le support de la Space Force américaine, Londres sera donc contraint de regarder la destruction de sa constellation Skynet sans pouvoir l'empêcher.

 

 

 

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Mobius | 05/04/2021 16:37

D'un côté, on peut sourire de cet effort d'affichage déployé par les britanniques pour 'protéger' 4 malheureux SATCOM, mais d'un autre côté, ça fait aussi réfléchir face à nos propres lacunes. En France, on a beaucoup plus à perdre (SATCOM mais aussi satellites de ROEM et satellites d'observation) et on n'a pas plus d'armement ASAT que les anglais, tandis que notre capacité de surveillance orbitale reste minimaliste : GRAVES, c'est bien, mais le système semble fondé sur des hypothèses d'orbitographie, ce qui ne sera pas très robuste face aux "objets" plus agiles qui commencent à peupler l'espace.

L'amateur d'aéroplanes | 14/04/2021 23:38

L'article oublie aussi le projet de pas de tir en Ecosse pour des mini lanceur qui est censé ouvrir l'année prochaine 😇

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