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© Onera
17/03/2016 17:07 | Par Antony Angrand

L'Onera se redresse mais y laisse des plumes

Pour la première fois, le président de l'Onera, Bruno Sainjon, a été entendu au cours d'une séance plénière de la Commission de l'Assemblée nationale, moment particulier puisque l'Onera fête cette année ses soixante-dix ans.

Bruno Sainjon a d'abord insisté sur la dichotomie entre l'Onera et le DLR, non seulement en termes de personnel mais également de budget alloué. "L'Onera rassemble aujourd'hui un peu moins de 2000 personnes dont environ 250 doctorants. Il y a une vingtaine d'années, ces effectifs étaient d'environ 2 400 personnes hors doctorants. On a donc réduit en vingt ans les permanents d'environ 650 personnes. Ce potentiel humain a connu une forte érosion due à un plan social en 1997 et une érosion lente depuis un certain nombre d'années pour tenir compte des contraintes budgétaires. Notre principal partenaire, le DLR, qui ne travaille que dans le civil à la différence de l'Onera, qui officie lui dans le civil et le militaire, a vu ses effectifs croître de manière exponentielle", a précisé Bruno Sainjon. Le DLR a non seulement vu ses effectifs croître, mais également son budget, qui a été augmenté d'un peu moins de 50% entre les années 2008 et 2014.

Mais ce n'est pas tout. L'Onera a été maintenu à flots grâce aux efforts drastiques réalisés ces deux dernières années, depuis que Bruno Sainjon est arrivé à la présidence de l'établissement. Des économies ont été réalisées par le biais du départ d'une trentaine de salariés (le même nombre de personnes partiront en 2016). "Ces hommes et ces femmes constituent la principale richesse de l'Onera" a souligné Bruno Sainjon. 

La réduction des investissements, notamment dans le domaine du renouvellement et de l'entretien des installations scientifiques "a atteint notre plus bas niveau en 2015, avec 17,3 millions d'euros [alors qu'en] 2009, ce montant était de 42,5 millions d'euros", a commenté Bruno Sainjon. "La capacité à renouveler ces installations scientifiques est bien entendue vitale pour un établissement tel que l'Onera". Ce qui n'est pas sans impact vis-à-vis des PME et PMI, qui constituent à hauteur de 68% les achats du centre de recherche.

Une des singularités de l'Onera est d'avoir une subvention qui est inférieure à 50 % de son budget. "Autrement dit, plus de 50 % de notre activité est obtenue en gagnant des contrats, ce qui veut dire que cette subvention couvre les 2/3 de notre masse salariale [...] en 2013, nous avons remporté 84 millions d'euros de commandes, nous avions réussi à remonter un peu ce niveau mais pas assez en 2014, avec 94 millions d'euros. Nous avons fini l'année dernière avec un peu plus de 105 millions d'euros de contrats. C'est d'autant plus intéressant qu'à l'heure actuelle nous sommes dans un plus bas historique", soit un creux de cycle du à la fin de l'utilisation des moyens de l'Onera pour des programmes tels que l'A380, l'A400M et A350, pour ne citer qu'eux.

Petite victoire dans le domaine des souffleries. "L'Onera détient un ensemble de souffleries unique en Europe, qui permet à la France et à l'Europe de garder un rang unique dans le domaine des avions, lanceurs spatiaux, missiles... Trois d'entre elles ont été déclarées stratégiques pour la défense et cinq autres pour l'industrie". S1 à Modane Anvrieux est le cas le plus emblématique, qui a récemment obtenu les crédits nécessaires à la consolidation de cet établissement, au travers de travaux qui vont s'étaler sur quatre ans.

Bruno Sainjon n'a pas manqué de rappeler que des réussites telles que la pale Blue Edge nécessitent vingt, voire trente ans d'études avant aboutissement. "Pour arriver à un produit qui sera un succès en 2020, il convient d'être très attentif si nous ne voulons pas avoir de mauvaises surprises d'ici une vingtaine d'années".

Cette constatation a entraîné l'Onera à elaborer un plan stratégique qui fixe les principaux axes pour les années 2015-2025. Un plan qualifié de suffisamment avancé pour qu'il soit présenté "la semaine prochaine en comité d'entreprise", a commenté Bruno Sainjon.

Air & Cosmos aura sous peu l'occasion de revenir sur ce sujet, dans son édition papier. 

 

 

 

 

 

 

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