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« UE et ESA : deux entités bien distinctes »

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LA QUESTION SUR LES ÉVENTUELLES CONSÉQUENCES DE LA SORTIE DU ROYAUME-UNI DE L'UNION EUROPÉENNE SE POSE ÉGALEMENT POUR LES ACTIVITÉS SPATIALES.T ant que l'article 50 ne sera pas activé par le Royaume-Uni,les conséquences éventuelles du Brexit semblent difficiles à évaluer dans le secteur spatial, en particulier d'un point de vue industriel.Il s'agit en tout cas de séparer les activités qui sont liées à l'Union européenne de celles qui relèvent de l'Agence spatiale européenne. Le Brexit pourrait surtout avoir un impact sur les premières, et il existe des liens entre elles et les programmes de l'Agence.Ainsi, le Royaume-Uni pourra-t-il toujours bénéficier d'un accès privilégié aux programmes Copernicus et Galileo, propriété de la Commission? Et quid des fonds Horizon 2020 (et futur programme similaire) pour soutenir les efforts britanniques en matière de recherche? TRAITÉ PROPRE À L'ESA.

Mais la Norvège et la Suisse, sans faire partie de l'Union européenne,participent aux programmes Copernicus et Galileo, et font partie de l'ESA. Celleci est en effet une organisation totalement séparée de l'UE, créée par son propre traité, avec une gouvernance différente, et qui comprend même des pays européens non membres de l'UE (ainsi que le Canada, en tant que membre associé). Elle ne devrait donc pas subir de conséquences,du moins directement. Imaginer aujourd'hui une dégradation des relations, ou une baisse de la participation britannique dans les programmes spatiaux européens (liée par exemple à une redistribution des budgets), ne serait que pure spéculation, et serait finalement contradictoire avec les ambitions britanniques affichées depuis quelques années. En 2016, la contribution du Royaume-Uni dans le budget de l'ESA s'élève à 324,8 M€, soit à hauteur de 8,7 %, derrière l'Allemagne, la France et l'Italie, et devant la Belgique et l'Espagne.

L'ESA, respectant et ne commentant pas la politique interne de ses Etats membres,n'a pas souhaité réagir officiellement à l'issue du référendum du 23 juin,même si,à titre personnel,son président JanWoerner n'a jamais caché sa préférence pour le maintien. L'Agence,avec ses quarante et un ans d'histoire et ses 22 Etats membres,constitue en tout cas l'exemple d'une Europe qui fonctionne.

¦ Pierre-François Mouriaux

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