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Industrie
La déliquescence de Bombardier
La déliquescence de Bombardier
© Bombardier

| Antony Angrand

La déliquescence de Bombardier

Bombardier n'en finit pas d'essayer d'éponger ses dettes, dont le montant s'élève actuellement à 9 milliards de dollars (soit environ 8,16 milliards d’euros). Bombardier envisage de quitter le programme Airbus A220... Mais aussi de vendre sa division avions d'affaires à Textron. Ce qui générerait un changement d'ampleur dans le paysage des "bizjets".

Conséquence des dépenses liées aux coûts exorbitants de développement du programme CSeries, Bombardier est actuellement en cours de négociation avec Textron concernant la vente potentielle de sa division avions d'affaires, selon le Wall Street Journal du 4 février. 

Cette discussion fait elle même suite à la vente d'une grande partie du programme CSeries à Airbus (et il est fort probable que Bombardier revende son pourcentage restant) à celle du Q400 à Viking Air, au rachat du programme CRJ par Mitsubishi Heavy Industries. 

Une telle vente permettrait à Cessna de compléter sa gamme en propulsant l'avionneur dans le segment des avions d'affaires grande cabine, tandis que Bombardier pourrait ainsi éponger une partie de ses dettes, dont le montant avoisine les 8,16 milliards d'euros. 

Ainsi Cessna pourrait devenir acquéreur de la gamme des Global et disposer de jets d'affaires grande cabine et grande autonomie, ce dont jusqu'alors l'avionneur de Wichita ne bénéficie actuellement pas, en dépit de sa tentative Citation Hemisphere (12 passagers et 4 500 nautiques d'autonomie, soit 8 334 km) dont les problèmes liés à la motorisation ont forcé Cessna à ajourner le programme en 2019. 

La vente de la division avions d'affaires de Bombardier serait particulièrement intéressante pour Cessna puisque Bombardier avec le Global 7500, pour ne mentionner que ce dernier, permet le transport de 19 passagers sur une distance de 7 700 nautiques (14 260 km) à une vitesse de Mach 0,92. Les Global sont en concurrence directe avec les Gulfstream G500, G600, G650ER et le futur G700 actuellement en cours de développement (voir https://www.air-cosmos.com/article/nbaa-2019-gulfstream-lance-le-g700-21888) sans mentionner la gamme Falcon de Dassault Aviation avec les 7X, 8X et 6X, lui aussi en cours de développement, ainsi que les 900 LX et 2000S et LXS. 

Mais se poserait alors la question du devenir de la gamme Learjet, qui seraient en concurrence directe avec la gamme Citation et qui n'ont guère bénéficié d'investissements et/ou d'améliorations notables ces dernières années. Reste que ce qui fut naguère un des géants de l'aviation envisage de refocaliser ses activités sur le ferroviaire, mais cette vente ne sera pas sans impact sur les sites de production de Bombardier, qu'ils soient de Montréal ou de Toronto. 

 

 

 

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Spipion | 05/02/2020 17:12

Et si comme la rumeur court, Alstom rachete ou fusionne avec Bombardier dans les trains, que restera t'il de Bombardier ?

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