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L’odyssée d’ExoMars a commencé
L’odyssée d’ExoMars a commencé
© Credit: ESA–Stephane Corvaja, 2016

| Pierre-François Mouriaux

L’odyssée d’ExoMars a commencé

La sonde européenne ExoMars a été lancée avec succès lundi 14 mars depuis le cosmodrome de Baïkonour (Kazakhstan) par une fusée Proton M/Briz M de l’agence spatiale russe Roskomos.

Le décollage a eu lieu comme prévu à 15h31 heure locale (9h31 UTC) et la longue séquence d’allumage des différents étages s’est parfaitement déroulée : séparation du troisième étage environ 10 minutes après le décollage, quatre allumages successifs de l'étage supérieur Briz M et enfin injection de la charge utile à 20h13 UTC. A 21h29, le centre de contrôle de l'Esa à Darmstadt (Allemagne) recevait les signaux de confirmation par l'intermédiaire de la station de poursuite de Malindi (Kenya). Les panneaux solaires sont à présent déployés et l’engin file désormais vers la planète Mars. La sonde mettra sept mois pour parcourir presque 500 millions de kilomètres.

« Le chemin parcouru pour emmener la mission ExoMars [décidée en 2003, NDLR] jusqu'au pas de tir a été long et sinueux, mais grâce au travail remarquable et à l'engagement sans faille de nos équipes internationales, nous nous trouvons désormais à l'aube d'une nouvelle ère de l'exploration martienne », s’est réjouit Jan Woerner, directeur général de l'Esa, responsable de la mission.

« Il est difficile de décrire l’excitation qui suit le succès de ce lancement historique », a pour sa part commenté Donato Amoroso, directeur général de Thales Alenia Space Italie et PDG adjoint de Thales Alenia Space, maître d’œuvre de la mission ExoMars.

Quand à Jean-Yves Le Gall, le président du Cnes, il a déclaré : « Mars suscite un intérêt grandissant des scientifiques et de l’opinion publique. Avec ExoMars 2016 en route vers Mars, l’Europe prouve une nouvelle fois qu’elle se situe aux avant-postes de l’exploration. La France, le Cnes, nos scientifiques et nos industriels sont fiers de jouer un rôle majeur dans cette nouvelle aventure. »

Développée par l’Agence spatiale européenne en collaboration avec l’agence spatiale russe Roskomos, la sonde ExoMars a été construite sous la maîtrise d’œuvre de Thales Alenia Space. Le TGO (Trace Gas Orbiter) a été fabriqué et intégré sur son site de Cannes et Schiaparelli a été fabriqué sur le site de Turin, en Italie.

La division Avionics and Space Systems de Finmeccanica a fourni des générateurs et des équipements du module de descente, les senseurs stellaires du module orbital et l’instrument d’observation optronique CASSIS.

Telespazio, au travers de la filiale VEGA Deutschland, est en charge du système du contrôle de mission pour monitorer et contrôler le module orbital.

Airbus Defence and Space a conçu et réalisé les deux boucliers thermiques qui vont permettre à la capsule Schiaparelli de la mission ExoMars 2016 de résister à sa rentrée dans l’atmosphère martienne et de se poser sur la planète rouge plus tard cette année.

Le Cnes et des laboratoires français sont en charge de deux instruments du véhicule européen : MicrOmega, un spectromètre capable de faire des images dans le visible et l’infrarouge pour les études minéralogiques des échantillons prélevés, et WISDOM, un radar pour étudier le proche sous-sol afin d’en caractériser la structure. La France contribue également au développement de trois autres instruments (MOMA, RLS et CLUPI) placés sous la responsabilité d'autres pays membres de l'ESA.

François Forget, chercheur au Laboratoire de météorologie dynamique (CNRS/Ecole polytechnique/UPMC/ENS Paris) est membre de l'équipe scientifique de l'instrument ACS (Atmospheric Chemistry Suite: lead co-I), responsable de la définition de l'environnement pour la conception du module de descente (nombreux travaux pour Thales Alenia Space et l'Esa depuis 2009), co-responsable scientifique des mesures pendant la descente (Co-Principal Investigator ou Co responsable de l'expérience AMELIA) et membre de l'équipe scientifique des mesures à la surface (Co-I de l'expérience DEAMS).

Franck Montmessin, chercheur au Laboratoire Atmosphères, milieux, observations spatiales (CNRS/UPMC/UVSQ) est responsable scientifique du seul instrument français (Micro-ARES) qui se posera et fonctionnera sur la surface de Mars en 2016 et co-responsable de l’instrument ACS, développé par la Russie.

Pour en savoir plus sur la mission ExoMars : http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/ExoMars

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