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Espace
Rosetta muette à tout jamais © ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA

| Pierre-François Mouriaux

Rosetta muette à tout jamais

La sonde de l'ESA a définitivement cessé d’émettre cet après-midi, après sa descente contrôlée vers la comète Tchouri. Ainsi s’achève une mission exceptionnelle, dont les résultats vont encore occuper les scientifiques durant (au moins) dix ans.

Comme prévu, ce 30 septembre à 10h39 UTC (12h39, heure française), à 90 cm par seconde (3,2 km/h), la sonde Rosetta de l’Agence spatiale européenne s’est magistralement posée sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. La région ciblée, située sur le petit lobe et appelée Ma'at, avait été retenue pour sa présence de fosses actives.

Au contact du sol, les transmetteurs de la sonde se sont automatiquement coupés, comme l’avaient programmé les ingénieurs du centre de contrôle de Darmstadt, en Allemagne. Le temps de parcourir la distance qui sépare la comète de la Terre (720 millions de kilomètres, soit 40 minutes lumière), le signal ne s’est définitivement effondré qu’à 11h19 UTC sur les moniteurs de contrôle.

Cet encéphalogramme désormais plat signe la fin d’une incroyable mission débutée il y a plus de douze ans. La dernière image reçue de la sonde, d’une résolution de 2 mm par pixel, a été prise par la caméra à grand angle Osiris à une vingtaine de mètres de la surface (et non 51 m, comme annoncé initialement).

 

Emotion et fierté.

Avec plus de 116 000 clichés, 14 000 heures de contact et une montagne d’informations récoltées en deux ans sur la composition interne et externe de la comète et de sa queue, la mission Rosetta s’impose comme une formidable réussite européenne, technique et scientifique, mais également financière et humaine.

A peine 5% des données ont déjà été traitées, et plus d’une décennie de travail attend encore les scientifiques, un peu tristes d'avoir assisté aujourd’hui à « l’euthanasie » de la vaillante sonde (qui avait failli être perdue à deux reprises et dont la mission devait au départ s’arrêter fin 2015), mais extrêmement fiers des prouesses qu’elle a pu réaliser. Grâce à elle, la connaissance des comètes, jamais observées d’aussi près jusqu’alors, a fait un bond inespéré, d’innombrables découvertes ont été réalisées (en particulier une floppée de molécules organiques, dont de la glycine), et la reconstitution de la formation du système solaire et du processus d’apparition de la vie va pouvoir devenir de plus en plus fine.

En outre, « Rosetta et son atterrisseur Philae ont également enflammé l'imagination du monde entier, et fasciné un public bien plus vaste que la communauté scientifique, a fait remarquer Mark McCaughrean, conseiller scientifique à l'ESA. C'était grisant de sentir que tant de gens étaient embarqués avec nous dans cette aventure. »

Prochaine étape ? Le retour d’échantillons d'une comète ?

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