0
Aviation Civile

| Air & Cosmos - Archives

Safran livre ses premiers Leap à Airbus

moteur leap ALORS QUE DEUX PREMIERS LEAP-1A SÉRIE ONT ÉTÉ LIVRÉS À AIRBUS, LES ESSAIS EN VOL DU LEAP-1B SE POURSUIVENT DEPUIS TROIS MOIS CHEZ BOEING. CFM DÉTIENT POUR L'INSTANT 55 % DES PARTS DE MARCHÉ SUR L'A320neo.

S ur le site d'Aircelle à Colomiers, à deux pas d'Airbus, l'ambiance est à la fête.Le 15 avril dernier,les deux premiers ensembles propulsifs du Leap-1A ont été livrés à Airbus, pour équiper les deux premiers A320neo livrés a priori cet été. Le Leap, pour rappel, a été sélectionné par trois avionneurs : Airbus pour la famille A320neo (Leap-1A), Boeing pour le 737 MAX (Leap-1B) et Comac pour le C919 (Leap-1C). « Le Leap vole aujourd'hui sur trois avions d'essai, deux A320neo, un A321neo et trois 737 MAX, rappelait à cette occasion Olivier Andriès, président de Snecma. On totalise dix mille heures de tests sur les moteurs de développement et d'essai en vol. » Le Leap-1A,qui a reçu la double certification américaine et européenne en novembre 2015, est produit par CFM International (joint-venture entre Snecma et GE) côté moteur,et par Aircelle pour la nacelle.

700 heures sur le neo.Respect des délais et des objectifs : pour l'instant, le Leap tient ses promesses. Ces deux premiers moteurs sont sortis de l'usine Snecma DEVILLAROCHE le 1er avril, soit deux jours d'avance sur le planning fixé il y a quatre ans. Côté essais,après 700 heures d'essais en vol sur les neo,le président de Snecma confirme que le Leap est au niveau de la performance attendue, soit une économie de consommation de carburant de 15 %. « Les retours des pilotes d'Airbus sont très positifs sur le fonctionnement de nos moteurs », ajoute OlivierAndriès.

La nacelle n'est pas en reste, comme le rappelle Jean-Paul Alary, président d'Aircelle. « Nous sommes au rendez-vous des performances attendues par Airbus : cette nacelle est mature et fiable, plus légère (composée en matériaux composites à plus de 60 %), performante en termes d'aérodynamisme et de silence (amélioration de 26 % par rapport au CFM56 et A320ceo) et d'une grande facilité de maintenance grâce à une maniabilité au meilleur du marché. » LE DÉFI DE LA MONTÉE EN CADENCES Aujourd'hui, le défi est de gérer la montée en cadences inédite pour les deux industriels.Sur les trois versions,le carnet de commandes s'élève à 10400 moteurs. « Nous prévoyons de livrer 100 moteurs Leap en 2016, 500 en 2017, 1 200 en 2018, 1 800 en 2019,et 2000 par an à partir de 2020,détaille OlivierAndriès. Il nous faut courir trois fois plus vite que notre concurrent… » Des centaines de millions ont été investies par le groupe Safran et GE pour se préparer à cet ambitieux chantier industriel; 100 M$ pour Aircelle notamment.

Soixante personnes chez Snecma et 30 chez Aircelle y sont dédiées, gérant les lignes de production et le suivi des quelque 300 fournisseurs.« Des sites de production sont agrandis, et nous créons trois nouvelles usines,pour fabriquer les aubes et les carters de la soufflante - deux usines ont été inaugurées en 2014 à Rochester (Etats-Unis) et à Commercy (Meuse), une troisième sera lancée au Mexique. » AVILLAROCHE, Snecma prévoit d'investir dans trois lignes d'assemblage pulsées, qui pourront assembler au total 1 350 moteurs par an - les Leap sont assemblés pour moitié aux Etats-Unis et àVillaroche.

Le second défi concerne les entrées en service du Leap :il y en aura six dans six compagnies aériennes en 2016. Safran prévoit 50 entrées en service dans 50 compagnies d'ici trois ans. L'effort en termes de documentation, d'outillage, de formation des pilotes et des mécaniciens, est au coeur des préoccupations du groupe. Mais ce dernier est plutôt content : aujourd'hui, le Leap a 55 % des parts de marchés sur l'A320neo, par rapport au concurrent Pratt & Whitney.

250 heures sur le leap-1B. Quant aux deux autres clients du Leap, les essais en vol seront déterminants. Le Leap-1B a effectué son premier vol sur un 737 MAX d'essai le 29 janvier 2016 à Seattle - « Trois jours avant la date fixée il y a quatre ans », aime rappeler Jean-Paul Alary.Mi-mars,près de 250 heures étaient accumulées avec ce moteur, avec des retours satisfaisants. L'objectif de gain de performance est le même pour Airbus et pour Boeing : 15 % de moins de consommation de carburant. La certification ne serait « qu'une affaire de semaines ». A noter : les nacelles du 737 MAX ne sont pas produites par Aircelle, mais par Boeing et Spirit. Le Leap-1C devrait voler dans le C919 d'ici la fin de l'année,avec l'objectif pour CFM évidemment de certifier le moteur auparavant. ¦ A Toulouse, Agnès Baritou d'Armagnac

Répondre à () :


Captcha

| | Connexion | Inscription