0
Espace
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #23 : le lac Argyle
La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #23 : le lac Argyle
© Twitter/@Thom_astro - ESA/NASA

| Gilles Dawidowicz

La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #23 : le lac Argyle

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le lac Argyle, en Australie.

Le 5 février 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du lac Argyle, avec le commentaire suivant : « Un lac bicolore, perdu dans l'immensité de l'outback australien ».

L’image (oblique) a été prise depuis l’ISS le 21 janvier dernier, à l’aide d’un Nikon D4 équipé d’un téléobjectif de 210 mm. Le Nord est à 7 heures. Nous sommes au-dessus du lac Argyle, dans le nord-est de l’Australie occidentale (nord-ouest de l’Australie).

Le lac Argyle est le plus grand lac artificiel d'Australie en superficie. Il se trouve sur le plateau du Kimberley, à près de 40 km au sud de la ville de Kununurra, sur la Ord river. Un grand barrage (que l’on devine près des nuages dans le bas gauche de l’image), long de 335 mètres et haut de 100 mètres a été construit au début des années 70 pour retenir cette masse d’eau, d’environ 1000 km2 et de 10 km3.

Nous sommes dans une région visiblement dénudée avec un paysage ouvert, où la couverture végétale (clairsemée) est faite de savane et … de baobabs. Le climat est ici tropical, avec une mousson qui dure de novembre à avril et qui fournit 90% des précipitations annuelles. La qualité des eaux permet des activités d’aquaculture, avec des élevages de barramundis.

Les pourtours du lac sont faits de petites baies. Dans le lobe du haut à gauche se trouvent les baies Carl et Napoléon. Sur le bas de l’image, on retrouve les baies Ulysses et Pintpot. Dans la partie gauche du lac, on distingue un ensemble de petites îles, dont Guy Reid, Monsmont, Pumpkin, Nalamdarin, Bullanyin, Horan, North Hummocks, South Hummocks, Kilfoyle et Hagan. La baie Pannikin, située à gauche de l’image, est cachée sous les nuages.

Difficile de s’en rendre compte sur le cliché de Thomas Pesquet mais, ici comme ailleurs en Australie (ou aux Etats-Unis également), des pluies insuffisantes et peut-être aussi une sur-consommation de l’eau, ont considérablement fait baisser le niveau d’eau du lac et son volume total. Il faut préciser que cette retenue a été conçue pour irriguer des terres agricoles à l’aval du barrage (dans l’est de la région de Kimberley), région où l’on cultive des fruits et où l’on élève du bétail. L’aménagement hydraulique avait également permis de réguler ce cours d’eau capricieux qu’était antérieurement l’Ord River...

Si d’aventure vous voyagez au lac Argyle, vous pourrez observer une biodiversité foisonnante, avec de nombreuses espèces de poissons, plus de 25 000 crocodiles d'eau douce et une très riche faune aviaire. La zone est classée sur la liste de la Convention de Ramsar.

Une dernière chose : joyeux anniversaire Thomas (39 ans ce 27 février) !

 

Gilles Dawidowicz est géographe, président de la commission de Planétologie de la Société astronomique de France.

Répondre à () :


Captcha

| | Connexion | Inscription