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Espace
L’heure du covoiturage spatial
L’heure du covoiturage spatial
© ESA

| Pierre-François Mouriaux

L’heure du covoiturage spatial

Cet été, retrouvez notre sélection d’articles marquants parus dans nos colonnes au premier semestre 2020. Le 19 juin, nous faisions le point sur les missions de lancement partagé de micro et mini-satellites.

Précédents

On se souvient de la mission record effectuée en février 2017 à l’aide d’un PSLV XL indien pour le compte d’Antrix, la branche commerciale de l’Agence spatiale indienne. Elle avait permis de déployer sur orbite basse héliosynchrone pas moins de 103 nanosatellites, dont 88 cubesats 3U Dove de l’opérateur américain Planet, en plus d'un satellite d'observation Cartosat de l'Isro (cf. A&C n°2536). On pense également à la mission « sherpa » SSO-A (SmallSat Express) du Falcon 9 de SpaceX, en décembre 2018, avec 64 charges utiles rassemblées par le courtier américain Spaceflight, dont deux mini-satellites SkySat de Planet. Côté russe, citons les 29 passagers auxiliaires lancés en juillet 2019, dont huit cubesats 3U Lemur de l’opérateur américain Sipre, en plus du satellite de météorologie Meteor M2 2-2, sur un Soyouz 2.1b. Ou encore le record russe : 37 passagers, dont onze Dove, embarqués en juin 2014 par le missile reconverti Dnepr.

 

Plus de cent projets de micro-lanceurs

Les lancements par « grappes » de micro et mini-satellites vers l’orbite basse (500-700 km, généralement héliosynchrone) se sont multipliés ces dernières années, en réponse à la demande d’opérateurs comme Planet et Spire, dont il faut régulièrement renouveler la flotte sur orbite mais à bas coût (cf. A&C n°2607), mais aussi des innombrables startups qui apparaissent sur le marché de l’observation de la Terre et de l’Internet des objets par satellite. Selon les projections du marché, 200 à 300 nanosatellites devraient être lancés chaque année au cours de la prochaine décennie, à plus de 80 % dans le cadre de constellations.

Ce besoin a entraîné moult projets de micro-lanceurs à travers le monde – près d’une centaine étaient listés lors de la conférence Small Satellite d’août 2019 à Logan, dans l’Utah. Mais bien peu ont déjà émergé : Electron de Rocket Lab en Nouvelle-Zélande ; Zhuque 1 de LandSpace, Hyperbola 1 de i-Space, Smart Dragon 1 de China Rocket et OS-M1 de OneSpace en Chine ; Rocket 3.0 d’Astra ou LauncherOne de Virgin Orbit aux Etats-Unis. A ce jour, seul Electron vole à cadence régulière et, surtout, les modèles économiques de ces lanceurs n’ont pas encore été démontrés.

Pour leur part, les opérateurs de lancement « historiques » occidentaux ont jugé plus adaptée la solution du « co-voiturage » (« piggy-back ») sur des lanceurs existants, qui peuvent soit embarquer plusieurs dizaines de passagers d’un coup, soit accueillir quelques charges utiles secondaires en plus de certaines missions. Certes, les paramètres orbitaux et le calendrier sont dictés par les missions principales – on se souvient que 23 des 87 passagers initialement prévus sur la mission SSO-A de SpaceX n’étaient pas prêts à temps. Mais l’équation économique semble bien plus avantageuse pour les clients, plus nombreux à se répartir le coût du lancement. C’est ainsi qu’est né chez Arianespace le Service de lancement des petits satellites SSMS (Small Spacecrafts Mission Service), et chez SpaceX le Programme de partage de petits satellites SRP (Smallsat Rideshare Program).

 

[…]

 

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