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Défense
Transport stratégique : les Antonov-124 russes se modernisent
Transport stratégique : les Antonov-124 russes se modernisent

| Benjamin Gravisse 625 mots

Transport stratégique : les Antonov-124 russes se modernisent

Alors que la remontée en puissance du transport stratégique russe semble se confirmer au travers du déploiement au Kazakhstan, un programme de modernisation de l'Antonov An-124-100 devrait permettre de largement améliorer la disponibilité de l'appareil, sauf de son moteur pour lequel il n'existe pas d'alternative à l'offre ukrainienne...

L'An-124, colonne vertébrale du transport stratégique russe

La récente « intervention » des troupes russes dans le cadre des évènements au Kazakhstan a mis en lumière la capacité des russes à se redéployer rapidement et efficacement d’un côté à l’autre du pays (voir notre article dédié ici)). Pour ce faire, le pays a fait usage de ses transporteurs tactiques (IL-76MD Candid) et stratégiques (An-124-100 Ruslan) exploités par les forces aériennes russes (VKS) au sein des VTA (branche chargée du transport) ainsi que par la compagnie privée Volga-Dnepr. Les premiers appareils ont été livrés en 1982, et la Russie dispose aujourd'hui officiellement d’une flotte combinée théorique de vingt-quatre An-124-100 en service, une dizaine d’appareils supplémentaires étant stockés et susceptibles d’être, à terme, remis en état.

Après avoir connu une décennie 1990-2000 dévastatrice au niveau de la disponibilité des aéronefs, la flotte russe tombant à un moment à seulement six avions actifs, le ministère de la défense prit conscience de l’importance de la flotte d’An-124-100 lors de la guerre de Géorgie en 2008. Avec sa charge utile de 120 tonnes ainsi que sa capacité à embarquer les plus gros chars de bataille russes (T-72, T-80 et T-90), l’avion est absolument essentiel pour les VKS.

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Les forces aériennes russes disposent de deux apareils quadriréacteurs : l'Il-76MD (ici à gauche) et l'An-124-100 (à droite), tous deux bénéficiant d'un programme de modernisation. ©
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Une dépendance problématique envers l'Ukraine

La rupture des relations entre l’Ukraine et la Russie va impacter sérieusement la flotte d’An-124-100, suite à la dépendance du pays envers l'Ukraine pour la maintenance des réacteurs D-18T et l’impossibilité d’importer des pièces de rechange. Souhaitant s’affranchir de la dépendance à l’Ukraine tout en modernisant l’électronique embarquée de l’appareil, le ministère de la défense russe a lancé deux programmes : 

  • la révision générale des cellules existantes et stockées, voyant la flotte s’accroître progressivement à treize avions en service (d’autres étant en cours de travaux),
  • la modernisation des appareils, initiée en 2019 par la signature de contrats de développement avec Iliouchine et Myashishchev, les travaux devant être achevés à la fin de 2020.

Ce programme de modernisation traite en priorité trois points : la substitution des équipements importés d’Ukraine, la modernisation en profondeur de l’électronique embarquée (et des équipements obsolètes) et enfin l’installation d’un système d’auto-défense sur l’avion. Enfin la durée de vie de l’appareil doit être portée à 50 ans, voire même, selon l’usage de l’avion, jusqu'à 60 ans.

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La rupture d'aube non contenue sur le turboréacteur d'un An-124-100 de la compagnie Volga-Dnepr avait entrainé une interdiction de vol temportaraire de l'avion. © TASS
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Une modernisation partielle

Le premier appareil traité de la sorte et porté au nouveau standard An-124-100M porte le numéro de registre RA-82040. Il a été pris en charge par l’usine Aviastar-SP d’Oulyanovsk dans le courant de l’année 2018, et même s’il n’existe actuellement aucune photo de ce dernier il a effectué son premier vol post-modernisation autour d’Oulyanovsk à la fin de décembre 2021, puis plusieurs vols supplémentaires dans les jours suivants. Ce premier appareil, qui va passer par une campagne d’essais intensive ouvrant la voie à la revalorisation de la flotte de Ruslan, laisse néanmoins une problématique en suspens : le réacteur D-18T produit en Ukraine ne peut pas encore être remplacé par un équivalent de conception russe. Le PD-35 est toujours en cours de développement et aurait atteint l'étape de fabrication des prototypes, alors que la Russie n’a que tardivement mis en place une capacité de révision des réacteurs actuels, ceci ayant un impact non-négligeable sur la disponibilité des appareils.

Il reste donc à voir comment les VKS vont pouvoir assurer le maintien en conditions opérationnelles des An-124-100 en l’absence de réacteurs neufs et en attendant l’arrivée ainsi que la remotorisation de la flotte sur base des PD-35. Enfin, les projets Slon/PAK VTA de création d’un nouveau transporteur stratégique allant nécessiter de longues années pour se concrétiser, les VTA vont devoir composer avec les appareils à disposition ainsi que ceux immobilisés par les travaux, tout en devant permettre le maintien des capacités nécessaires et mobilisables rapidement selon les besoins russes. Tout un défi en soi...

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Un premier programme de modernisation A,124-100M avait été initié en 2008, devant intégrer une avionique occidentale, mais n'a jamais été menée à bien. © DR
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Répondre à () :

Elyo | 15/01/2022 23:48

Ça s’appelle tout simplement une panne de moteur que les russes ne savent ni réparer ni remplacer et ce n’est que l’arbre qui cache la forêt 😇

Elyo | 15/01/2022 23:49

Ça s’appelle tout simplement une panne de moteur que les russes ne savent ni réparer ni remplacer et ce n’est que l’arbre qui cache la forêt 😇

Hannosset Étienne | 17/01/2022 14:29

Réponse en dessous.

Hannosset Étienne | 17/01/2022 14:28

Vous allez être taxé de russophobe pour avoir osé écrire la vérité... 😉😉😉

Elyo | 17/01/2022 23:14

Oui je profite de pouvoir donner mon avis car j'habite dans un pays libre, que les russophiles méditent sur ce fait avant qu'il ne soit trop tard

Elyo | 17/01/2022 23:17

Oui je profite de pouvoir donner mon avis car j'habite dans un pays libre, que les russophiles méditent sur ce fait avant qu'il ne soit trop tard

Nala | 19/01/2022 15:40

Trop de bla-bla pour rien. Vos avis n'engage que vous-même. Les Russes ne sont pas des bavards comme sont les ouest européens sont les français. Ce sont des gens très pragmatiques et réalistes qui savent bien faire la part des choses. Ils fabriquent tous sortes de moteurs et peuvent bien se passer des moteurs ukrainiens. D'ailleurs, Antonov n'est pas exclusivement fabriqué seulement en Ukraine. Car du temps de l'Union Soviétique, la production des composants était essaimée dans plusieurs sites à travers le pays et non concentrer en un seul sites. C'est pourquoi l'Ukraine ne parvient pas à fabriquer elle-même cet avion dont l'assemblage se faisait dans son site.

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