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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #42 : le Nil blanc à Malakal
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #42 : le Nil blanc à Malakal
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #42 : le Nil blanc à Malakal

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le Nil blanc à Malakal au Soudan du Sud.

Le 10 mars 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du Nil blanc à Malakal, avec le commentaire suivant : « Impressionnante cette colossale rivière aux reflets d’émeraude ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 1er janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de  1150 mm. Le Nord est à 8 heures. Nous sommes au-dessus du Nil blanc à Malakal, au Soudan du Sud.

Le Soudan du Sud est un pays un peu plus grand que la France, qui n’a été créé qu’en… 2011 ! Sa population serait de 15 millions d’habitants environ. Sa capitale est Djouba. Délimité au nord par la République du Soudan (dont il a fait sécession après un référendum d’autodétermination), l’Ethiopie à l’est, le Kenya au sud-est, l’Ouganda au sud, la République démocratique du Congo au sud-ouest et enfin à l’ouest par la République Centrafricaine, le Soudan du Sud se dispute encore quelques tracés de frontières avec le Kenya et le Soudan.

Son climat est tropical et l’abondante irrigation fournie par de très nombreux cours d’eau (le Nil bleu, le Nil blanc, le Bahr el-Ghazal…) en font une terre riche et fertile et propice à une agriculture généreuse. On y cultive le coton, le sorgho, le millet, le blé, le manioc, le maïs, les arachides, la canne à sucre, la gomme arabique mais aussi les fruits et légumes comme les mangues, les papayes, les bananes...

Mais revenons au cliché de Thomas Pesquet et… au Nil blanc. Nous sommes à quelques kilomètres seulement au sud de la deuxième ville du pays, Malakal (capitale de l’Etat du Nil Supérieur), dans le nord du pays et sur les bords du Nil blanc. D’ailleurs, ce sont les premières maisons de la ville que l’on distingue dans le coin bas gauche du cliché dont l’agglomération approcherait les 150 000 habitants.

Mais ce qui retient l’attention, c’est l’incroyable rendu des couleurs de la photographie du couloir nilotique. Outre une coloration rosée des terres tout autour du Nil et de quelques-unes de ses îles, son lit majeur (là où s’écoulent les eaux lors des inondations) apparaît lui en vert clair, tandis que son lit mineur (là où s’écoulent les eaux en temps normal) apparaît grisâtre. Il est très possible que la nappe phréatique du lit majeur soit proche de la surface et qu’elle permette à la végétation (cultivée ou non) d’y proliférer et d’y donner une teinte différente des terres aux alentours, plus lointaines et moins arrosées. Mais il est possible également que les limons fertilisants déposés lors des crues dans le lit majeur puissent également expliquer cette différence de teinte de la végétation. Quoiqu’il en soit, le cliché est somptueux, et nous dévoile un Nil encore capricieux. Il n’est pas sur que les hommes l’aient totalement dompté...

Enfin, au Nil Blanc, son cours est long de 3 700 km et son bassin versant fait près de 2 millions de km2. Sa source se trouve au Burundi et il se mélange au Nil Bleu à Khartoum (au Soudan), pour ne plus former que le Nil. Mais avant cela, il aura traversé l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie et le Soudan du Sud, mais aussi emprunté la vallée du grand rift.

Retrouvez l’image sur Google Maps !

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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