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L'Europe en ordre de bataille © Arianespace

| Pierre-François Mouriaux

L'Europe en ordre de bataille

A l'occasion du séminaire « Perspectives Spatiales », Stéphane Israël, le président exécutif d'Arianespace, a confirmé sa confiance dans les choix européens et le bon avancement des programmes Vega C et Ariane 6.

Le 6 décembre, le séminaire Perspectives spatiales 2018, organisé par le cabinet Euroconsult, en partenariat avec le Gifas, réunissait au pavillon Dauphine à Paris les grands décideurs économiques et politiques du secteur spatial français.

Ouvert par Frédérique Vidal, Ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, il a permis de faire un point d'étape sur les enjeux des programmes spatiaux français et européens, sur l'évolution du marché des satellites et des lanceurs à travers le monde, et les transformations qui touchent les télécommunications, l'imagerie, la sécurité ou encore les modes de production, révolutionnés notamment par la digitalisation.

Lors d'un entretien consacré à l'état du marché des lanceurs et à la stratégie européenne, Stéphane Israël, le président exécutif d'Arianespace, a d'abord dressé un état des lieux des forces en présence, rappelant la difficulté de pénétrer certains marchés (les lancements institutionnels japonais sont totalement réservés, ils représentent 87 % de l'activité chinoise ou 60 % de l'activité américaine), et constatant des écarts de prix notables entre des lancements domestiques non-ouverts à la concurrence et ceux proposés sur le marché international. Il a ensuite rappelé les fortes ambitions indiennes et surtout chinoises et, se projetant à l'horizon 2020, l'arrivée de nombreux nouveaux lanceurs sur la scène internationale.

 

Sept satellites institutionnels accessibles par an pour Ariane 62.

Dans ce contexte, la réponse européenne définie fin 2014 lui paraît toujours d'une extrême pertinence. Le lancement des programmes Vega C (attendu pour fin 2019) et Ariane 6 (prévu mi-2020) a été décidé en concertation avec l'industrie, les gouvernements européens, la Commission européenne, l'Agence spatiale européenne et les agences nationales en 2014. Il a entraîné une nouvelle gouvernance et une nouvelle répartition des rôles et des responsabilités, et doit permettre une réduction de 40% des coûts.

Ceci étant, martèle Stéphane Israël, le succès de Vega C et d'Ariane 6 dépendra véritablement de l'engagement des acteurs publics, des Etats et des institutions (malgré les contraintes de chacun), rappelant la nécessité d'une préférence européenne. Ainsi, entre 2020 et 2022, il évalue jusqu’à 7 lancements institutionnels européens accessibles par an pour la version Ariane A62, une très bonne nouvelle puisque le modèle économique se basait sur 5 commandes institutionnelles par an.

Mais le patron d'Arianespace d'encourager la poursuite des investissements, afin que l'Europe reste compétitive au-delà de Vega C et d'Ariane 6 : « Il faut une ambition accrue pour le spatial, qui se traduise par des investissements importants sur les prochains développements, avec tous les enjeux associés (connectivité, changements climatiques, sécurité...). »

En attendant, « l'Europe est en ordre de bataille », considère-t-il, parfaitement dans les temps dans les développements des lanceur, les essais moteurs Vulcain 2.1 et P120C, et la préparation des installations sol en Guyane.

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