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La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #24 : le détroit de Clarence
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #24 : le détroit de Clarence
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #24 : le détroit de Clarence

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le détroit de Clarence et l’île de Qeshm, dans le détroit d

Le 24 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du détroit de Clarence, avec le commentaire suivant : « Motifs psychédéliques sur la côte est du golfe Persique ».

L’image a été prise depuis l’ISS le 31 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 1 150 mm. Le Nord est à 2 heures. Nous sommes au-dessus du détroit de Clarence, tout proche de l’île de Qeshm, (province de Hormozgan), dans le détroit d’Ormuz, sur la côte sud iranienne.

Le détroit de Clarence (à ne pas confondre avec ceux du même nom en Australie ou aux Etats-Unis), aussi appelé détroit de Khuran est un petit détroit séparant la côte continentale iranienne de l’île de Qeshm, alias l’île longue du Golfe Persique. Nous sommes à environ 50 kilomètres au sud-ouest de la ville portuaire de Bandar Abbas (en Iran) et à environ 150 kilomètres au nord de Dubaï (Emirats Arabes Unis), mais de l’autre côté du grand détroit d’Ormuz. Ce détroit mineur est large de deux à dix-neuf kilomètres et long d'environ 170 kilomètres.

Cette magnifique photographie de Thomas Pesquet est centrée sur une zone de mangrove et une petite partie de la forêt d’Hara, du nom d’un petit arbre qui y est très répandu, le Avicennia marina (connu sous le nom local de Hara). Cette zone humide très fragile, fait plus de 100 000 hectares et est classée depuis 1975 sur la liste de la Convention de Ramsar. Car, comme toutes les mangroves du monde, celle-ci est très riche et regorge d’une faune et d’une flore exceptionnelles. On y trouve des oiseaux et échassiers (hérons, flamants, pélicans, aigles, spatules…) en grand nombre, mais aussi des poissons, des crustacés, des coquillages (dont les collectionneurs raffolent), des reptiles de toutes sortes (lézards rares, tortues marines, serpents aquatiques…), et même des … dugongs !

Quant à l'île de Qeshm (dont une partie est une réserve de biosphère de l’Unesco) et dont on voit une toute petite partie en bas à gauche de l’image, elle est de forme oblongue. Elle mesure environ 110 kilomètres de long et sa superficie est de 1 295 km². C’est la plus grande île d’Iran et du golfe Persique. La ville de Qeshm (20 000 habitants) y est située sur la pointe nord-est, tandis que la ville portuaire de Basaidu s’y trouve à la pointe sud-ouest. Par ailleurs, on cultive sur cette terre rocailleuse des dattes et des melons quand l'irrigation est possible. La pêche, l’élevage, le pétrole, le gaz et le tourisme sont l’essentiel des activités économiques qui s’y exercent.

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

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spitfire | 02/03/2017 14:46

sublime photos de l'espace, avec Thomas Pesquet. MERCI à toute l'équipe AIR- COSMOS

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